‹ L'Algérie (volume 2)Chapitre 78 sur 90 · II · texte numérisé non relu

II

après l'affront fait à notre consul par Hussein-Pacha , l'ambassade française réclama l'intervention du sultan pour obtenir une réparation , il lui fut répondu que la suzeraineté de la Porte sur la régence n'était que nominale ; que les Algériens faisaient la guerre à leurs risques et périls. Nous avons agi sur ces assurances, et la douloureuse surprise qu'a causée en Turquie la chute d'Alger n'a été suivie d'aucune protestation. Ces précédents n'ont rien perdu de leur force; l'acte de reconnaissance du Grand Seigneur rendrait plus profonde la séparation qui existe entre les populations de l'est et de l'ouest de la régence; il nous assurerait définitivement le dévouement des Turcs et des Couloglous ; il rendrait la province de Constantine à jamais inaccessible aux tentatives d'Abdelcader et des siens , et forts parce que nous aurions été justes, nous en aurions bientôt fini avec les soulèvements des provinces d'Oran et de Titterie.

Dans le cours de ce travail , j'ai recherché avec sollicitude les moyens de gouverner les indigènes qu'offrent les intérêts communs entre eux et nous. Les traitements barbares que subit cette race depuis tant de siècles auraient dégradé tout autre peuple , et quand on considère à quel haut degré de civilisation elle s'est autrefois élevée par ses seules facultés, il est impossible de désespérer quelle n'y

remonte avec notre aide. Toutefois, un tel progrès ne saurait s'accomplir dans la durée d'une génération ; et si lorsque l'autorité de la raison ne suffit pas , nous ne nous faisions pas obéir par la force , nous n'obtiendrions de la population musulmane que du dédain. 11 importe de la convaincre qu'on ne lui demande rien que de juste, mais il faut qu'elle sache aussi que tout désordre attire sur ses auteurs un châtiment inévitable, et que le sabre ne sort jamais vainement du fourreau. Tant que durera l'établissement actuel des tribus, c'est à elles , c'est-à-dire aux populations, que se fera, quand il y aura lieu, la guerre, et cette guerre n'est pas celle qui consiste en Europe dans le choc de masses armées. Notre organisation militaire serait donc imparfaite, si elle ne se modifiait pas en Algérie en raison de sa destination.

»»H»n»»ni»g»»»i»»»»»g»»fi8»»i8»îg»î8WWW«IWi^

Page 1