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ver on voit (Lins les claîri^^es des oasis, ou i\ l'entour, des champs verdoyants. Ce sont des orges, et même des blés liatifs qui sortent de terre. La culture du coton n'est encore qu'à l'état de projet, maïs elle est pleine d'avenir, car elle réussît dans tous les terrains arrosaldes par de l'eau douce.

Telle est la triple division des terres en Algérie. Passons maintenant t\ la configuration générale, et tout d'abord au relief du sol.

>Ar-

Fig. 108. — Palmk-rt Oaii.'t Toa-ii de BUkra.

Relief du sol. Chaîne Tdlîenne. — L'orographie de rAlgcrîc n'est pas encore nettement déterminée, soit défaut d'études préparatoires, soit plutôt manque d'idées générales, admises par tous, et facilitant l'exposé des détails. Dans les géographies élémentaires et niCmc dans certains ouvrages dont les prétentions sont plus élevées, on distingue en Algérie trois chaînes de montagnes à peu près parallMes, qui s'étendent de plus en plus, au fur et à mesure qu'on se rapproche du sud : 1** le petit Atlas, long de ooO kilomètres environ, qui s'étend s\

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une faible distance de la mer, entre les embouchures du Ch<!*IIfr et de Toued Sahel ; 2** le moyen Atlas, qui traverse toute T Algérie de l'ouest à Test ; 3"^ le grand Atlas qui forme le talus méridional de la région des hauts plateaux, et dont les gradins escarpés s'abaissent sur le Sahara. Cette division est fort arbitraire. Si ces trois lignes étaient régulièrement parallèles entre elles, et séparées par de larges espaces, rien de plus rationnel ; mais elles se touchent par la base, et l'intervalle qui les sépare est un pays de montagnes : de plus elles ne ^sdiit pas régulièrement alignées. Elles se composent le plus souvent de groupes isolés, qui s'ouvrent pour laisser passer les cours d'eau. Les montagnes algériennes' n'ont donc pas l'aspect d'une chaîne continue, comme les Alpes ou les Pyrénées, et il est fort difficile, si on veut être exact, de les réunir en masses compactes et homogènes. Cette classification en un mot, commode pour une exposition résumée, n'est ni assez rigoureuse ni assez, scientifique pour être adoptée.

£q réalité il n'y a en Algérie que deux chaînes sensiblement parallèles. La première envoie ses eaux au nord dans la Méditerranée, au sud dans les chotts de la région des Plateaux. On pourrait lui donner le nom de rhahic TvUîftnnc. La seconde envoie ses eaux au nord dans la région des Plateaux, au sud dans le Sahara. On pourrait l'appeler la chaîne Sahunenne. La première correspond a\ peu près exactement à ce qu'on nommait jadis le petit et le moyen Atlas, et la seconde au grand Atlas. Ëtudions-les successivement. ,

La chaîne Tellienne commence au cap Ghir, sur l'Atlantique, dans le Maroc, et se termine au c<ip Bon sur la Méditerranée, dans la Tunisie. Elle pénètre en Algérie au nord du 34"* de latitude, et la traverse de part en part. D'après M. Carette, il fiiudrait distinguer les masses qui bordent le littoral et dominent les vallées basses, qui seraient au nombre de onze, et les masses qui s'éloignent du rivage et dominent les vallées hautes, qui seraient au nombre de douze. Un autre géographe, M. Mac-Carthy, propose une autre division, et réunit sous la dénomination de chaîne Tellienne onze groupes distincts, quelquefois très nettement séparés par de larges vallées ou de vastes plaines, mais tous liés entre eux de manière a\ former un réseau de terres basses et de

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parties hautes. Rien donc n'est encore moins précis, et, faute de données suffisantes, nous nous contenterons d'indiquer une première chaîne traversant l'Algérie du sud-ouest au nord-est, c'est la cliaine Telliennc proprement dite, et un certain nomhre de contreforts qui s'étendent jusqu'au rivage ou se projettent dans l'intérieur des terres.

