LE COMMERCE
Lr oomnicrcc co Algûric. — Imi>ortationfl. — Exi>ortation«. — Conunuuications maritimos. — ToiU algérieiu. — Yoie^ de commun icatioD. — Clicmiu." du fer. — Relations entre rAlgvriv et le Souilan. — ht» explorations françai^cA au Sahara. — Paul Sulvillet. — I>i>nrn:iux>Du|ivrv. — Larp:an. — Saj. «» Le Tianssaharien. — Mission Choi^y. — Mls-xiou Hnttvrs. — Mii>Hion Poiiyannc. — Olfjectîons cootre le TianMaharico. — Avantagea du Transsabaricn.
II est difficile de connaître la situation du commerce algérien avant roccupation française. Shaw, dans ses Travch in Darhary^ rapporte bien que T Angleterre, vers le milieu du siècle dernier, recevait quelques tonnes de grains algériens, et qu'une compagnie française ache* tait des céréales et des bestiaux sur le littoral africain. On sait en outre que les maisons Busnacb et Bacri alimentèrent nos départements du Midi dans les années de disette 1792 et 179G, et que le corsaire Barbastro en 1812 fournit des vivres en Espagne aux soldats du maréch<il Sucliet : mais ces données manquent de précision et n'ont qu'une valeur relative. P-n 1822, huit ans avant la conquête, Sbtiler, dans son Ksqtitssc de VEtnt (T Ahjcr (trad. Biancbi, 1830), résumait ainsi, pour toute la Régence, le cbiffre de Timportation, 6,068,(XX) francs, et celui de Texportation , l,474,0f)0 francs. Le mouvement commercial n'était donc que de sept millions et demi. Il se décomposait comme suit :
Importations :
Angleterre. PnKloîtH manufacturés 2,700^ (K»0
Rsi^agnc. Soieries, poivR^s, cafés 1,200,000
France. Sucre», cifcs, étoffes, métaux 1,088,000
Levant. Soie brute et manufiu^turée 540,000
France et Italie. Bijoux, fuutsiisie. 540,000
ToUl 6,0C8,0iK)
Exportations :
Laine 864,000
Peaux 432,000
Cire .* 97,000
Plumes d'autruche, et divers 81,000
Total 1,174,000
Ou aura remarqué que rexportation du blé était interdite, Eoi-di- 8ant pour éviter la disette.
Certes le mouvement des affaires était plus que mesquin, mais, à la suite de notre occupation, cette situation changea rapidement et les chiffres ne tardèrent pas à s'élever. On en jugera par le tableau suivant :
Importations.
EzportitioD:;.
1,470/MX)
Jusqu'en 1850 l'Algérie fut traitée comme un pays étranger : les produits algériens no purent entrer librement en France qu'à partir du 1*' janvier 1851, et encore n'osa-t-on proclamer en principe la franchise de ces produits; on en dressa une liste, et on déclara exempts de droits tous les objets qui s'y trouvèrent compris. Enfin la loi du 17 juillet 18C7 reconnut la franchise de toutes les importations. A l'heure actuelle on distingue cinq catégories de marchandises :
OÉOISRAPIIIE KCONOMIQUK.
VA
V celles qui ne fij^iirent sur «lucun tarif, et sont exeniptc's de tout droit, houilles, niat^^riaux de construction, outils ogricoles, etc.; 2* marcliandises .originaires de Tunis, du Maroc et du sud de TAIg6rie, également exemptes <Ie tout droit, si elles sont importées par voie de terre; V denrrcs soumises à des droits fiscaux, sucres, thés, cafrs, vanilles, alcools, vins, tabacs, huiles minérales; 4" denrées soumises au payement du tiers des droits applicables en France, fonteSifers, aciers, produits chimiques, etc.; 5" denrées soumises au payement intégral des droits applicables en France, tissus, bâtiments de mer, etc.
Quelques chiiïres nous permettront de mieux juger la constante progression du mouvement commercial en Algérie depuis 1851.
Importations :
Eq inrii
En 1871
216,5Hîl,2U
loo,4r»7,»:»:)
â:lG,(H 10,01.';
Quant & la nature des marchandises importées, ce sont des viandes salées, graisses, fromages, farines, riz, légumes, sucres, café, tabac en feuilles ou fabriqué, huiles d'olive ou de graines, bois à construire bruts ou sciés, houilles, fontes, fers, aciers, savons, eaux-dc-vie, poteries et faïences, tissus divers, papiers et cartons, peaux préparées et ouvrées, ouvrages en métaux, poivre et piment, houblons, etc. Voici la proportion dans laquelle les divers ports de F Algérie ont concouru, en 1874, à ce commerce d'importation.
Alger 30,20 %
Oran 35,15
PliilipiievilK* 15,02
Rinc 0,20
Mostaf^neni 1,43
Bougie 48
Nt-moure 25
LnCallo 18
Djîiljelli
DcIIy»
Aracw
Ten«8
Mer8-el-K«*Iiîr
Stom
CoUo
Chcahell
Dans cette même année 1874, il était cntro dans ces diiïérents ports seize cent quarante-cinq navires français, douze cent trente-neuf espagnols, cinq cent soixante-sept italiens, trois cent soixante-douze anglais, soixante-quatre suédois et norwrgiens, cinquante-cinq autrichiens, quarante-deux marocains et tunisiens, vingt-huit portugais, sept allemands, six hollandais, six grecs, cinq américains, trois russes, trois belges^ un turc : En tout quatre mille quarante- trois navires, qui jaugeaient 999,625 tonnes.
On aura remarqué que les navires étrangers qui trafiquent avec TAlgérie sont bien plus nombreux que les navires français. Il y a h\ une situation mauvaise. Si nous ne voulons pas voir dans le Midi tomber à néant notre marine marchande, il faut, de toute nécessité, augmenter nos communications avec l'Algérie.
Les chiffres de l'exportation sont plus significatifs encore, car ils accusent la véritable richesse de la contrée. On croyait au début que l'Algérie ne produisait rien. II est vrai qu'elle n'envoyait pour ainsi dire rien au dehors. Peu à peu cependant on tira parti de ses ressources, et, comme il arrive toujours quand on cherche, on finit par trouver. Voici la marche des exportations depuis 1851 :
En 1851