‹ L'Algérie et les colonies françaisesChapitre 9 sur 30 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Dans un siècle tel que le nôtre, siècle craffaires et de publicité, il y a des hommes qui n'usent de la parole et de la plume que pour combattre les préjugés régnants, pour proposer des réformes nécessaires, pour propager des idées utiles. Plus soucieux de bien faire que de bien dire; sachant par expérience que Féducation du public, comme celle des enfants, ne s'obtient qu'à force de patience, de répétitions, de redites, ils se dépensent sans compter dans les journaux, les revues, les réunions, les assemblées. Infatigables ouvriers, ils sèment leur parole à tous les vents. Ce ne sont point des artistes littéraires, ils ne poursuivent point la gloire ; ce sont des apôtres, leurs discours sont des actions.

Jules Duval appartient à cette école. De notre temps, personne n'a mis plus de dévouement et plus d'énergie à défendre Tintérêt public. Tout ce que Dieu lui avait donné de force et d'esprit, il l'a mis au service de nobles causes, et plus d'une fois il a triomphé. Les idées qu'il mettait en avant, et qu'au début on traitait de paradoxes.

XXIV PUEFACK.

sont devenues des axiomes sur lesquels on raisonne aujourd'hui. Le germe est levé, le grain est mûr, on oublie seulement la main qui l'a semé. Raison de plus pour rappeler au pays qu'il a une dette de reconnaissance à payer, raison de plus pour rendre justice au bon citoyen, à l'ami, à l'écrivain courageux que nous avons perdu.

On a vu dans, l'intéressante Notice de M. Levasseur comment M. Jules Duval, devenu colon de l'Algérie, par goût et par passion, s'était dévoué tout entier à faire connaître à la France l'importance de nos possessions d'Afrique. Au milieu de l'indifférence générale, et en dépit de la froideur ou de la mauvaise volonté de quelques politiques, Jules Duval, entré au journal des Débats ])our défendre la cause de l'Algérie, qui était celle môme de la grandeur française, a lutté pendant quinze ans, sans désarmer un instant. Pendant quinze ans, il a remué sous toutes ses faces ce problème délicat; il Ta traité avec une fécondité, une chaleur, une connaissance des hommes et des choses qu'on ne saurait trop admirer. On en jugera en lisant les articles qu'une main pieuse à réunis dans ce volume. Quelquefois on s'étonnera que l'auteur mette tant de vivacité à défendre des vérités plus claires que le jour. Mais qui a fait cette clarté, sinon celui qui, seul et sans appui dans l'opinion, s'est fait l'apôtre d\uie grande idée, et a fini par nous instruire et nous convertir ?

Ce n'était pas chose facile, car le défaut des Français est de s'enfermer dans leur pays, et de ne point s'inquiéter de ce qui se passe hors de la frontière. Il a fallu que Jules Duval nous apprît l'histoire et la géographie de l'Algérie et de l'Afrique. Il a f^illu que dans des articles intéressants sur le voyage d'Alger à Tombouctou, sur les puits artésiens du Sahara, sur les expositions de 1855 et de 1867, il nous fît toucher du doigt ce que nous lais-

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