‹ L'Algérie françaiseChapitre 25 sur 61 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

échange de quelques pièces d'or, que de s'en aller bien loin de ces Bmmij de ces chiens de chrétiens qui venaient souiller de leur présence la lerre des vrais croyants y des enfants de Mahomet! S'ils refusaient, bonne aubaine! on les chasserait. S'ils résistaient par les armes, meilleure aubaiue encore! le papier des cartouches du soldat ferait une œuvre plus solide et surtout plus rapide que le papier timbré des notaires : il n'y aurait plus rien à débattre ni avec les possesseurs, ni avec leurs héritiers. La terre au premier occupant, sans bourse délier, et possession vaut titre: voilà le droit de la conquête !

C'est de ces convoitises, qui, des brocanteurs arrivés de France, passaient par les employés de Tadministration, pour montèr de là, par la complicité de hautes tètes, jusque dans les conseils supérieurs de l'armée, que les généraux subirent la pression. A l'heure qu'il est encore, comme quelques-uns des indigènes qui avaient fui sont revenus; comme ceux qu'on avait foudroyés ne sont pas tous morts, ou qu ils ont laissé des enfants éciiappés par miracle, les tribunaux de l'Algérie ont souvent à revenir, pour en faire justice, sur quelques-unes de ces brutales et commodes mises eu possession, auxquelles souvent les moyens les plus honteux et les plus retors de la chicane avaient donné une sorte de consécration légale.

Si, des premiers faits de la politique militaire, qui dès les premiers jours ont violemment molesté la na*

tioDalité arabe, od veut entrer dans la multiplicité infinie des actes de dévastations, d'exactions, de

meurtres, de viols qui en ont spolié, ruiné, outragé, décimé les individualités; si Ton se dit que TArabe est line race intelligent^^, fine, réservée, liabile par conséquent à profiter de toutes les fausses démarcbes de ses ennemis, fautes on crimes; si Ton est convaincu, comme je le suis, que la politique à suivre avec cette race doit se résumer en trois mots : Justice, douceur y force; si, comme tous les faits le démontrent, avant et depuis la pacification qui a suivi la ruine d*Abd-el-Kadep, les tribus, qui n'ont plus de débouchés pour les productions de leurs culturesy se fatiguent vite de la guerre et courent d'elles* mêmes au-devant de la soumission ; si , en se rendant compte des succès de l'Kmir en dehors de toute superstition soit religieuse, soit politique, dans la résurrection de la nationalité arabe , conquérante et dominatrice, on est réduit à s'avouer que TÉmir n*a si longtemps passionné les Arabes que parce quMl les gouvernait avec douceur et justice; â'il est vrai, et cela est vrai , qué les gouverneurs et leâ généraux français, en petit nombre, qui ont été justes et doux avec les Arabes, comme les Yoirol, les d'Uzer, les Duvivier, à Alger, à Bône, à Oran, ont été respectés, aimés et fidèlement servis dans leurs louables efforts de pacification; &*il est vrai aussi, et cela est encore vrai, que, durant la première période de la conquête, les grands soulèvements des tribus, les

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