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LA PRODUCTION MINÉRALE

Les rcttonxcet miocralGfl de TAlgéric. — hc^ eaux thcrnialcA et mincralcti.

L'importance de Findustne minière a toujours 6t6 croissant en Algérie; aussi depuis le l'^ octobre 1875 une inspection générale at-elle été créée, divisée en deux arrondissements miucralogiques (Alger et Gonstantine), subdivisés à leur tour en deux sous-arrondissements (Alger et Oran, Constantine et Bone). A cette date étaient exploitées trente-trois minières de fer, soixante-quatre carrières (treize de marbre, dix-huit de pierres ii butir, dix-sept de pierres A cliaux hydraulique et seize de pierres à plâtre), cinq gîtes de salpêtre, cinquante de sel (vingt-six salines naturelles, vingt et une sources salées, sept bancs ou montagnes de sel gemme). On comptait de plus cent qu«irante sources thermales. Vingt-cinq mines avaient été concédées (une de combustible minéral, huit de fer, huit de cuivre, trois de plomb, cinq d'antimoine, de zinc et de mereure); cent quinze gîtes minéraux étaient reconnus mais pas encore concédés, enfin plus de quatre mille ouvriers étaient occupés à ces divers travaux. Lorsque seront ouvertes de nouvelles voies de communiccition, qui faciliteront le transport de ces produits minéraux sur tous les points de la colonie, lorsque à de nouveaux besoins répondront des demandes plus considérables, il est hors de doute que l'importance de cette industrie grandira encore.

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Le combustible inin^*ral manque, il est vrai, en Algérie, ou du moins on n'a encore signalé que des gisements à peu près insignifiants de lignite à Dellys, Aumale, Smendou près Constantine, Fondouck, et Hadjar-Roum près TIemcen, mais le fer en revanclie, le fer, cet autre facteur de la civilisation moderne, est très abondant et de première qualité.

La mine la plus connue est celle de Mokta-el-Hadid, près de lione. En 1875 seize cent soixante ouvriers étaient occupés à extraire le minerai. L'exploitation se fait à ciel ouvert par des gradins de cinq mètres de hauteur moyenne. On dirait que les ouvriers taillent dans un pain de sucre. Sur les flancs de trois mamelons contigus on a établi des puits de recherche. Un chemin de fer- relie les galeries d'exploitation au port de Uone. Huit trains par jour amènent seize cents tonnes de minerai, chargées immédiatement sur les splendides trois mats de la compagnie, portées à Marseille, et de là expédiées dans le monde entier, particulièrement en Allemagne, à Kssen, où l'usine Krupp fabrique avec du fer algérien la plupart de ses engins meurtriers. Les fers de Mokta-el- Hadidsont les mêmes que ceux de Suède, ojcidulés magnétiques comme à Donnemora. La France a, de la sorte, à discrétion, et sous sa main, le long de la Méditerranée, des fers qu'on peut convertir en aciers rivaux de ceux de l'Angleterre. C'est une pré-cieuse ressource pour Tindustrié nationale.

Les mines de fer du mont Filfila ont également un grand avenir. On a reconnu la présence du métal au moins dans vingt endroits différents, mais, avant de l'exploiter sérieusement, il faut qu'une voie ferrée relie la montagne au port le plus voisin, à Philippeville. La mine de Zakkar-Rharbi fut jadis exploitée par Abd-el-Kader, et elle était déjà productive. Klle Test bieti davantage de nos jours. Nous citerons encore les mines de la montagne des lions, d'Aîn-Temouchen, de Bou-IIamza, Karezas, Medjez-Rassoul, Sedma près Collo, lîeni-Aïcha, les Gouraïa près Cherchell, IJeni-IIaquil, Haouaria, Souma, Oued-Djer, etc., dont l'exploitation reste stationnaire, faute de débouchés suilisants.

Le cuivre a été signalé à lîlidali, à lîeni-llaquil, à Oued-AIlcla près Tenès, et il est exploité à Mouzaia où les gisements couvrent une su-

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perficie de îi,'ÎO;t hectares, et i\ Aïri-Iîarbar où la mine occupe deux cent cinqtiantc onvrîcrs.