La chaîne TeHienne proprement dite commence i\ la frontière du Maroc par les monts Mthhaùhm^ et se continue par les monts Daya^ de Su'ida^ de Tiai'dai de l' Ouartusmis. L'Ouarensenis, que les Romains nommaient Garayliivioniva^ eti^ue les Kahyles appellent avec emphase Xml du fnonfkj est contourné par le Chéliff. On dirait une île ; son principal sommet atteint 1091 mètres d'altitude. A lui se raccordent les monts de Thaya (mont Achéou, 1814 m.), de Teniet-el-IIaad, remarquables par les cèdres qui garnissent leurs flancs, et de Taguelsa (1731 m.). Après rOuarensenis la chaîne Tellienne se continue par les monts de Boghar^ puis elle est brusquement interrompue par la coupure du Chéliff, mais se redresse brusquement par les monts de Titlerf/^ les 7>Ybansj les monts de Sétfy^ de Constantinc^ à'IIouach et d'-/l^>w/'a, où elle rencontre la frontière tunisienne.

A la chaîne Tellienne se rattachent on/x* massifs littoraux. 1"* Le massif de r/ewcew, jadis le Dardas mons^ un des plus pittoresques de l'Algérie, remarquable par l'abondance de ses eaux, et la variété de ses essences forestières. Les deux pics principaux sont ceux de Toumzaït (1834 m.) et d'Ourgla(1724 m.). 2* Le massif da^ 7/-a/v/.s, dont les pics principaux^ le Fougal et le Tadjera ou inonttigne carrée, atteignent l'un et l'autre l'altitude de 1 100 mètres. 3" Iai massif de Tessala o^^ fCOran^ qui se nommait autrefois le înons AstasiUs. Le Tessala (10iî2 m.}, le Tafaroui (7:;C m.) et le Seba-Chiouck en sont les sommités princrpales. 4** Le massif de Mascara^ dont les pics Cherbeni et lîouziri n'arrivent le premier qu'à 650 et le second qu'A 500 mètres d'altitude. 5" Le massif d! Algir se divise en trois parties, le Dahra, remarquable par son climat salubre : c'est un des points où la colonisation s'est développée avec le plus d'énergie. Le point culminant atteint K7C mètres d'altitude. LeXahhar dont les deux sommités pruicipales sont le Gliarbi ;1580 m.) et leChergni (1527 m.). Los moiits dft Blidah^ avec le mont des Heni-S;i-

Ktt L'ALOERtR.

lah (1610 m.) et le col de Mouzaïa (ICOO m.}. 6" Z»; m'issîj du Jurjnra, 011 dt'3 plus élcvtîs et des plus remarquables de TAlgi^rie. Le pic de Lalla-Kadidja atteint 2308 inbtres, celui d'Al'Oukcr 2253, et le col de Tizi-Ougoulmiii 2122 : on peut encore cîtof le Tizilicrt (1761 m.}, l'Azeroulraït-Zikki (1718 m.) et le Djan (IG ISm.)- VLemamfdc Dira, dont les montagnes, le Dira (181 3 m.}, le Kcf-el-Akdar (1409 m.), et le

Kef-el-Ausour(120l m.), sontcouvertes de magnifiques fur«jts. I^ Kef-el- Akdar on rocher vert s'appela jadis le Tittery, et son nom devint celui d'nn des quatre beyiiks de l'Algérie. S' Le massi/de Sêlt/et de IfoditUy remarquable par le nombre et l'importance de ses pics, le Takoutcht (ISOGm.), le Takintouch (1G74 m.), sur les flancs duquel s'ouvre le col de Tizi-Tinkfra (1150 m.), le Bonandar (1C14 m.), le col de Tizi-Braclma (107Om.),IeTemerguida(lC3;îm.),legrand(l97Om.)etlepelît(1965i».) Babor, séparés l'un do l'autre par les gorges imposantes de C!iabet-el-

