PREMIÈRE PARTIE
Il ne serait point vrai , comme il l^est, que 1* Algérie
est encore toute pleine da récit des faits par lesquels le bureau arabe , pour faire pièce aux. Européens et à rantorité civile, exhumait, de Ton ne sait quels dé* combres, des titres indéchiffrables et interminables de propriétés transmises et transmissibles à des de* grés fabuleux, et qu'au nom de quelques Beni, qui n'y pensaient pas, li opposait durant des années entières à des envois en possession , même judiciaires, à des titres de concessiou , a des entreprises et à des exploitations sérieuses qui mouraient à i attente;
Toutes ces choses , et d'autres dont je ne parle pas , ne seraient point vraies, que je me croirais encore le droit de dire que le maii^tien du bureau arabe au delà des premiers temps de la pacification fut une laute : une iaute contre la France, œntre la colonie^ contre la civilisation, but annoncé de la conquête, et sans lequel la conquête perdrait son caractère moral et légitime»
Le bureau arabe tint les indigènes divisés en tri* bus, groupés en corps de race, parqués dans des territoires en quelque sorte murés, sans interstices par
où les lois, les mœurs, la piopriété française se pussent introduire pour y rompre les mailles du vieqx réseau de préjugés , de coutumes, der religion , dMgnorance. Il perpétua ainsi un peuple en iace d'un autre peuple, sans que rien de social, de moral , de légal, de gouvernemeiiLal, de français enlin, le poussât graduellement à se mêler, à se coniondre, à faire cause
commune, sinon qa'accidenteiiement aux heures de la vente et de Tachât.
H donna force et droit à la race, à la nationalilé conquises, se dressant journeliemenly systématique-
nient contre la race cl la nationalité conquérantes. Il
les tenait prêtes ainsi à se lever au premier signai comme un seul homme » le jour on une puissance
quelconque de l'Europe aurait eu intérêt à nous lancer dessus Tancien Abd-el-Kader ou tout autre iiis d'un nouveau Mahiddin , pour leur donner à croire qu'elles pourraient être reconstituées dans leur indépendance d'hommes, de peuples et de pays, et pour faire d'un soulèvement arabe une diversion qui retiendrait en Afrique une partie considérable de nos forces de terre et de mer.
Voilà contre la France.
Après la pacification, que fit, pour Texploitation
coloniale, le bureau arabe, maître du ^gouvernement et de l'administration des tribus? £n quoi les a-t-il alors poussées, excitées, encouragées, enseignées: soit pour les façonner à nos modes de culture, qui donnent un rendement plus considérable ; soit pour perfection aei leurs procédés en industrie, choses pour lesquelles les Arabes ont des aptitudes et un bon vouloir remarquables; soit pour leur inspirer le goût et le besoin de nos objets manufacturés et fabriqués, en leur en faisant connaître l'utilité et le oomfort, choses encore auxquelles les indigènes ne sont pas insensibles? Quel soin seulement prenait-il de faire repasser