PREMIÈRE PARTIE
ainsi chaque jour le personnel soumis à sa domination?
Ni pour le progrès de la civilisation ni pour la conservation de la race, le bnreaa arabe ne prévoyait rien, ne faiflâit rien , pas même pour vaincre le préjugé contre la vaccination des enianls, dans un pays où la petite vérole tue annuellement un enfant
sur trois.
S'il est vrai que toute administration se doive jauger à ses résultats, ne faudrait-^il pas écrire zéro à l avoir admiiiistratif du bureau arabe après ia paciiication? S'il est vrai que qui a charge de gouvernement a charge de progrès humain et social, le bureau arabe n'avait-il pas complètement jeté à tjsrre le second fardeau pour ne faire du premier qu'une machine a compression, à émoluments, à fantasias, à suprématie? Aussi les Arabes étaient-ils naguère encore ce qu*on les avait vus dans la première période de Toccupation. Ce qu'ils avaient pu devenir dans leur frottement forcé avec nous pour les besoins de leurs marchés, ils l'avaient acquis sans le concours et souvent contre le vouloir du bureau arabe, malgré la pression jalouse qu'il exerçait sur eux, criant à 1 empiétement contre quiconque voulait, conseillait autre chose; déclarant tout netqiie, si Ton essayait de toucher en quoi que ce fût au stalu </uo de sa police, de sa mainmise sur les tribus, de son rôle de gardien et d*embattmeur de tous les préjugés et fétiches indigènes, il ne pouvait plus répondre de la paix.
La paiX| le maintien de la paix! tel fut toujours en effet le grand cheval de bataille que le bureau arabe enfourchait, et que par tous les éperons lioiU il pouvait disposer eu Afrique et en France il faisait caracoler, cabrer et ruer devant les gouverneurs les mieux intentionnés et les ministres les plus convaincus que la guerre avait assez pris à la métropole d*or et de sang. On disait alors ^ cela se dit encore, que la race arabe est une race essentiellement belliqueuse; qu41 n'avait pas suffi de la mater par la victoire , qu'il laiiait la tenir en perpétuel état de compression , par tous les moyens possibles d'administration et de gouvernement.
Je crains fort qu'il n en fût de ce prétexte de corn** pression comme des prétextes auxquels s'était appuyé le système du reioulement et de Texterroination.
Le caractère belliqueux, en effet, n'est pas celui •qui se révèle dans les origines de la race arabe. Agriculteur et pasteur, voilà sa nature primitive. La vie nomade, Torganisation en tribus, qui en fur^t les instruments, auraient fort mal servi au conlraiie une humeur belliqueuse et conquérante. Si la culture du sol et rélève du bétail exigent, à Tenfonce de ces deux sciences, un grand nombre de terres, des déplacements fréquents pour les chercher et des fractionnements continuels dans la collectivité Imniaine pour rendre cette recherche facile, la guerre et la conquête exigent au contraire la fixité sur le sol pour y établir et y développer le point d'appui d'une coucentration
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