OÉorfRAPHIE PHYSIQUE. 393

Akra, ou ravîn de l'autre monde, le Sîdî-Tallout (112Î) m.\ le Mn}r\n (1737 m.),leGuergour:i80() m.), leMorîssau (IGSOniO, leSîdi-Iîraho (130() m.), le SJrin (li>:^,2 m.;, et le Youssef (1431 m.). 9" Les monts de Consfantine ({\x\ projettent entre DjiMjellî et Colle le massif pittoresque des sept caps, et dont les sommités principales portent le nom de Filfila (700 m.), Elkantour (890 m.\ le col des Oliviers (894 va.), Thaya (1200 m.), Mouïa, Chettabali 1157 mO,Kaskar (lllOra.), Oumselas (1316 m.\ et Grous (1107 m.^. IQ* L'avant-dernier massif qui se détache de la chaîne Tellienneest celui de XKtlomjh entre Philippevîlle etBone. Il estséparé du continent par de vastes plaines marécageuses, fertiles et malsaines. Il est rempli de forets et de mines. Ses pics principaux se nommentleBouzizi 1004 m.), le CliaïIa(70I m.), le Hellout, le Safia, et le Beîada. 11* Le dernier massif auquel, faute d'appellation meilleure, on donne le nom de 7/i^.<î.N7/'yiyr/ca?'/;,est compris entre lamer, la Seyhouse et la Modjerda. Il se divise en trois tronçons distincts, les monts Mahouiia Ghorra (1200 m.), et Seid-el-Aouda ou selle de la jument (1370 ni.), Soukarras (Ras-el-Alia (1290 m.), Mahahouha(1077ra.),Mein (405 m.), et Bcni-Salah. Ce dernier, dont les forets servent de repaire aux hetes féroces, contient les pics do Meïda (fl 17 m.), de Bouabad (73.'» m.) et de Nahrah (530 m.).

A vrai dire l'orographie do ces montagnes n'est pas suffisamment établie. Elles ont été mal étudiées. On ne connaît même pas exactement leurs appellations indigènes, et plusieurs de leurs altitudes n'ont été indiquées que très approximativement. Les sociétés de géographie et les clubs alpins qui commencent à s'organiser et à fonctionner dans notre pays ont dans ces montagnes une matière toute prête à leurs explorations et à leurs études.

Chaîne Saharknne. — La seconde cliaîne ou chaîne saharienne est encore plus mal connue que la précéJcnte, mais elle est plus facile h étudier, car elle présente plus d'unité. Elle couvre une zone, l.irge en moyenne de 150 kilomètres, composée de chaînes étroites, parallèles entre elles, et orientérs obliquement de rouest-sud-oucst A Test-nord-est. Cette chaîne pénètre en Algérie entre le :>2'* et le 33"* de latitude, et forme d'abord le massif f/tt fCs-ff, confus asseniblnge de pentes arides, de

AUIÈRMK M

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défilés sauvages, et de sîtes tourmentés. Les pîcs qui le dominent se nomment le Sidi-Cheîck, le lîou-Derga (1059 m.), le Mekler et TOoJed. Le second massif j\ signaler est celui de TAmonr^ massif crayeux de 100,000 hectares qui atteint^ avec le mont Touïlet, 2000 mètres d'altitude. Le troisième massif, de beaucoup le plus important, est celui de VAurh^ r Aurasion de Procope, celui dont il écrivait <t qu'il n'a pas son pareil au monde, car il s'élève abruptenient à une grande hauteur, et n'a pas moins de trois journées de circuit. y>

L'Aurès est encore peu connu, bien qu'il occupe, entre Batna et Biskra, sur 120 kilomètres de long et 70 de large, près de 800 kilomètres carrés de superficie : on sait seulement que ses flancs sont déchiquetés au nord, que la neige s'arrête parfois sur ses sommets, et que dans les gorges pittoresques du sud prospèrent les cultures telliennes. C'est dans l'Aurès qu'on trouve trois des plus hautes montagnes de l'Algérie , le Tougourt (2086 m.) couronné de cèdres superbes, le Mahmel {2?>i)\ m.), et le Cheliah (2.'U2 m.) sur les flancs duquel se succèdent, par ordre d'altitude, plusieurs étages de végétation, d'abord l'olivier et le micocoulier, plus haut le genévrier, le pin d'Alep, l'orme et l'amandier, puis le frcne et le chone vert, enfin le houx, l'érable et le cèdre, et tout au sommet l'if au noir feuillage. Il est probable que la région de l'Aurès nous réserve bien des surprises, quand elle sera explorée sérieusement.

