‹ L'Algérie françaiseChapitre 44 sur 61 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

qu'à fixer la quantité et la situation des terres dont elle se pouvait prétendre propriétaire.

Enfin, aux obstacles que, par leurs attributioDS mômes, le doinaine et le bureau arabe pouvaient se croire en droit de soulever^ qu'on ajoute ceux qui naissaient des attributions du génie militaire et des ponts et chaussées , et on pourra se faire une idée approximative des conflits et des retards dont les a)ncessions des terres avaient à subir la loi.

Arrivait le génie militaire, qui examinait si , par quelque point , la concession te touchait pas à des territoires réservés pour des en-cas de fortifications, redoutes, campements, fossés d'obstacles, etc. Survenait le bureau arabe , qui , plus haut encore, criait : — Prenez garde, cette concession est faite dans le territoire d^endant de telle ou telle tribu , de quelque Beni: Moussa, Hadjoute ou autres. Ce territoire n'est pas compris dans telle ou telle ordonnancé royale,, dans tel ou tel arrêté de gouvernement, dont le nombre a été grand; donc ces terres appartiennent à ces Beni^ ou, à leur défaut, aux Beni de ces Bmi, Les donner aux colons européens , c*est soulever un casus belli avec les indigènes.

— Mais , objectait soit le gouvernement militaire , soit Tadministration civile, ces tribus ont été, jusque dans leurs derniers descendants ou ayants cause, dispersées, décimées, il n'en reste plus trace; d ailleurs la terre concédée est en friche, et nous n'avons pas conquis TAIgérie pour Tabandonner aux broussailles*

Hi L'ALGÉRIE FRANÇAISE.

— Prenez garde encore, répliquait le bureau arabe,

voici le caïd, voici Taga, le kalifa, le niarabout, qui se présentent avec un titre, avec un verset du Coran. Vous ne pouvez passer outre ; et quant à Tétat impro* ductif de la terre , ce serait attenter à la liberté des indigènes que de les forcer à la travailler»

Quelquefois la tnbu se présentait en edet avec un titre ancien, et (comme cela est arrivé en 1849, je crois) portant en lui la preuve de sa fausseté : il était non en copie, mais en original, timi)ré à Teiiigie de la république française.

Souvent aussi, male:ré le débouté prononcé par les tribunaux, du droit commun, les Arabes se sentaient tellement soutenus dans leurs prétentions que j*ai vu des terres, concédées depuis cinq ou six années, sur lesquelles, après ce laps de temps, les colons n^avaient pu ni tracer un sillon, ni mettre un pieu en terre. A chaque tentative, les Arabes accouraient en nombre, protestaient et maintenaient leurs prétentions, même à coups de fusil. Il était rare que, pour prêter main*forte aux décisions de la justice, les gouverneurs, malgré des ordres formels expédiés de Paris pour assurer la mise en possession, intervinssent autrement que par renvoi sur les lieux de quelques gendarmes, qui se retiraient après cette dciiioastration. Le lendemain , les résistances et la lutte recommençaient.

Bon gré, mal gré, si le concessionnaire tenait pied, il fallait arriver à un accommodement, à une transaction moyennant finance. Le caïd, Faga, le kalifa

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