‹ L'Algérie françaiseChapitre 50 sur 61 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Que reste-t-il de tant de pauvres ménages partis avec des enfants souriants dans les bras? Et de ces jeunes hommes à Tair si insouciant, et qui portaient en eux toutes les volontés et tous les courages? Et de ces jeunes filles acoortes, qui, chaussées de brodequins de soie, les mains dans des gants de fil, coiffées d'un petit chapeau tout enrubané, tout coquet, et un fin mérinos ou un léger tartan sur Tépaule, semblaient croire que là-bas on allait trouver tout un monde plaisant de bonnes fortunes, et une sorte de continuation des bals de Sceaux ou de Saint-Cloud, les palmiers seulement remplaçant les hauts marronniers? Oui, qu'est-ce que tout cela a fait, qu'est-ce que tout cela est devenu, dans ces anciens villages des capitaineries dont j'ai déjà parlé, et où on les avait poussés loin d Aiger, loin de Blidab, où auraient pu encore se trouver des ressouvenirs de la France , du beau Paris?

Hélas 1 vers ces terres d'Aïn-Béniam, d'Aïn-Sultan, de la Bourkika, du lac Halloula, du Kobrir-Ronmia, mes compagnons dexil m'ont dit avoir rencontré quelques anciens jeunes hommes de pette émigration, qui avaient été frappés, les uns de cécité, les autres de paralysie, tous de fièvre et de misère, hâves, jaunes et nus; et auçsi quelques femmes, une vieille grand mère qui avait ramassé deux petites filles à côté de sa fille et de son gendre morts. Ces malheureuses créatures faisaient tous les jours cinq , six kilomètres pour aller chercher aux ateliers de la

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tiansporlation la soupe et le pain (j[u une iniortune partageait avec uae autre infortune.

Aujourd'hui , ces ateliers ont été vidés à lenr toor. Avec quoi ont pu vivre ces femmes, ces enfauts que le gouvernement avait enrôlés, et dont les curés de Paris avaieiit beiii, au départ, les bateaux de transport?

Du système rie l'assimilation de rAlirérie avec la France. — Assimilation administrative. ~ Af^siniilation douanière. — Du monopole métropolitain. — Ses ellets dtiiis les possessions anji;laises d'Amérique. — Séparation banqueroute. — Impuissance du système de la rolonisation \mr lÉtat. — Ses causes. — MétrojKvle et colonie. — T.e citoyen et l'homme. — Aspirations de l'Algérie aux environs de 4ë4â. » Silence sur l'Algérie d'aujourd'hui. — Uier et demain.

A lui seul , le système du protectorat par initiative et concours n'aurait peut-être pas amené la colonisa* tiOD au point où je Tai trouvée. Mais on avait sans doute cru bien faire en 1 aggravant du système do Fassimilalion avecla France.

En principe, rasbimilalion d une culouie où rien n'est créé y peuplée à peine de soixante à quatrevingt mille nationaux ou Européens, avec sa métropole, pays de trente à quarante millions d'hommes, ou tout marche 9 doiit être fatalement pour cette colonie ce que serait la nouniture d ua bomme pour un

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