Hyduograpiiïk. — Que si de l'orographie nous passons à l'hydrographie, notre classification sera plus facile à établir, car une division naturelle s'impose à nous. Le territoire de l'Algérie peut en effet être divisé en trois versants principaux. Le premier, compris entre le littoral et la chaîne Tellienne, reçoit toutes les eaux qui aboutissent à la Méditerranée. Le second, entre les deux chaînes Tellienne et Saharienne, reçoit les eaux du versant sud de la première de ces chaînes et du versant nord de la seconde. Le troisième enfin est le versant du Sahara, ao sud de la chaîne Saharienne.

Dans l'un ou l'autre de ces trois versants, le régime des eaux est fort défectueux, et c'est une cause d'infériorité et de souffrance pour l'Algérie tout entière. Les cours d'eau de la Méditerranée sont peu

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considérables. Aucun d'eux n'est navigable, ni même flottable. Quelques-uns seulement peuvent être utilisas pour l'irrigation ou pour les besoins de l'industrie. Leurs bassins n'ont pas de ceinture nettcmeot déterminée; ils coulent dans des pays ravinés, sans direction r^*giilière, sans lit, contournant péniblement les montagnes qui barrent leur cours, sans embouchures propres i\ l'établissement de ports. En ln%'er

ils roulent rapidement des masses d'eaux considérables, qui les rendent dangereux ; eu été ils sont tellement réduits que c'est à peine si un mince filet d'eau suinte dans leurs lits. Quant aux cours d'eau de la région des plateaux, comme leur bassin est toujours fermé, ils vont se perdre dans des dépression?, oît s'accumulent peu à peu des masses de sel. Que dire des fleuves du Sabara? lU n'ont de l'eau que quelques jours cliaque année, lorsqu'une pluie abondante est tombée sur les montagnes. Les lits existent il est vrai, tantôt étroits et profonds comme

3% L*ALG£IRIË.

dos fossés creusés par la iiiuln de riioinine, tantôt larges avec de petits îlots où croissent des tamaris et des lauriers-roses. Piirfois la rivière coule sous le sable & peu de distance de la surface, et on rencontre l'eau en creusant des puits.

En résumé, qu'il s'agisse de dessécher des marécages pestilentiels, ou de construire des barrages-réservoirs pour retenir en temps de pluie les eaux surabondantes et dangereuses et les utiliser dans la saison sèche, il y a beaucoup de travaux a exécuter en Algérie pour l'aménagement des eaux, et, dans un pays aussi chaud, c'est une question de première nécessité. Ce sera l'honneur de la France d'avoir entrepris dès le premier jour cette lutte contre la nature et de l'avoir poursuivie sans trêve ni relâche.

II existait aux environs d'Alger et près de Bone comme un chapelet d'eaux croupissantes et putrides, vérit<'ible laboratoire de fièvres. Dans la Metidja les marais commençaient à la Maison Carrée, s\ deux pas de la villa de plaisance du dey, et se suivaient jusqu'au tombeau de la Chrétienne sur une longueur de GO kilomètres. A Bone le pays était inhabitable depuis les portes de la ville jusqu'au lac Fetzara. Les Français ont assaini, en les desséchant, la plupart de ces marais. Ils ont de plus fait disparaître lesr marais entre Philippeville et Constantine, assaini la basse plaine de la Soumman près de Bougie, les bords du ChélifTsous Milianah, ceux de rOued-el-IIachem près Cherchell, les plaines de THabrah, les lacs des Charabas et de Brédéah dans la province d'Oran.

Les travaux d'irrigation et les retenues d'eau ont marché de pair avec les travaux de dessèchement. On cite les canaux de dérivation du Chéliff, de l'Harrach, de laChiiïa, de l'oued Kl Kebir^ de l'oued Djemma, du Rummel, de la Mina et du Sig. A elle seule, la dérivation du Chéliff donne 2,000 litres d'eau sur une superficie de 3,(KX) hectares de terres fertiles.

Les plus importants de ces travaux d'aménagement ont été les bar* rages-réservoirs. En 1851 le premier fut construit dans les gorges du Mourad, au-dessus de Alarengo, par M. de Malglaive. Quelques années plus tard fut construit le réservoir du Sig. En 18C3 un industriel

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alsacien, M. Hcr/.og, désireux de stimuler en Algérie la cullure du coton, proposa l'exécution de travaux analogues sur THabrali, la&ifsaf, la Tafna, Tisser, le Mekkera, le Kihon, la Djedjania et la Mina, huit bassins hydrographiques de 2,0(X),000 d'hectares, susceptibles de donner, avec une dépense de quinze millions, des irrigations pour 200,(MX) hectares. Ces projets furent sérieusement étudiés, maïs la lin de la guerre de sécession américaine rendit a l'industrie cotonnière ses anciens foyers de production et la culture du coton fut délaissée ea Algérie. II est vrai qu'on avait reconnu l'importance des travaux projetés, et plusieurs furent exécutés.

