PREMIÈRE PARTIE
Il aurait avisé aussi à ce que , par une commission
toujours active de salubrité publique, une surveillance continue et sans merci eût été exercée sur la qualité des liquides mis en circulation. A ceux qui auraient crié contre la diminution des recettes de douanes, d'octrois, de droits réunis, il aurait répondu par l'augmentation des forces vitales des colons. A ceux qui auraient hypocritement invoqué la liberté de l'industrie et du commerce, il aurait répondu que la sophistication des denrées n'était pas le commerce; que la gargoUerief la cantinerie n*étaient pas les premières industries à répandre dans une colonie naissante; qu'il y fallait d'abord les industries qui moralisent, enrichissent, créent le travcul , et non celles à'oii il ne peut guère sortir que pareâse, misère et dépravation.
Talileaii de lu société algérienne aux premiers U^mps de la conquête.
— EilcLs du ^gouvernement militaire sur la colonisation et sur lo budget de la France. — Une légion suffisait aux Romains pour garder l'Afrique. — Fatalité attachée au gouvernemeut militaire,
— Obstacles à son acclimatement.
Absorbés qu'ils étaient par le tumulte des armes,
par les préoccupations stratégiques et administratives de la guerre^ toujours entraînés à des déplacements
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qoi portaient leur quartier général à toutes les circonférences où les appelaient les nécessités de la conquête , les gouverneurs militaires , en eussent'ils eu toujours riutelligence et le vouloir, ne se montraient c:uèrc soucieux et prévoyants des intérc^ts matériels et moraux sur lesquels repose la formation de toute société civile. Ils leur appliquèrent dans son extension la plus complète le système du laissez faire , laissez passer, qu*ils ne se croyaient pas toujours le droi^ de refréner dans les camps, même pour les choses qui tiennent aux devoirs du service. S'il y avait là un danger pour la discipline des armées^ il y en eut un bien plus grand pour rorganisalioa du pays.
Ne sentant plus sur elle l'œil et la main d'un pouvoir dirigeant j Tadministration , dans toutes ses branches, à tous les degrés de sa hiérarchie, se défend, s'individualise, s'habitue à ne voir dans les fonctions publiques qu'un moyen de servir plus sûrement et plus vite ses passions, ses intérêts, ses besoins, ses convoitises. Les administrés, qui ne voient la règle nulle part, et qui, venus là, pour la plupart, parce qu'ils en avaient été considérablement gônés dans la mère patrie, ne tardent pas à donner libre carrière à tous leurs appétits; ils s'appuient aux administrations, qui n'ont plus le droit de résistance, et le pays tout entier roiilo dans le cercle d'une sorte d'assurance mutuelle par complicité.
Que devrait-il donc arriver le jour où , ne se boruaut pas au laissez faire j laissez passer de Tœil qui