LA PRODUCTION INDUSTRIELLE
Indostriet dérivant du K-gue anima]. — Industries dérivant du nigue végétal ^ Industrie) dérivant
dn régne minéral. •— Industrie^* mixtes.
L'industrie est encore peu développée en Algérie. L'absence de charbon sur place sera toujours la grosse difliculté à vaincre ; mais, partout oîi le débit des rivières est suffisant, les chutes ont été utilisées pour des moulins, des distilleries, des tanneries , des exploitations forestières, etc. Sans doute bien des progrès restent encore à accomplir, mais nous avions tout à créer, outillage, matières premières, usines, et, par ce qui a été déjà fait, nous avons bon espoir pour l'avenir.
Industries dérivant du règne animal. — Dans presque toutes les localités importantes on trouve des tanneries. II y en a d'indigènes à Alger, Constantine et Tlemcen. Les Arabes préparent des peaux de bouc pour servir d'outrés. Les Kabyles ont conservé l'art de teindre en noir et en jaune, mais pas en rouge. La cordonnerie européenne est partout fabriquée, mais il y a d'importants ateliers indigènes & Alger, Tlemcen, Oran, Bone et surtout Constantine. Cette dernière fabrique livre jusqu'à quatre mille paires de chaussures par jour. Ou rencontre également partout des selleries, mais les harnachements indigènes sont fabriqués à Constantine, Msila et Mostaganem.
L'industrie do la salaison des poissons est en grand progr^-s. Kii 1874 le petit port dcCollo exportait 5,774 quintaux de poissons salés. Les sardines de lîoiigiu et les barbeaux du lac Felzara sont très réputés. On sale encore A ïakoucli, Stora, Arzew et Castiglioiie.
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L'industrie du corail est une industrie tout algérieDnc. En 15^0 des négociants français exploitaient déj)\ la côte depuis Tabarka jusqu'à Bone. Un traité conclu, le 24 octobre I83:i, avec le bey de Tunis Doos a concédé te droit exclusif de pêclie dans les eaux tunisiennes. La poche se fait par des fonds de 60 à 20O mètres , et k des distances
OÉOr.BAPlIIE ÉCONOMIQUE.
vanaQt entre G et 31 kiloniMrvs au lar;;c. Kn 1873 trois cent dix-litiit barques eervaicnt h cette exploitation. On u'en comptait que deux cent vingt-Iiuit en 1874.
Indiistries tirées (ht rhjni- véjétnl. — Oii trouve dans toute l'Alg^Srie des minoteries et des fabriques de semoules et de p'itcs alimentaires.
Une do ces mîtioterics ^-taUic sous la paroi verticale du rocher de Constantine est une véritalilo usine qui ne compte pas moins de trente-denx paires de menlcs. Celles de Medcali et d'Alger sont également fort importantes. Les scnumlcs algfîricnncs sont excellentes à cause do la ricliessc du gluten. Quant aux pâtes alimentaires, elles sont couronnées à touti-s les cxpositiiiiis. Nous avons d^^j\ ptirlC- des tabacs,
dont la réputation commence à sYtendre. La fabrication dos Iitiiles laisse encore A désirer, surtout en Kabylic, où les indigènes emploient des procédés rudimentaires qui dénaturent la qualité et diminuent la quantité de la matière fabriquée.
La distillerie est, au contniiro, en progrès, surtout depuis que la culture de la vî;;nc a permis de fabriquer des eaux-dc-vie indigènes. Quelques industriels se sont même fîiit un renom par rexcellence et la nouveauté de leurs produits : u rhilippeville M. Picon avec son amer, à Constantine M. Mercier et à Alger MM. de Rivoire et Isnardi avec leurs vermouths. On cite encore le bitter hygiénique de Maithad,la crème de mandarines, le ratafia de mdres. Enfin on a essayé de distiller des figues, des oranges, des caroubes et même du sorgho.