Les barrages de VHabrah et de Tllamis sont les plus connus. IjC barrage de l'Habrah a 478 mètres de longueur et 39 mètres d'épaisseur à la base. II retient jusqu'à 11 millions de mètres cubes d'eau. Il peut servir à l'irrigation de 24,000 hectares. Il a coûté quatre millions à la compagnie Debrousse et Cohen , mais il parait que cette société n'a pas fait des dépenses sufHsantes, car, en décembre 1881, à la suite de fortes pluies, le barrage a été emporté et toute la contrée submergée sous les eaux. Quoique construit sans luxe, ce bel ouvrage présentait un aspect imposant par sa simplicité et par la grandeur de ses dimensions. Son architecture était rustique, mais de robuste apparence. La pierre de taille figurait comme encadrement et s'harmonisait avec le caractère sévère du paysage environnant. <c Cette œuvre spleudide du génie de l'homme, écrit le voyageur Tchihatchef (p. 71)| contraste avec la physiononn'e triste et silencieuse du pays, au milieu duquel il se dresse isolément. La nature semble humilicH) par ce monument, preuve du triomphe de son vainqueur. »

Le barrage de l'IIamis, dans la Metidja, est en maçonnerie pleine. Il a été construit dans les gorges de la montagne, à 3U kilomètres de la mer, à 7 kilomètres de Fondouek, point où le torrent débouche dans la plaine. Le bassin d'alimentation du réservoir mesure une superficie de 14,100 hectares, en regard de 05 hectares admis pour la surface du réservoir plein; mais la configuration du sol penuet de répartir les eaux dans la plaine sur une étendue de plus de 40,000 hectares. Grâce à des arrosages intelligents, nos colons parviendraient sans doute i\

3ÎI8 L*ALGÉRIE.

faire de la Mctidja un canton aussi fertile que la Huertu de Valence, oîi Ton récolte jusqu'à onze coupes de luzerne en une seule année.

Aussi bien un bon aménagement des eaux permettra de donner en Algérie une grande importance à la culture intensive. On a même calculé que les colons pourraient obtenir un rendement de 250 ii 5<X) francs par hectare. On ne saurait donc trop encourager ces divers travaux de dessèchement, d'irrigation ou de barrage, qui non seulement améliorent la nature du sol, mais encore augmentent la fortune publique. On a certes dvy\ beaucoup fait, mais il reste encore beau- , coup à faire. Les eaux sauvages sont trop abondantes. La nature est encore plus forte que nos ingénieurs : mais ils savent comment la dompter, et n'en sont déjs\ plus u compter leurs victoires.

Ce qui rend assez difHcile Tétude de l'hydrographie algérienne, c'est que les Arabes ont la mauvaise habitude de changer le nom des cours d'eau, dès que ces cours d'eau rencontrent un afliuent, changent d'aspect ou simplement passent d'un territoire à l'autre. De h\ des confusions géographiques qu'il importe de faire cesser. De h\ la nécessité d'adopter une nomenclature géographique uniforme. Voici provisoirement celle que nous proposerons.

Verscmt Je la Méditerranée. — Le Meâjerda^ l'ancien lîagradas, est le plus oriental de nos fleuves algériens. II ne coule sur notre territoire que pendant une centaine de kilomètres. Il prend sa source au pied du mont EI-Alia, dans les ruines de Khamissa, contourne le mont Beïda, traverse une région boisée, riche en fers, et pénètre en Tunisie par le t-)C" •\(f de latitude. Le principal de ses aflluents est la , Mellègue (170 kilomètres sur notre territoire), qui sert de frontière A l'Algérie et à la Tunisie pendant une quarantaine de kilomètres. La Mellègue, très forte en hiver, ne roule en été que des eaux saumutres, qui même ne paraissent que de distance en distance, et ou vont se dé*8altérer les animaux sauvages, nombreux dans la contrée. La Mellègue est grossie à son tour par le Chabet R'sass ou ruisseau de plomb et le Kebrita ou rivière de soufre.

