‹ L'Algérie françaiseChapitre 27 sur 61 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

opération , allaient chaque jour approvisionner en abondance le marché du camp.

On exterminait les Arabes parc6 que, disait-on, ils ne voudraient pas louer leurs bras aux travaux

agricoles des conquérants, et que dès lors il fallait bien faire de la place aux travailleurs qui viendraient d*Europe; or Tadministration concède à un Polonais, le prince de Mir, cinq fermes du domaine de la RasêaïUa, d'une étendue de plus de trois mille hectares. 11 n'iivait même pas été tenu dans cette concession le moindre compte des droits de la tribu des AribSy auxquels partie de ces terrains avait été donnée antérieurement à titre d'échange, quand, en récompense de services rendus^ on les transplanta dans cette partie de la plaine. Il arriva néanmoins que les Aribs, au nombre de deux cents, s'établirent et travaillèrent sur le domaine, à titre de colons partiaires du cinquième. L'expioiialion fut presque tout arabe, et la tribu eotière vivait en parfaite intelligence avec les quelques familles européennes qui s'y étaient établies.

Bien plus, le prince de Mir avait élevé une croix en fer sur le faîte du bâtiment principal, et les Aribs respectèrent ce signe, qui s'y trouve encore, d'une croyance contre laquelle on prétait aux indigènes uno haine fanatique. Or, ceci était d'autant plus significatif, que les Aribs sont originaires du Sahara; que, venus anciennement sur les terres de la province d*Oran, ils y avaient été inquiétés, dit-on, pour leurs

brigandages, par les autres tribas; et que, lorsqu'elle les établit dans la plaine de la Mitidja , Tadministra-

lion française fui obligée de leur délivrer en masse des lettres d*oubli et de pardon.

On exterminait les Arabes parce que, assurait- on encore I les tribus guerrières, qui forment chez eux comme nne noblesse d'épée , ne seraient jamais nos alliées, nos auxiiiaiies; et après le traité malheureux de la Tafna, an plus fort de la puissance d*Abd-el- Kader, les tribus de TEst, sur lesquelles ce traité avait mamtenu notre domination, résistèrent aux provocations, aux menaces, aux promesses, aux violences même de TEmir. Elles entrèrent avec leurs chefs dans les rangs de notre armée, et formèrent ces corps réguliers et irréguliers de Spahis qui ont si vaillam'ment combattu pour la conservation et T extension de notre conquête.

Ce sont eux qui, agents actifs et dévoués de l'autorité de leurs caïds, de leurs kalifas, investis par la France des soins de la police arabe, maintiennent parmi les outlian l'ordre et la sécurité. Dans les vallées qui s'étendent entre les denx chaînes parallèles du i^raud et du petit Atlas, les tribus dont nous avions dévasté les terres, et qui s'y étaient réfugiées, fermèrent elles-mêmes les passages aux irruptions de rOuest et de la Kabylie.

Enfin on exterminait les Arabes sous prétexte que nous n'aurions avec eux et pai eux ni commerce, ni culture, ni rien de ce qui met en communication pa*

Digitizeci by

Page 1