‹ L'Algérie françaiseChapitre 21 sur 61 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

trop faire bon s'y aventurer. On allait josqo'à dire

quesî , après vingt années de razzias, de refoulements et d extirpations, on n avait ni conquis ni pacilié TAigérie, le plus sage était d*y renoncer. Ainsi la confiance allaii au rebours des efforts et des systènies d'où on Tattendait.

Or, quatre- vingt mille hommes, soixante mille hommes même, après la chute de TÉmir, et aussi un peu avant, ont-ils été nécessaires à la pacification » à la conservation de notre conquéfe? Je dis non. Cette réponse ne va pas tarder à être justifiée dans la suite de ce trjivail par i*étude des mœurs et da caractère arabes, individus ou nation.

Aujourd hui je dis seulement : Sous Auguste» i' Afrique romaine, ayant pour frontières an midi le grand Désert et au nord le grand Atlas, a été occupée et maintenue par une légion seulement, soit i 3,500 hommes; sous la domination turque,. les deys ont pu tyranniser l'Algérie tout à leur aise avec huit mille janissaires environ; et la France, quand elle ne possède qu'une parlie de rAfiique romaine, ne pounaiL faire ce que Kome a fait ! Les résultats que la tyrannie a obtenus par la violence, nous ne pourrions pas les attendre des enseignements pacifiques de la civilisation ? Mais alors que sommes-nous allés chercher en Algérie? Qu'y attendons-nous?

Au demeurant, l'expérience s'en fait à cette heure. Bi^ qu'elle ne s'accomplisse point à la suite des condiUons matérielles et morales qui auraient pu nous

attacher et noas assimiler plas tôt les Arabes» il en

ressortira la preuve qae depuis longtemps la France pouvait, sans danger pour la tranquillité et la couservation de sa conquête , dégarnir TAIgérie de troupes, et réduire leur effecUi uième à moins de vingtcinq mille hommes.

Je dois borner ici mes recherches h travers les actes du gouvernement militaire el leur iniluence sur notre établissement en Afrique. Ceux que j*ai signalés ont pour la plupart cessé de se produire; c est pour cela que je me suis cru le droit de les signaler. Quant aux faits qui se continuent de nos jours , les uns pourront arriver à leur place naturelle dans la suite de ces chapitres; les autres, je devrai les taire : le gouvernement militaire est encore le gouvernement de l'Algérie. '

Quoi qu*il en soit, je reconnais que les mains auxquelles ce gouvernement est confié aujourd'hui ont fait de leur mieux pour lui enlever son caractère absolu , pour le plier aux nécessités et au progrès de la colonisation.

Mais si la plupart des faits qu'il ne m^est point permis d'indiquer sont fatalement condamnés à se perpétuer, ne sera-ce pas la preuve la plus haute qu'ils sont inhérents au système même du gouvernement militaire, à Tessence de sa constilutiou et de sa suprématie, contre lesquels, par conséquent, ni Tintelligence, ni le caractère, ni le bon vouloir d'un homme ne pourraient prévaloir?

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