‹ L'Algérie françaiseChapitre 46 sur 61 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

d'exploitation et de caitures, auquel résistait le plus souvent la nature même des terrains concédés.

Ainsi , dans un district sans eau , un certain nombre d^hectares était affecté à des prairies, sous prétexte d'clùvc du bétail. Ailleurs, sur un coteau maguiûquement exposé au soleil et riche d'un sol pierreux » on défendait de planter de la vigne, sous prétexte que l'Afrique ne devait point faire concurrence aux produit'S de la France.

Ayant en main les titres de propriété , les bureaux refusaient souvent de les livrer, parce que le colon , désargenté par deux années d'attente, n'avait pas élevé des constructions suflisantes ou avec des matériaux assez solides, et cela dans des districts où il n'y a pas une carrière, pas un arbre à hauteur d'homme.

Ët ce que je dis de quelques cantons, je devrais le dire de toute cette vaste étendue de pays comprise, du Hamise à TArrach , entre les collines du Sahel et le petit . Atlas. On parcourt là des quarante et cinr. quante kilomètres de cette terre promise de l'Algérie sans avoir autre chose que des broussailles et des marais ; on gravit encore des dix ou douze cimes de montagnes sans rencontrer d'autre végétation arborescente que des myrtes, des oliviers sauvages et des lentisques, moins forts et moins hauts souvent que les genêts épineux de nos landes. Aussi la plus petite construction en maçonnerie, dans cette portion du sol algciien, était-elle hors de prix, môme pour la borner au rez-de-chaussée; et Tbabitation au rez-de*

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chaussée, quand les plaies arrivent, force les colons

à n'avoir souvent d'autre issue que la fenêtre par où ils' se sauvent avec les poules et les caoards.

Les colons résolus, que f ai déjà appelés obstinés, et il en est un bon nombre dont ou ne saurait trop admirer le courage, s'étaient donc mis, quand on ne les expulsait pas, à élever des constructions arabes, de vrais gourbis avec des bois bruts, de la terre glaise, des roseaux et des branches sèches pour toitures. La fièvre s'y logeait en maîtiesse, il est vrai; mais ils tâchaient de vivre avec elle en lui abandonnant par semaine trois jours de leur santé sur sept.

Pour faire fonctionner son système de colonisation par groupes d'individus et de propriétés, Tadministration avait un petit personnel de géomètres en (itre d'office. Ces messieurs étaient chargés d'indiquer les points divers o& des villages pouvaient être fondés, et de grouper autour des lots de terrain par huit, dix, douze, rarement quinze hectares. Ce travail adopté et paraphé à Paris, Tadministration attendait qu'elle eût dans ses cartons un nombre de demandes en concessions équivalant aux deux tiers environ du chiffré total des lots formant la circonscription projetée.

Les impétrants étaient appelés» lis devaient justifier de la possession de trois ou quatre mille francs. Cette justification n'était pas ditiiciie : il existait même une petite spéculation là-dessus, et il est tel paquet de billets de banque qui, passant de mains en mains ^ moyennant une redevance un peu usurairOi a Mi

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