Le plomb argentifijrc (h Garn'uhan, près de Lallii-Maglirnia, sur la frontière du Maroc, était lUjli connu des Romains, et exploiti' par eux et par les Arabes. On en trouve encore A Tagiielniont, à Mcslouln, A Boii-Taleb, et siirtont k K^-rou-Tliobou!, pn'-s la Callc. Ce dernier gisement a été reconnu dans un pic isuli.', en forme de pain du suurc, élevé de 320 mètres, et dans les flancs duquel la fameuse galerie de Sainte- Barbe a présenté un lilon de 7 mètres d'épaisseur.

L'antimoine ae trouve à Hauiininiat. La pierre de taille, les moetlona, les grés, les gypses, la cliaux, le sable, la terre h briques existent i>artout. L'anloise a été signalée à Oraii, Mers-el-Kebir, Oarroabiin et Oued-Massin; la pierre litliogmpliique & El-Kantara, la pou/zolanc A Racligoun et Aïn-Tcmouclicn , le kaolin à Lalla-Maglirnia, le soulTrc à Kllcefrita, près Boghar, le Kalprtre dans les Zibans. Les marbres sont abondants et variés. On n'a pas encore retrouvé le marbre nuinîdique, Bt célèbre t\ Rome, mais le marbre blanc du Fîlllla, dont les carrières, également connues des Romains, s'éteii'l'nt A ciel ouvert sur 250,000 niMres carrés, rivalise avec le marbre clc Carrare. On rencontre encore le marbre gris veiné de ronge prî-s du cap Matîfoii, le marbre rose veiné de rose acajou, près d'Arzow, le marbre vert antique à Aïii-5Iadog, pr?'S Oran, le Mcu turqiiin ft flomî, k- noir, le blanc i\ veines jaunes, et surtout l'onyx translucide i\ Aïn-1'ebbalcck, près Tlcmcen. 1 L'œil ne se lasse pas d'admirer cos longues tables A demi transparentes, aux moires irisées de toutes couleurs, blanclics, roses, jaunes, vertes, rouges, distribuées en finos nervures ou en larges rubans ondulés, ou en stries miroitantes, d'une vigueur et d'une variété de tons à défier toutes les palettes. On dirait parfois une éruption volcanique. » (Cr.AxiA(iEi:.ix.} Aussi bien veut-on se rendre compte de l'infinie variété de nos inarbros algériens, on n'a qu'A examiner le splendidc

péristyle du ;;raii(l Ojuira A Paris, cntiJ-reiiient Itûti avec des marbres algériens, et où la gamme des couleurs les plus variées se fond dans hq si bannonieux ensemble.

Si le marbre est en quelque sorte une des gloires historiques de l'Algérie, le sel constitue une de ses richesses les plus abondantes et les plus sûres, surtout lorsque les voles projetées conduiront nos négociants jusque dans ce mystcTicux Soudan, oh le sel manque si complètement que, dans certains cantous, on le vend i\ des prix exorbitants. Les oued-melah ou ruisseaux de sel abondent en Algérie et justifient leur nom. Lors des chaleurs de l'été, les chotts et les sebkas étendent leurs couches salées en nappes éblouissantes. Çi\ et là se dressent de véritables mon* tagnes de sel gemme. La mer cnBn baigne les rivages septentrionaux. Tout donc invite l'industriel et le corn-' merçànt à exploiter ces ri- . chesses naturelles. Il serait trop long d'énumérer les lacs salés, Zahreh, filclgliir, Sbbka d'Oran ; les sources salées du djebel Zouabi, Auseur, Oulad-ïlcdiin, El-5Ieurscl, Kraïui, Djebcl-Tuggurt, Aïn-Melali, Kasbali, Rebaîa, Arbal, Tellout, etc., mais DOUB désirerions attirer l'attention de nos lecteurs sur les bancs de sel gemme des Ouled-Kebbah, près de Milah, qui paraissent inépuisables, et qu'on exploite depuis des siècles en forant d'immenses puits sans étais, sur les roches salées de Khang-el-îlelah, Aïn-Hadjcra, Aïn- Temouchen, Oulcd-Khalfa, et surtout sur la montagne d'KI-Outaîa, véritable îlot de 3 Iviloinètres de longueur sur 1,500 mètres de large, gigantesque bloc de sel, qu'on exploite par fragments détachés naturellement de la niasse principale, c La montagne tout entière offre l'aspect d'un véritable chaos : elle est ravinée et déchirée en tous sens. Le sol y résonne sous les pas de l'explorateur; des puits verticaux d'une profondeur inconnue ouvrent aux eaux de pluie

UEUliKAPItlR KroNoMKit'i:.

