ARMÉE D'AFRIQUE
Pertes et malaise de l 'armée. — Améliorations nécessaires. — Garnison espagnole d'Oran. — Troupes indigènes. — Nègres, — Organisation à étudier.
Quand on compare les effectifs et les travaux de l'ancienne armée d'Egypte et de l'armée d'Afrique d'aujourd'hui ., on se surprend à douter que nous soyons les mêmes hommes que nos aînés. Toutefois, avec un peu de réflexion, ces différences s'expliquent sans que l'amour-propre de la génération actuelle ait trop à souffrir.
Indépendamment de l'inappréciable avantage d'avoir eu pour généraux des Bonaparte et des Kléber , la première de ces armées l'emportait sur la seconde, et par sa composition , et par son administration : elle était formée des divisions Bernadotte et Masséna, écumées, comme disent les soldats, par cinq années de guerre; les hommes faibles ou valétudinaires étaient restés dans les hôpitaux ou sur les routes; il n'était arrivé en Egypte que la partie la plus virile de nos glorieux bataillons de volontaires, trempée par la victoire,
confiante en sa supériorité. Quant à l'administration , cette armée, si forte par son moral, recevait une nourriture abondante et appropriée au climat : la vallée du Nil payait ses contributions en denrées, la ration ne se mesurait pas au point de départ , mais au point d'arrivée , et Ton fusillait les comptables qui volaient le soldat.
L'armée d'Afrique se compose de conscrits qui ne sont ni acclimatés , ni endurcis aux fatigues , et son régime est mauvais. La preuve irréfragable en est consignée dans les états annuels de l'effectif des troupes et des décès aux hôpitaux. En voici le résumé pour les neuf dernières années.