PREMIÈRE PARTIE. 13a
rainés par quatre invasions de barbares , deman*
daient qu'on leur i cbàtît les amphithéâtres : — « Fu- » gitifs de la ville de ïrèves» s'écriait SalvieD^ le pré- » tre de Marseille , vous vous adressez aux empereurs » afin d obtenir la permission de rouvrir le théâtre et » le cirque ; mais où est la ville, où est le peuple pour » qui vous présentez celte requête? »
— Où sont les administrés? aurait-on pu dire à rAfrique.
Aussi, qu'est-il arrivé? L'assimilation administrative de r Algérie avec la France a été pour la colonisation ce que, en mécanisme, serait un levier plus puissant que son point d'appui , ce que serait une machine qui manquerait de matières pour s'alimenter; le point d'appui serait écrase par le levier; la machine avec fracas tournerait dans le vide.
Hais que dire de Tassimilation douanière?
En cette matière surtout , assimilalion doit signifier réciprocité. Les ports de T Algérie étaient ouverts aux importations de la France , et fermés à celles de l'étranger ; de son côté, l'exportation algérienne n'avait de débouchés que les ports de la France; mais les produits français entraient en franchise dans les ports de rÀlgérie, et les produits algériens , dans les ports de la Fiance, voyaient se dresser devant eux une haute barrière toute hérissée de droits. Ce n'est donc
pas Tassimilation qui avait été constituée, c'est le privilège.
De nos jours , poser la question du monopole d'une
431 L'ÀLGËRIB FRANÇAISE.
métropole sur une colonie naissante, où la viè à bon
marché est la condition primordiale et absolue de ses progrès, c'est l'avoir résolue n^alivemeDt. S'il est vrai, au point où la science économique est parvenue, que la liberté de coiiimerce d'Etat à Etat soit l'élément le plus assuré de la richesse des nations par le bien-être facilité des masses, à plus forte raison en doit-ii être ainsi pour les sociétés en formation, où le capital, et^ par suite, le travail» seraient fatalement absorbés et étouffés si les besoins de la consommation étaient livrés aux exigences et aux cupidités d'un monopole d^mportation.
Pour mettre ces vérités en relief, il n'est plus nécessaire aujourd'hui de raconter les misères qu'enfante le monopole, non plus que les puissances de production et d'échange qui sont au fond du système de liberté.
loutefois, pour donner raison à la théorie, je citerai deux exemples sans réplique : TAlgérie et les
cx)lonies transatlantiques de TAtigleterre. L'assimilation douanière a été, pour la première, ce que le fameux acte dé mvigatum fut pour les secondes. C'est depuis l'assimilation douanière que les ports
de l'Algérie sont à peu près vides de navires étrangers. Il s'en est suivi un renchérissement de marchandises qui a graduellement exercé, sur le capital algérien , une pression telle qu'il n'en reste presque plus rien aujourd'hui pour subvenir aux besoins du travail agricole. Tout s'en est allé , tout s'en va par les
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