‹ L'Algérie (volume 2)Chapitre 88 sur 90 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

Capacité des

iooi«s.

Populations.

oarircadoport.

Tbnnagc d« moavcia.

I1* cl. Marseille. .

69,216 tx.

1,367,580 ix.

2e cl. Toulon . .

3e cl. Cette . . .

4*cl.Collioure .

Narbonne.

Àgde. . . .

Arles. . . .

Martigues .

La Giotat .

SL-Tropez. ,

Antibes. . . ,

Bastia. . . .

Ajaccio. . . .

Capacité des Broies. Populations. navires du port. Tonnage du raou vent.

Alger .... 35,882 h. 653 U. 159,616 tx.

Oran 10,091 289 86,236

Bone 5,313 401 99,009

Le mouvement des ports d'Afrique est en très-grande partie dû à la présence de notre nombreuse armée, et la réduction de l'effectif entraînerait, à la vérité, celle des éléments actuets du tonnage; mais rétablissement de la paix donnerait l'essor au commerce, et l'amélioration des atterrages favoriserait l'extension du personnel et du matériel naval : la base des écoles d'hydrographie doit donc aller s'élargissant.

INote AO, page 222.

D'après l'état de situation de la marine algérienne donné k la page 211, le tonnage moyen des navires qui lui appartiennent est à

Gigel 23 tx. 85

Alger 20 60

Collo 16 44

Tenez 16 »

Bougie 14 71

Mansourah . . 12 40

Oran 1 1 92

Cherchel. . . . U 11

Dellys 10 »

Béni Mimoun. 9 66

Philippeville.. 8 40

Bone 7 53

Mostagaoem. 4 »

Cette échelle décroissante des tonnages correspondra quelques inexactitudes près , à celle de la sûreté des ports.

Note AP, page 272.

«... Le parti de nos hommes d'État a su exploiter à son profit, et la mort du duc de Berri , et la guerre d'Espagne : toute sa préoccupation est d'exploiter aujourd'hui de même l'expédition d'Alger... Si, tout en cherchant à mettre sa prééminence hors de contestation , il avait eu quelque idée des besoins de la France, il aurait pu rattacher cette expédition à une haute pensée politique.

«Lorsque les vicissitudes d'une longue révolution ont passé sur un pays, elles laissent derrière elles une foule d'ambitions trompées, de positions dérangées ; des milliers d'individus restent sans carrière, des milliers de familles perdent l'avenir sur lequel elles comptaient. La division de la propriété, le besoin d'ordre et de liberté, ont neutralisé en France les ferments de discorde que, dans un autre pays, le passé anrait légués à une restauration ; pour le prouver, il suffit de nommer l'armée de la Loire. Cependant, à quoi des hommes de très-bonne foi, dans une opinion opposée à la nôtre, attribuent-ils ces inquiétudes populaires dont ils sont préoccupés, si ce n'est aux regrets du passé qu'ils supposent à une partie considérable de la nation? Si nous partagions leurs craintes , nous songerions que les plus grandes scènes de la révolution d'Angleterre furent l'ouvrage de ces hommes dont Charles 1er empêcha, en 1637, l'émigration pour les colonies ; nous chercherions de hautes garanties de repos et de stabilité dans un événement qui ouvrirait à toutes ces activités inquiètes une carrière où elles cesseraient de nous alarmer ; nous voudrions leur dire : «Allez porter les arts, le génie et la souveraineté de la

France sur les rivages africains. C'est pour vous que nous en voulons la conquête; c'est en vous y assurant de trèsgrands avantages que nous prétendons vous y attirer. Nous avouons franchement les défiances que tous nous inspirez; mais nous savons qu'au milieu d'égarements politiques, qu'il ne dépend pas de nous d'oublier, vos inspirations, vos vues ont toujours été éminemment françaises; nous ne craindrons point qu'elles cessent jamais de l'être. Des événements européens, rigoureux sans doute, mais dont aucun pouvoir humain ne saurait effacer les conséquences, tous ont fait cette condition, de servir la mère-patrie plus efficacement dans les établissements lointains qu'elle forme, qu'il ne vous est donné de le faire sur son propre territoire. Exploitez avec nous ce vaste continent; conquérez-le à notre civilisation. En deux ans, vos aînés avaient pacifié l'Egypte, et quoique la plupart de leurs actes fussent empreints d'esprit de retour, ils avaient appris au pays à bénir leur domination. Réalisez tous leurs projets sur un rivage qui n'est pas plus éloigné de Marseille que Marseille ne l'est de Paris , et que notre confraternité devienne une des sources les plus fécondes de la prospérité de la France. »

«Nous voudrions, pour l'honneur de notre pays, que nos hommes de parti se fussent sentis capables d'un pareil langage; il y aurait alors eu moyen de s'entendre avec eux, et beaucoup de révolutionnaires qui s'ignorent eux-mêmes auraient servi de leur courage et de leur habileté les vues de ceux dont ils troublent bien involontairement le sommeil.

«Un pareil projet devrait trouver faveur auprès des cabinets étrangers. Après les commotions qu'ont subies la Pologne, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, ce refuge offert à des hommes que la communauté d'opinions rendrait bientôt compatriotes serait sans doute un puissant moyen d'assurer dans ces contrées, si ce n'est la liberté, au moins le repos; et pourquoi l'Angleterre elle-même n'y trouveraitelle pas un débouché pour une partie de ses Irlandais?

