PREMIÈRE PARTIE
la eharrae sur ces grands espaces de terre que la
guerre avait rendus aux broussailles et aux palmiers
naÏQs?
Quels genres si variés de cultures et de plantations ,
en production florissante même sous les Turcs, et disparues sous notre odieux système de razzias et d'extirpations, remettait-il en honneuret en vigueur? Ét surtout quels moyens, pris dans rintelligeuce et l'application du côté intéressé du caractère arabe t employait-il pour engager les bras inoccupés dans les travaux des exploitations françaises où manquaient les premiers instruments du travail?
Yoilà contre la colonie.
Pour connaître la faute contre la civilisation, il n*y
a quïi se demander ce que le bureau arabe , nun pas accoioplissait, mais seulement essayait , proposait pour répandre, je ne dis pas les idées françaises, question coipplexe de philosophie et de politique sujette à controverse, mais quelques notions élémentaires sur notre organisation sociale , sur les progrès généraux de Tesprit humain, sur les causes du temps d'arrêt du génie arabe dans la marche de la civilisation?
Sans même aller si haut, comment les Arabes aa^ raient- ils sa quelque chose de nos mœurs, de nos coutumes, de nos lois, pour les comparer avec les leurs , pour savoir s'ils n'auraient pas tout intérêt à les
adopter comme moins tyranniques, plus favojables au développement intellectuel et physique des races
el dea individus ? Si on leur eût dit, comme les peuples conquérants Tont dit souvent, en Angleterre, dans les Gaules : Sous quelle loi voulez-vous vivre? comment auraient*ils pu vouloir quitter la lai musulmane pour vivre sous la loi française, sous la loi qui les eût assimilés aux conquérants ? I1& ne savaient rien de ce que cette loi donnait en droits individuels , en droit comoiun, en droits civils, en droit territorial, ils ne savaient rien de nos mœurs ^ de nos codes, de notre justiœ , que par les actes de dévastation commis pendant la guerre, et par les décisions à la turque dont messieurs du bureau arabe ne se frisaient point scrupule.
Les écoles musulmanes , le bureau arabe cher--
chait-il à y étendre le cercle des études? Les survoillait-iL seulement pour voir si, à Taide de lauxjx)mmentaires du Coran, on n*y entretenait pas dans la génération nouvelle la vieille haine du Uoami? Se préoccupait-il de l'avantage qu'il y aurait dans renseignement de notre langue en concours avec la langue indigène? ïravaiilait-il l'esprit des chefs des tribus, des caïds, des agas, des khalifats, descheiks, de tous les fonctionnaires à sa dévotion, relevant de sa nomination et de son autorité , pour que les grands, à rimitation du pacha d'Egypte, eussent le désir et le pouvoir de faire initier leurs enfants à quelqu'une des branches de nos arts, de nos sciences? S'était-il le moins du monde ému de la mortalité rapide qui décime l'enfance de la population arabe, et diminuait
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