PREMIÈRE PARTIE
contemporains de Toccupation, et dont les héros,
venus en Algérie avec des boUes éculées, ont fait la fantasia dans de belles maisons maarescpies et sur de magnifiques chevaux arabes!
Oh! la vieille Afrique, TAirique romaine, TAfrique des proconsals, des préteurs, des exacteors, TAfrique des pensionnés de Jugurtha, des grandes concussions civiles et militaires, a dù tressaillir dans les ruines dont les Goths et les Vandales vengeurs lai ont fait un tombeau. Elle a pu croire un moment que rheure de la renaissance allait aussi sonner pour elle!
Si de rinlîuciice exercée sur les mœurs par le gouvernement militaire nous passons à Taction qu'il eut sur la fortune publique de la métropole et sur Textension du principal élément de la colonisation, nous serons amené à dire que le maibtien de ce gouverne* ment, quand il n'a plus eu sa raison d'éire dans les besoins offensifs et défensits de la guerre, a lourdement grevé les finances de la France, et qu'il a gêné la saisine et le travail des terres par les immigraiils de i Europe.
Il a gêné cette saisine et ce travail par la division
de l'Algérie en territoires civils et en territoires militaires, s'enchevêtrant les uns dans les autres dans des conditions souvent arbitraires, de pure convention, et conservées bien en deçà des lignes d'opération et de frontières, après que ces lignes et ces frontières avaient clé portées plus loin. La cause en a été sans aucun doute dans le désir de conserver le plus pos-
sible des influences et des positions dans les administrations militaires auxquelles les territoires de guerre étaient coniiés, et qui gravitaient autour du gouvernement général pour en rehausser Téclat et
Faction.
Il a été onéreux au budget de la France, par la nécessité quMl a imposée, pour conserver un grand
commandement, après la chute d Abd-el-Kader et la pacification générale du pays, de maintenir Tarmée au grand compiet du pied dr guerre. De là des divisions et des subdivisions ou li y avait plus de soldats que d'habitants, et qui souvent, tant elles étaient pressées les unes contre les autres, n'étaient pas séparées par six heures de marche à travers des solitudes : ainsi dans le seul département d'Alger, la division de Blidali , et les trois subdivisions d'Alger, de Médéah, de Milianah.
Cette permanence d'une armée, celte ci ^^aiii-ation toute militaire I ont eu aussi leur contre-coup sur les destinées de la colonisation. Bien certainement le peuplement de l'Algérie en a été retardé.
Il s'était accrédité en France cette opinion qu'une terre qui, pour être gardée, avait besoin d'un nombre si considérable de soldats, de la permanence d'une sorte de mise en état de siège, après même qu'on avait proclamé la soumission des indigènes el la consolidation définitive de la conquête, était une terre qui n*était ni aussi conquise ni aussi pacifiée qu'on le disait, et qu'à tout prendre il ne devait pas
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