‹ L'AlgérieChapitre 25 sur 52 · J'AI · texte numérisé non relu

J'AI

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tant} qu'il Huit toriitj<j tcrriUciiicut (J'oau cIcj'IiIn la liiort du Pro[iliî;tv, car j'ai lu dans le Coran «m'cllf n'en couvrait alors que le tiers. > Un

autre chef arabe soutenait i\ M. Say que la terre est appuyée sur les cornes d'un taureau, lequel se tient sur une grosse pierre qu'un énorme poisson porte sur son dos. Cette ignorance astronomique n'empcclie pas les indigènes de raisonner très juste en matière agricole. Ils apprécient vivement les puits artésiens, et seraient disposés à en favoriser l'exécution entre Tuggurt et Gliadamès. On ne saurait trop insister sur ce point, car il se peut que la création des puits artésiens soit notre meilleur et, à vrai dire, notre unique instrument de conquête dans le Sahara. Déjà l'on sait dans le Soudan que les Français ont commencé & s'avancer dans le cœur du désert, en faisant jaillir l'eau sous leurs pas, de distance en distance, et on attend avec confiance, on espère même, qu'ils pousseront un jour ou l'autre leurs lignes de puits jusqu'au Niger. Forer des puits artésiens , reliés les uns aux autres par des routes, qui seront bientôt fréquentées par toutes les caravanes, c'est là en effet le moyen le plus sûr de rattacher à l'influence française tous les pays qui s'étendent entre l'Algérie et le Sénégal. Largeau et ses amis arrivèrent. & Ghadamès le 5 janvier 187G. De curieux événements mais aussi de graves déceptions les y attendaient. Une bande de pillards, composée de Touaregs et de Cliambâas, attaquât toutes les caravanes, qui, dans cette saison, se rendent à Ghadamès. Le gouverneur de la ville résolut, comme c'était son devoir, de courir sus aux brigands et de dégager la route. Pas un seul Ghadamésien ne répondit à son appel. En revanche Largeau, ses compagnons, les hommes de l'escorte et quatre cavaliers turcs se proposèrent. On accepta leurs services, mais on ne put ou on ne voulut pas trouver de montures pour nos compatriotes qui durent, à leur grand regret, rester en arrière. Alors commença à la poursuite des brigands une course folle de soixante et douze heures, qui se termina par un san* glant engagement. Deux Ghadamésiens restèrent sur-le-champ de bataille, mais ils avaient tué cinq brigands et en avaient blessé six. Les restes de la vaillante troupe s'attendaient t\ une réception enthousiaste à Ghadamès : ils ne rencontrèrent qu'ingratitude et indiiTérence. Largeau ne put même obtenir aucune indemnité pour les familles des victimes. En outre les négociants, qui devaient partir avec nos com-

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patriotes, craignant d'être inquiétés par les coureurs du désert, et dissuadés par des agents tripolitains qui les menaçaient de la col^re du bey s'ils entraient en relations avec l'Algérie, renoncèrent à leur voyage. Nos compatriotes quittèrent alors Gliadamès (21 février), écœurés du manque de foi et de la poltronnerie des indigènes, et emportant la conviction qu'il fallait renoncer h se servir de Olmd.imès comme point d'appui pour les caravanes allant d'Algérie au Soudan.

flf. 164. — Lci tombcanx dex^BcDOQ-DjcUab, anciens imitant «le Tug>pirt ; {«b^ito^n^phlc OMninaniquée |i«r M. Laifna.

M. Largeau ne s'est pas tenu pour battu. Il a repris en 187G le chemin du Sahara, résolu cette fois à visiter Toasis d'Insalali, et, si .les circonstances le permettaient, à explorer le mystérieux massif de Aliaggar. Jusqu'à ce jour r«iccès de cette Suisse arricaine n'a pas été facile pour des chrétiens et surtout pour des Français, attendu que ce massif, isolé dans le Sahara, i\ égale distance de la ^léditerranée et de l'Atlantique, a souvent servi de refuge à nos ennemis algériens vaincus. M. Largeau était cette fois aidé par le gouvernement qu'avait touché sa persévérance. Il visita le bassin de l'oued Rhir, et arriva î\ Ouargla, oîi il fut obligé de faire un long séjour. Au moins profita-t-il de cet arrêt pour faire des découvertes ar(h<'ol(>;;îqui'S fort curieuses, relatives