«Les vues du ministère Polignac ne sont pas si hautes: il ne peut pas, eu les publiant* donner à son expédition la popularité qui lui manque et qui triplerait l'efficacité des moyens d action qu'on y destine:

«L'hypothèse que nous venons de considérer ne sérail peut-être pas la plus favorable aux destins de la liberté, qui s'enfonce plus profondément dans notre sol à chaqat? ébranlement que lui communiquent ses ennemis ; mais elle ajouterait certainement à la considération et à l'influence politique de notre gouvernement; elle consoliderait la jouissance commune et paisible de la navigation de la Méditerranée... et personne ne contestera la réalité de ces avantages» (Le Temps, 1er avril 1830).

Note AQ , page 273.

L'on avait d'abord cru devoir ouvrir à la population sans travail des ateliers de charité, dont le principal était au Champ-de-Mars; la journée y était de 1 fr. 50 c ; c'était une très-lourde charge pour la ville de Paris, Qn reconnut bientôt les inconvénients d'un système de secours qui servait, k une foule d'individus, de prétexte pour abandonner des travaux plus utiles : les véritables terrassiers qui étaient entrés dans ces ateliers furept dirigés sur ceux des canaux de Bretagne; d'autres furent enrôlés pour l'Afrique. Je croyais qu'on en formerait une colonie agricole et militaire, et cette illusion n'était pas sans excuse : je prenais au sérieux, en raison de l'authenticité de leur origine , les prospectus envoyés d'Alger au ministère de la guerre,

L'entreprise générale des transports militaires conduisait de Paris h Toulon, pour 26 fir. par homme, nourriture comprise, les détachements de volontaires fournis par les

soins du préfet de police : le voyage était de treize jours, et le trajet de Ghàloos à Avignon se faisait par eau. Ou aurait obtenu une assez grande économie en embarquant les détachements au port de Bouc; on n'en eut pas l'idée.

Note ÀR, page 275.

L'effectif des réfugiés subventionnés se composait, au 1er janvier 1840, de 4,870 Polonais;

4,007 Espagnols; 505 Italiens; 16 de divers autres pays.

Total. 9,398

Sur ce nombre, 101 Espagnols, 78 Polonais et 8 Italiens étaient passés en Afrique avec l'autorisation du gouvernement. A mesure que les événements qui ont amené les émigrations s'éloignent et que les illusions se dissipent , le nombre des réfugiés qui embrassent des professions utiles devient plus considérable.

L'armée carliste réfugiée en France depuis le mois de juillet compte environ 30,000 hommes» Dans la première quinzaine , il s'en est enrôlé pour la légion étrangère qui est en Afrique de quoi former un bataillon.

A peine y a - t - il parmi les réfugiés une centaine de femmes ; en sorte qu'entre beaucoup d'avantages, le passage des réfugiés en Algérie aurait l'inconvénient d'augmenter la disproportion qui existe entre le nombre des hommes et celui des femmes.

Les allocations accordées pour secours aux réfugiés politiques, soit dans les budgets, soit par crédits supplémen-

taire* , se sont élevées jusqu'à ce moment aux sommes suivantes :

1831 — 2,000,000 fr.

Total. 33,774,525

La nouvelle émigration espagnole menace d'ajouter encore beaucoup aux charges de Tannée 1840 et de celles qui la suivront.

Note AS, page 282.

La dispersion dans le sein des villes de l'espèce de confrérie que forment les condamnés libérés de peines encourues pour des méfaits graves est un mal auquel la législation n'a pas encore trouvé de remède efficace. Parmi les anciens condamnés , les uns sont assujettis à la surveillance de la police ; les autres en sont affranchis. Au commencement de 1840 , le nombre des premiers se composait de :

Hommes. Femmes.

Libérés des travaux forcés. 8,921 490

~ de la réclusion. . . 6,625 2,480

— de la détention. . . 6,545 2,519

Totaux. 22,091 5,489

Sur quoi , avaient des résidences fixes :

Hommes. Femmes.

Libérés des travaux forcés. 6,002 311

— de la réclusion. . . 4,489 1,509

— de la détention. . . 3,626 1,606

Totaux. 14,117 3,426

En aorte que sur 27,037 libérés assujettis à la surveillance , 10,195 étaient sans résidence fixe.

Note AT, page 334.

Les esclaves amenés par les akkabaahs ou grandes caravanes ont plus ou moins de valeur sur les marchés de Barbarie: leur prix varie, selon la beauté, la taille, l'âge des individus, et suivant les contrées d'où ils ont été tirés. Les noirs wangaréens, par exemple, sont beaucoup moins estimés que ceux d'Haoussa. Les premiers composent une race grossière, stupide, dont l'intelligence n'est guère supérieure à celle des brutes, tandis que les autres sont industrieux, adroits, ont un port franc et une contenance qui ne manque pas de noblesse; leur nez est saillant, et leurs yeux sont pleins d'expression. Le Wangaréen, au contraire, a la bouche large, les lèvres épaisses et aplaties, le regard hébété. Pendant mon séjour à Maroc, j'ai vu une jeune esclave de Haoussa, d'une beauté remarquable, se vendre quatre cents ducats : le prix des esclaves, tout en variant suivant la fantaisie de l'acheteur, ne dépasse pas ordinairement cent ducats.

Le traitement réservé à ces noirs est bien différent de celui qui attend les malheureuses victimes transportées des côtes de Guinée et de nos établissements de Gambie dans les Indes occidentales.

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