‹ L'Algérie françaiseChapitre 51 sur 61 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

enfant au berceau. Bien certainement l'enfant en mourrait.

En fait y il s^en fallait de beaucoup que rassimilalion fût complète : radminibUation dans la colonie n*avait aucun des contre-poids qui , dans la mère patrie, la pouvaient rendre supportable.

Ainsi, en France, Taulorilé civile était indépendante de Vautorité militaire; en Algérie, elle lai avait été complclûment , absolument suboi donnée. L'Algérie avait été, comme la France, divisée en départements, avec préfectures, sous-préfectures et communes; mais dans les préfectures, où était le conseil général de département? dans les sous-préfectures, où le conseil d'arrondissement? où le conseil municipal dans les comiaunes ? Nulle part auprès des représentants du pouvoir on ne trouvait les représentants des intérêts du pays, élus ou pris dans le sein de ces intérêts mêmes.

L'Algérie était une colonie, et elle n'avait seulement pas, comme nos colonies des Antilles ou de rOcéan Indien, un conseil colonial, élu par la colonie et formé d'hommes ayant au jeu leur fortune et leur vie.

Pour décider de toutes les questions purement d'intérêt local, ou (danger plus grandi) d'intérêts mixtes, impliquant à la fois la colonie et la métropole, il n'y avait sous la main des gouverneurs et des préfets que des conseils appointés, composés , comme les administrations elles-mêmes, de fonctionnaires ayant

m L'ALGÉRIE FRAiN(,:AlSE.

le pied en Algérie sans doute, mais les yeux sans cesse tournés vers la France, d'où ils venaient, où ils aspiraient à Fetoarner, où étaient leurs espérances, leurs amitiés, leur famille, leurs ânitjiûoub; ne prenant TAlgérie que comme une hôtellerie où ils venaient se refaire et attendre; traitant ainsi toute chose, môme à leur insu, au point de vue métropo* litain et non colonial , français et non algérien. Pour tout dire, rautonlé française était partout avec ses droits, le citoyen algérien n*était nulle part avec les siens.

ËQ revanche, Tassîmilation administrative ne laissait rien à désirer, si Ton regarde an nombre , à la com[)licatioii des rouages , au personnel affecté à leur service, et aux traitements qui en sont la rémunéra* tion. Quelle exubérance! quel luxe! Des préfectures, des divisions montées comme des ministères ou des directions de France 1 Telle petite ville de quatre à cinq cents âmes ayant des services administratifs à faire envie à des cités françaises de trente mille habitants! Le personnel goavernemental y formait bien certainement le tiers de la population j et, pour le constater, il n'eût été besoin de consulter ni almanacbs ni statis^

tiques; reizardcr à la coilTure et aux habits sullisait : partout le galon oliiciel!

En demandant Tassimilation administrative, si tant est que ce soit elle qui l'ait demandée , l'Algérie avait agi follement; — comme ces râres habitants de la ville impériale de Trêves qui, après avoir été décimés,

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