La Mafray (Ilubricatus, oued ?]1 Kebir) prend sa source ait nord du Soukarras, et traverse d'abord une vallée accidentée, puis la plaine

tiEO<iItAriIIG J'IlYSigUR. sw

des Bcni-Urginc, et, arriv^>c pr^s de la mer, se fraye un passage pénible i\ travers des dîmes formées par l'action du vent sur les sables. Ces dîmes en s'éboulant encombrent le lit du flouve, dont l'emboucbure est de la enrtc iV peu pr^s obstruée. Los principaux aflluents de la Mafrag se Dummcnt le Bou-Xanioussa ou ^ivi^re dos moustiques, et le ]{esl>6s. Entre la Mc<ljc-ida et la Mufra;; il nous faudra signaler trois lacs, le tac El-Hf)ut ou des PoÎseoiis, qui a 3,-'ï07 Iicctaresdc snpcrfirie, le lac El-Ouheira ou Supérieur, qui a 2,2()() hectares de superficie, et le lac

Ménh ou S;Ué qui a 800 liectares de superficie et une profondeur de six mitres. Les deux premiers de ces lacs ne sont que dos étangs, mais le troifciî-me pourrait facilement se couvertir en port militaire, i\ condition de donner une profondeur sufVisantc au clicnal qui le ferait communiquer avec la mer. Ce projet grandiose pourrait bien se réaliser quelque jour.

La Seyhousc (Ubus, Tifecb et Clterf dans son cours supérieur) est remarquable par l'abondance estivale de ses eaux. Elle parcourt une l«lle vallée de 232 kîlomMrcB de longueur, et ses rives sont fécondes.

400 L*AL6ÉRIE.

Elle sort non loin des ruines de Tipaza, au pied d*une montagne de 938 ro6tre8 d'altitude, reçoit les magnifiques sources d'Aïn-KIielIakel, qui lui versent 440 litres d'eau par seconde, s'ouvre un passage entre les monts Âouara et Maliabouba, et arrive dans la plaine de Bone par une embouchure de 100 mètres de Lirge : elle est navigable jusqu'à 10 kilomètres de son embouchure. Les principaux aflluents sont la lioudjima, le Trouch, le Couru, le Zenati qui se grossît des . eaux thermales d'IIamman-Mcskoutin, l'Ouitsba et le Meboudja.

Le lac Fetzaroj dont la superficie est de 14,000 hectares, mais dont le bassin naturel est de 50,000 hectares, est de formation moderne. Il n'existait pcis lors de l'occupation romaine. Kn éi6 la surface des eaux diminue considi^rablement, mais les bords restent fangeux, et servent de refuge à des myriades d'oiseaux aquatiques d'espèces diverses. Les eaux du lac sont très poissonneuses, mais les miasmes paludéens infectent la contrée. Il a été question de dessécher le lac de Fetzara, et de le convertir en polders, comme on l'a fait pour la mer de Harlem. Ce projet grandiose serait d'une exécution facile, mais aucune compagnie financière ne s'est présentée pour l'entreprendre, et| provisoirement, c'est aux eucalyptus qu'on a recouru pour assainir la région»

Le Kebfr ou Snncnflja^ formé par le Fendek et le Mouger, est profond, et très encaissé. Sans la barre qui le traverse A son embouchure, il serait navigable pendant une douzaine de kilomètres. Le principal de ses aflluents est l'Âseb, qui. arrose la vallée dé Treats, et se déverse dans le fétide marécage de Feid-el-Maïs.

La Sa/sa/i ou rivière des peupliers, sort des gorges de Kaalat-el- Hadji, oh il est question d'établir un barrage qui formerait un réservoir de 8,000 hectares de superficie. La Safsaf coupe, avant de se jeter à la mer, près de Philippeville, des falaises de 40 mètres de hauteur. Son cours est d'environ 100 kilomètres. Elle est grossie par la Zeramna.