UD passage souterrain à travcrd les masses du sc-l gciiiiite. La oaturc y est presque morte, cependant quelques plantes grasses, desséchées faute d'eau, et des traces de uioufllons et de gaïieltes rappellent au g^ logue que la vie n'a pas penlu tous ses droits au milieu de ces solitudes désoI^>es. »

Une des grandes r^-servcs de l'avenir en Algérie sera constitua; par les eaux thermales et miiiéralus. Klloi sont si nombreuses, sî vari^-es et d'une telle efTicacité, que l'Algérie deviendra certainement, un jour

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OU l'autre, un des principaux sanifartions de l'univers. Ces eaux sont encore si peu connues que les îndij,'ùnes et surtout les colons se croient obligés d'aller A grands frais cberclicr la santé dans les villes d'eaux de France ou d'Allemagne, ou bien font venir en Algérie des eaux minérales plus ou moins autlieiitiqnes f^un lft"4, 217,0;ï(J litres), quand ils les possèdent toutes en Algérie et A leurs i)ortes. I^c Ilariiman-Mcskoutin, pris de Gutlina, dans une position ravissante, débite jusqu'il 100,0!)0 litres par heure d'une eau qnî ressemble i\ celles de lîarègcs et de Saint-Sauveur; la source alcaline gazeuse de Monzaîa-lcs-Mincs rappelle Sultz et Saint-fialniîer, la sourtc ferro-carbonalée des CMrcs, près Tenez, lîussang et Forges; les eaux tlicrmalt-s du l[aninian-Me-

luuan clnns la Moliiljaoïit l'iiitensitc' et l'cRicacité des gouicgs de lîalaruc et de Bourbontie. On pourrait encore citer les Bains de la reine, près de Mers-cl-Kebir, la source ferrugineuse et alcaline d'Aïn-Skliaklina, près d'Alger, la source sodiquc de Ben-Haroun en Kal>ylie, les eaux salines et ferrugineuses de Rira, près Milianali, etc. La plupart de ces sources étaïcut connues et même jouissaient d'une grande faveur parmi les indigènes. < Le goflt prononcé des orientaux pour le merveilleux a toujours fait entourer chez eux de mysticisme et de poésie les phénomènes que t'tntellîgcnce commune ne parvenait pas i\ traduire d'une façon ordinaire. Des ré-cits plus ou moins empreints d'étrangetû et do fantaisie devaient donc naturellement s'attacher à l'éclosioti des eaux minéro-thermales. Pas une source un peu importante de ce genre qui ne possède ainsi son baptême de bizarre singularité. » (Bruthcranu, Eaux miiiéralt's (VAlfféne.) — L'administration ne s'est guère préoccupée de ces légendes, mais elle a eu le bon sens de suivre d'abord les errements tout tracés, puis d'apporter peu à peu dans la distribution et l'aménageraent de ces eaux tous les perfectionnements que comportait la science modernct. On ne saurait trop louer cette sage prévoyance qui sans doute portera bientôt ses fniits. Grâce au climat de l'Algérie, le traitement par les eaux peut en effet 6tre suivi pendant toute l'année, ainsi que dans nos eaux pyrénéennes d'Amélie-lcs-Bains on du Vcrnet, et, comme on rencontre dans notre colonie tontes les variétés de sources qui ont fait la fortune de certaines villes, il est probable que les baigneurs finiront par connaître le chemin de nos stations algériennes. Ce jour-l& un nouvel élément de prospérité sera assuré i\ notre France d'outre-mer.

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