VIII AVANT-PROPOS
Si , pendant une guerre sur nos propres frontières , l'Algérie nous montrait des insurgés au lieu d'auxiliaires, s'il nous fallait la garder contre ses propres habitants, cette lutte , qu'envenimeraient nos moindres revers, établirait à notre détriment une diversion permanente , et, nos armes fussentelles heureuses, nous perdrions peut-être, pour nous maintenir en Afrique, l'occasion et les moyens de nous agrandir en deçà des Alpes et du Rhin. Il faut donc reconnaître qu'à moins que le gouvernement de l'Algérie ne fût assez fort par lui-même, assez identifié avec les intérêts locaux, pour entraîner le pays à se défendre contre une attaque étrangère, loin de rien ajouter à nos ressources militaires pour une guerre territoriale en Europe , cette possession en paralyserait une notable partie.
Elle fortifie, au contraire, notre puissance navale. Non que la côte d'Afrique soit propre à servir au ralliement de grandes flottes : les navires de haut-bord ne peuvent y stationner que par petites divisions , séparées par de grandes distances , et ce que les nôtres auront de mieux à faire sera tou-