PREMIÈRE PARTIE
Cliiqae un peuple avec un autre peuple; et toujours par une contradiction flagrante qui condamnait le système de l'extermination et du refoulement, au moment même où ce système était pratiqué sans merci, les généraux les plus batailleurs faisaient entrer dans leurs calculs de pacification future et de soumission immédiate la nécessité où allaient se trouver les Arabes de se présenter sur nos marchés pour les échanges et Técoulement de leurs produits et de leurs denrées.
Comme je n'ai point l'intention d écrire une histoire comparée des nécessités du système d'extermination adopté avec les démentis que les Arabes leur donnaient, je dois me borner aux faits que je viens d'indiquer. Mais je les tiens pour autant de jalons entre lesquels les historiens futurs de notre conquête auront à en grouper une multitude de semblables. 11 en ressort cet enseignement qu'après avoir manqué de volonté pour faire compte avec rélément arabe, on a manqué d'intelligence pour en tirer parti, on qu^on II a su ni voulu étudier et reconnaître les deux . côtés bien tranchés du caractère qu'il présente. Dans
Ton, il y a l'orgueil donation, qui enfante Thumeur belliqueuse quand il est humilié; dans Tautre, il y a Tamour excessif du lucre qui l'assouplit et l'éteint.
On s'acharna sur le premier, dont on fit arriver la conséquence jusqu^à une sorte de paroxysme qui le recalait dans la barbarie. On refoula» jusqu'à l'anéantir, le second, qui aurait hâté l'entrée dans les voies
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de la civilisation. Les peuples civilisés, en effet, ne sont point ceux, qui se battent : ce sont ceux, qui font réchange et le commerce. L'or, et non pas le fer^ est le signe représentatif de la valeui intellectuelle des nations et des individus. Avec le fer on extermina les Arabes ; avec de l'or on les e&t oonqois.
C'est du reste ce côté méconnu de la nature arabe qui y puissamment aidé par les impossibilités que l'autre côté opposait au s^ystème de rextermination , a fini à la longue par agir sur la conscience même des exterminateurs. Autant au moins que nos victoires , il a contribué à tuer ce système. suis certain qu'en prenant ainsi la question , l'histoire dira un jour que ce sont les Arabes qui noub uut pacifiés comme malgré nous.
Cela est si vrai que, même bien avant la ruine complète d'Abd-el-Kader, ce ue sont pas les Inbus qui cherchaient à secouer le joug de notre conquête ; ce lut le gouvernement militaire qui^ pour démontrer la nécessité de la permanence d'une grande armée en Algérie 9 toutes les fois que le pays ou les chambres en demandaient la réduction , se mit en quête de prétextes pour rompre la paix. Alors , comme aux premiers jours de roccupalion, il subissait la pression de cupidités ruinées ou insatiables qui s^en prenaient aux Arabes des iusnccès de leurs spéculations.
L'esprit de ces gens-là ne fut pas vaincu , même après qu'il n'y eut plus un seul yatagan hors du four-