‹ L'Algérie françaiseChapitre 14 sur 61 · PREMIÈRE PARTIE. S · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. S

Mais je sais aussi (|iio, si l'Ali^érie française garde lô pli y elle court le risque de rester toujours cour^ bée et d*étre caduque avant d'avoir passé par la virilité ; que si l'Etat garde son système de protection en tout et pour tout, il sera obligé de ie pit>ion*> ger et de le développer indéfiniment dans la proportion même de Taccroissement des populations et des élé* ments du travail ; car le système du protectorat est une chaîne sans fin qui se roule éternellement sur elle-même, et où l'anneau ajouté la veille n'est jamais le dernier.

Je sais enQn que les hommes qui ont marché le plus vite , dont les membres ont acquis le plus de développement y d'élasticité et de force, sont ceux •qui, enfants, ont été abandonnés à eux. seuls, en tout ce qui n'était point danger d'infirmité et de • mort, et qui, par leurs chutes mêmes, ont appris à ne plus tomber, à marcher droit, et à se tenir fermes et debout. L'exemple des Américains est là pour prouver qu'en cela 1^ peuples sont comme les hommes.

D'ailleurs, en laissant de côté dans mes paroles tout ce que certains intérêts voudraient y trouver d^esprit de système, ne faut-il pas qu'enfin les colons et l'État se fassent, sinon de l'abandon absolu du patronage, tout au moins de sa rentrée dans des limilea légitimes, une raison de nécessité? FiCS sacri* fices , — et ils sont grands ! — que la France a faits pour l'Algérie, alors que la paix était partout en

M LALGÉUIE FRANÇAISE.

Europe, les colons , à moins de présomptueuse folie, peuvent-ils espérer que la France aurait non -seulement la iroionté (la volonté pouvant ne pas lui

manquci , mais les moyens de se les imposer au milieu des éventualités d'une grande guerre dans le monde?

Ces éventualités ne viennent-elles pas de s'ouvrir? Les complications qui en semblent devoir naturellement sortir ne peuvent-dles pas aller an delà du nombre et du terme qu'on aurait le désir et le vou- • loir de leur assigner? £t sans manquer en rien à ce que je dois à la colonie et à TÉlat , sans passer pour hostile à Tune et pour vouloir faire la leçon à l autre, ne pais-je pas formuler le vœu que , en vue de demain peut-être, colons et pouvoirs piiljlics avisent dè^ aujourd'hui à ménager la transition du protectorat au travail abandonné à son libre arbitre et à ses propres forces?

Je dois aller plus loin. A cette raison de nécessité

tirée des circonstances présentes et de celles (\ur jxuil recéier l'avenir, je veux ajouter les enseignements du compte que je vais demander au passé du système do protection adopté par les premières administrations ' de la conquête.

Or, si les faits mêmes de protection , aussi sincèrement exposés qu'ils ont été loyalement étudiés, aboutissent tous à cette démonstration accablante, que, si nombreux, si varies qu ils aient été, les moyens d'initiative et de concours pour répondre aux besoins

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