PREMIÈRE PARTIE
son indépeadance ; si» n'ayant à ea médire aucun intérêt de convoitise oa de suprématie ^ vous avez reconnu que cette race n'est pas, autant qu on veut le croire, antipatiiique aux lois, aux mœurs^ aux religions, aux progrès, en toutes choses, des peuples chrétiens; qu'il y a en elle des traditions d'une civilisation ancienne, des aptitudes à une civilisation plus avancée , des aspirations contenues vers tous les atTranciiissements de l'homme et de la société que Dieu a mis au cœur de toute race humaine, vous vous demandez avec sincérité si , par la coexistence, par renchevétrement et la fusion du peuple conquis avec les populations conquérantes, il n'y a pmnt là, pour un avenir inconnu , les éléments d'un peuple nouveau , d'une société nouvelle , et, disons le mot, d'une sorte de mariage entre l'Orient et l'Occident.
Qu'alors la voix amie du publiciste, initiateur de tous les pi ogrès qui constituent le progrès humain et social dans la France et dans le monde , vous interroge sur ce que vous avez appris et vu louchant les causes qui, par le retard apporté au peuplement, au travail et à la production dans notre conquête , eu ont si longtemps fait une possession lourde et ruineuse pour la métropole; sur les moyens d'en assurera toujours la pacification , d'en faire dans le monde nouveau ce qu'elle était dans le monde antique, un grenier d'abondance, et enfin d'attirer sur ses rivages, qui ne sont qu'à deux ou trois journées des côtes de l'Eu* rope, les flots toujours pressés, toujours renouvelés
d'émigraDts , qui, à travers TOcéan , Ids longues na« vigations et les naufrages, s'en vont dans les soliiudes des continents américains chercher les terres , le tra* vail , le pain, la fortune que la vieille Europe ne peut plus leur donner. . . oh ! alors vous vous sentez le désir et la volonté de répondre a cette voix amie et initiatrice, et d'iionorer le - deux années douloureuses passées loin de la patrie en les faisant servir à la cause du pays qui vous a été hospitalier, et dont les intérêts se doivent relier de plus en plus aux intérêts de ia France.
Tels sont les sentiments et les pensées auxquels j'obéis en écrivant ce livre sur le passé et sur l'avenir de rAlgérie française.
Je n'ai pas la piétention d'avoir tout vu, tout appris 'f mes horizons étaient bornés par ma position même* J'ai moins encore la prétention de tout dire ; cela va de soi aujourd'hui. Mais je crois avoir assez vu y assez appris, et, sûr de la sincérité de mes intentions , je crois pouvoir dire assez pour jeter, sur les obstacles que les hommes el les systèmes ont ajoutés en Afrique aux difficultés inséparables d'un premier établissement, une lumière qui pourrait aider à en dégager l'avenir.
En nombre considérable, même d'excellents esprits ont vu et voient encore la grande diliiculté de l'Algérie dans le chiffre élevé des populations conquises et dans les moyens, pour leur faire contre-poids, d'augmenter le chiffre de la population conquérante.