PREMIÈRE PARTIE
soulèvements en masse, ont en poor cause, de notre
part, des enlèvements, des incarcérations, des exécutions à mort accomplis sans justice, sans raison, sur des marabouts, des caïds, des aghas, alors même que ces chefs étaient porteurs de nos sauf-conduits, ainsi que cela est arrivé sons le gouveitiement du duc de Rovigo, à Alger, et du général Boyer à Cran ; si, la rougeur au front, on est forcé de convenir que^ ' dans cette première période de la conquête, la France •n'a guère présenté à la race arabe, comme spécimen de notre civilisation, qu^un ramassis impur de spéculateurs s'abattant sur les propriétés, maisons et terres, poussant aux batailles, pour obtenir à vil prix, par la terreur, des ventes, des transactions, des mar* chés, il faudra bien reconnaître que les Arabes, non plus seulement comme peuple qui ne veut pas être exterminé, mais comme membre de la grande famille humaine ayant droit à la vie et à la propriété, ont été contraints par nous, pour se défendre, de guerroyer à outrance; que c'est par nos propres excès, et non par les leurs, que nous sommes entrés dans le système de Textermination et du refoulement*
Cela est clairement apparu par les actes dont, mal* gré leurs légitimes griefs, tout^ les fois que nous leur en avons offert les moyens, ils ont fait un démenti pour les hommes qui prétendaient qu^on ne pouvait les gouverner qu'avec le sabre et le bâton.
On exterminait les Arabes, disait-on, a cause de
60 L'ALGÉRIB FRANÇAISE.
leur perfidie et du peu de foi qu il fallait ajouter à leurs promesses les plus solennelles; eh bien! en 1833 y à Orauy sous le générai Des Michels, nos soldats eurent pour auxiliaires volontaires contre une attaque dirigée par Abd-el-Kader les otages mômes qui nous avaient été donnés par les Zméla, pour garantie de la soumission de cette tribu que TÉmir avait forcée l'épée aux reins de marcher avec lui.
On exterminait les Arabes en disant qu'ils ne travailleraient jamais avec nous ni pour nous, et qu'ainsi leur présence en Algérie serait un éternel obstacle à toute entreprise de routes, de canaux, de défrichements, de cultures; et voilà que, sous le gouvernement du général Yoirol» malgré les destructions, les razzias qui avaient désolé les tribus, il se présenta un si grand nombre d'indigènes pour travailler sur les territoires de la Ferme-Modèle, de la Maison- Carrée, del Anach, de TOued-Kerma, ou le génie militaire exécutait des travaux de terrassement et de dessèchement, que, les crédits ouverts ne suffisant plus à les payer, on fut obligé, pour les renvoyer, de restreindre les travaux.
On exterminait les Arabes sous prétexte qu'ils enterraient, gâtaient çu brûlaient leurs denrées pour n'avoir pas à nourrir nos troupes; et voilà qu'un camp ayant été établi sur les bords du Hamise pour protéger la coupe des foins dans les belles prairies que cette rivière arrose, les Khrachnas, Tune des plus • puissantes tribus de la plaine, loin de contrarier cette