L*usage de la bière s*est répandu , surtout depuis l'arrivée des colons d'Alsace-Lorraine. Dans presque toutes les villes on trouve aujourd'hui des brasseries. L'orge est excellente, mais on est obligé de faire venir du houblon de France. Il est cependant à présumer qu'on doit trouver en Algérie des terrains propices A la culture de cette plante.
La papeterie est encore à l'état rudimf ntaire, mais, comme on a sous la main la matière première, l'alfa, il est probable qu'on installera d'un jour k l'autre d'importantes usines. A l'heure actuelle on ne peut citer que celles de îlontebello et de Batna.
Les plantes et les fleurs à essences sont cultivées et traitées à Blidah, Boufarick, Cheragas, Bone, Philippeville, Mostaganem. L'essence & la mode parait être celle de l'eucalyptus. On s'en sert à la fois pour la distillation et la médication. N'a-t-on pas imaginé d'en faire de la poudre, des alcoolatures, du thé, des capsules, des pilules au suc exprimé, des cigarettes d'écorce, de la pâte pectorale, du vin, et des produits de toilette? Cette Industrie est exclusivement algérienne. La grande fabrique de ces produits est celle de M. Leroux, à Boufarick.
Parmi ces industries végétales nous citerons encore le crin tiré de la feuille du palmier nain, et qui s'exporte dans le monde entier ; le coton égrené à Mostaganem et à Saint-Denis du Sîg; le liège ; l'écorce à tan ; la vannerie exclusivement réservée aux indigènes ; la corderie de chanvre» de diss ou d'alfa. Depuis quelque temps on commence à
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rcclierclier les coffres et les coffrols incrustés, aiiisii que les meubles en thuya ou pistacliier, et les plîicnges provenant ilcs loupes du c^drequï sont reniarqualilcs par la beauté des veines.
Industries tirées ihi rhjm minera!. — A cause de la cherté' de la houille, l'Al-iérie est obligée d'exiTOrtcr ses minorais. Presque parlent les hauts fourneaux sont éteints. Les premières compa^iiîos romiées pour l'exploitation des rlclicsscs minières n'ont pas réussi : celles ilc Mouzaïa et de Teuès ont même abouti :\ de véritables désastres. Celle de Garronbau a dû être abandonnée malgré sa richesse, faute de dé-
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bouché-s. Pourtant on fabrique encore des armes dans toute la Knbylîe, à Sétif et à Tlenicen; de la coutellerie h. Itoii-Sâitda. l-a bijouterie grossière, d'après des types consacrés et des modèles aiitif|ucs, est entre les mains des Juîfs. La poterie se trouve ;\ peu près partout, surtout en Kabylie, A la Calle, Guelma, Dellys, Chercliell. Comme on ne connaît pas l'iisage du tour, les pièce» sont montées JV la main, mais elles dénotent un certain goût. La verrerie se fabrique à Coleah ; les briques et les tuiles partout.
Industries mixf's. — Nous citerons parmi les principales les habillements, surtout indigène!;. Ils sont assez estimés, non k cause de leur beauté, mais pour leur solidité. Los tapisseries algériennes étaient
jadis fort tf'-putées. Les amatenrs les reclierctient avec empressement àcausG de la vam-tt; des dessins et de la soliditi! de la couleur. On en fabrique encore, maïs en petite quantité, i\ Hîskra, Mascara et Constantine. Quant aux effets militaires, & la savonnerie et & l'imprimerie, Alger, Oran et Constantine en ont conservé le monopole.
Bien que peu dévcloppc-e, l'industrie algérienne est donc suffisanimeot varice. Sauf pour les industries clc luxe , qui , d'ailleurs, ne trouveraient sans doute pas leur placement en Afrique, l'Algérie se suflit d^jtV k elle-même. Combiei) est-il de colonies qui, cinquante ans seut après leur fondation, mériteraient un pareil éloge ?
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