Le Hummel^ ou rivière de sable, se nommait Ampsagas du temps des Romains. Il naît au nord de Sétif, dans des montagnes de 12 & 1300 mètres d'altitude. Il coule d'abord du nord- ouest au sud-est dans une gorge étroite. Arrivé près de Constantine; il s'engage dans une

GÉOGRAniIE PHYSIQUE.

énonnc fissure et sous des voûtes naturelles au fond desquelles plonge le regard par quelques ouvertures. Il sort de celte fissure par trois cascades de 15, 20 et 25 mètres de hauteur, et ses rives, coupées à pic, forment alors deux escarpements de 60 mètres de hauteur

'rr,?'.-. ».

•*f\,K '. — T— *i*^*^y*niêwf

fig. lis. — \jiK caacailei de Si(U-M<diI ; le nutiimil à Obtint Aiitloe.

verticale. Il se jette à la mer après un cours de 235 kilomètres. Ses principaux aflluents sont le Hou-Merzoug, dont la source débite 450 litres d'eau par seconde : il tombe dans le Kummel à 2 kilomètres en amont de Constantîne; le Ilamma, le Smendou (58 kil.), le Kotou, le Milah, TKndja, le Ben-Aïcha, le Guerdjana.

AUIÉNIR. 41

402 L*ALQERIE.

Le DJiudJen^ qui sort des Babors, coule en plein pays kabyle. Son cours est de 76 kilomètres. C'est un oued fantasque, au fond d'une immense ravine. Torrent ou ruisseau selon la saison, il a toujours de Teau pour ses cataractes.

UAgrioitn (85 kil.) contourne les Babors, et traverse les gorges admirables de Chabet-el-Akra, qui, malgré leur nom sinistre, le défié de Taynine^ présentent un des paysages les plus pittoresques de toute l'Algérie. C'est un couloir de 5 à G kilomètres de longueur, bordé à droite et (1 gauche par des murailles perpendiculaires qui lais- . sent à peine apercevoir un coin du ciel. On dirait la Via mala, ou le passage des Eaux-Chaudes, dans nos Pyrénées.

Le Sahel ou Souviman^ formé par les eaux abondantes du Dira, traverse la plaine des Aribs, à travers des forets d'oliviers et de riches jardinsy passe par les défilés de Korza et de Fellaye, et débouche dans le golfe de Bougie. C'est une rivière flottable pendant une partie de Tannée dans son cours moyen et inférieur. Elle a 210 kilomètres de longueur, et reçoit le Zaîan (G8 kil.), le Mahrir, torrent saumutre qui se fraye avec peine un passage à travers^ les Portes de Fer, le fameux défilé des Bibans^le Bou-Sellam ou rivière de l'Echelle^ s\ qui ses nombreux méandres donnent une longueur totale de 320 kilomètres et rAmazin (45 kil.).

Le SebaoH est le réceptacle des eaux de la grande Kabylie. Son bassin est fort étendu. Il naît sur le versant du Tiziber, à 1,730 mètres de hauteur, coule d'abord du sud au nord, puis de l'est à l'ouest, et de nouveau du sud au nord. Il traverse les gorges splendides du Timizar. Il n'a que 95 kilomètres de longueur, mais reçoit à droite le Sahel, l'El-Allal, le Sabeur, et à gauche le Natralili, FAïssi, le Sebt et la Bougdoura. Ce dernier ailluent qui sort du Jurjura à une altitude de 2,030 mètres est un torrent furieux ou plutôt une longue cascade, dont la pente est effrayante.

Ulsser oriental traverse le plateau des Beni-Slîman, et se grossît d'une foule de torrents. Au-delà de Palestro commencent des gorges grandioses au travers desquelles il s'est frayé un passage, entre deux murailles à pic d'une prodigieuse hauteur. Il s'engage ensuite dans

UËOUBArillE i-llYShil'R.

une vall& large et K-coiide, reçoit un aflhicnt de 60 kïIomMres, le Zeghrouat, et se jette dans la iiicr après un cours de 230 kilotnMrcs. La ifetîdj'a est «ne vaste plaine de 31,100 hectares de superficie, séparée de la mer par le massif d'Alger et le Saliel de Coleali. Elle se déploie entre ces montagnes et l'Atlas. Son altitude moyenne est de 50 k 100 mMres. Elle est parcourue par un grand nombre de conrs

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