au s/jour et a\ rétablissement au centre de l'Afrique cVliommes de l'a^e

de pierre, c'est-îVdire d'hommes ayant v<?cu i\ une époque fort reculi^'e, où les seules armes à leur usage étaient des armes ih pierre. Ce ne fut que le 11 septembre 187G que Largeau put continuer son voyage dans la direction d'Insalali. Deux mois auparavant, il avait fait prévenir les maîtres de cette oasis de son intention d'arriver jusqu'à elles, et il interprétait leur silence comme un acquiescement à sa demande; mais il fut arrêté dans son voyage par une lettre de Témir, l'avertissant que le sultan du Maroc avait défcn<lu aux habitants d'Insalah de laisser pénétrer chez eux les chrétiens. C'était la même politique qui avait déjà fermé le chemin de cette ville à Soleillct. L'iiésitation n'était pas permise à Largeau. Apprenant que des p.irtis de Touaregs et de Chambuas s'étaient lancés s\ sa rencontre et l'attendaient un peu plus loin sur la route, il revint par un autre chemin à Ouargla. Cette fois encore l'expédition avait échoué.

Pendant que Largeau était ainsi arrêté devant cette insaisissable In- • salah, un de ses compagnons de Ghadamès, l'enseigne de vaisseau Louis Saj, suivi de MM. Caillol et Fourreau, s'engageait dans le sud, au-deh\ d'Ouargla, et arrivait jusqu'à l'oasis de Temassinin, après avoir passé en vue des tribus Chambaas révoltées. C'était un acte de témérité qui pouvait lui cofiter la vie. Fort heureusement pour lui, quelques-uns de nos alliés lui servaient d'escorte et l'assurèrent de leurs bonnes dispositions. Il put rentrer sain et sauf en Algérie, ajoutant un nouveau nom & ceux des Européens repouss<'s par le Sahara.

Le Sahara en effet, même à l'heure actuelle, est entamé mais non dompté. Insalah et le Ahaggar se dressent encore, inviolées, dans leurs solitudes, comme les citadelles du désert, et la vérité nous force & reconnaître que nos divers explorateurs, malgré leur courage et leur capacité, ont tous échoué. Que ce soit dans la direction d'Insalah ou de Ghadamès, qu'il s'agisse du Ahaggar ou du désert proprement dit, nous nous sommes jusqu'à présent heurtés à la résistance politique et au fanatisme religieux des Sahariens. Ils s'imaginent qu'en pénétrant dans leur pays, nous voulons le soumettre i\ nos lois, et, bien qu'ils comprennent la supériorité de notre civilisation, ils préfrrent leur rude in-

Mv.t

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dépendance. C*est surtout au nom de la religion qu'ils nous repoussent. Fanatisés par leurs marabouts, ils nous haïssent en qualité de chrétiens. S'il nous falLiit, quelque jour, entrer en lutte avec eux, nous aurions à triompher k la fois de leur résistance nationale et de leurs haines religieuses. Ce ne serait pas une médiocre besogne que de leur imposer nos lois.

A vrai dire ce n'est point par la conquête brutale que nous réussirons à planter notre drapeau dans le ^Sahara, c'est uniquement par la civilisation. Les puits artésiens nous ont déjà valu de solides et précieuses amitiés : mais voici qu'il s'agit, en ce moment, d'une œuvre autrement gigantesque, et dont les résultats seraient plus rapidement appréciables. Il est en effet question de jeter à travers le Sahara une gigantesque voie ferrée et de réaliser ainsi, sans verser une goutte de sang, l'œuvre ébauchée par nos explorateurs. Il s'agit en un mot de construire le Transsaharien.

Pour rendre à chacun l'honneur qui lui revient, nous reconnaîtrons volontiers que c'est à Paul Soleillet qu'on doit la première idée de ce chemin de fer. Lors de son voyage manqué à Insalah , H reconnut dans les dunes de sable d'El-Goleah un passage, qui permettrait de sortir facilement de l'Algérie et de se rendre dans le bassin du Niger moyen, soit par une route carrossable, soit par un chemin de fer. Ce projet fut repris par AL Duponchel, ingénieur en chef du service hydraulique dans les départements de l'Aude, de l'Hérault et du Gard, et dès lors entra dans le domaine des entreprises réalisables, grâce à la haute compétence de son nouveau patron. Certes, & première vue, l'idée de construire un chemin de fer à travers cet interminable Sahara, dont nous ne connaissons qu'une si faible partie, semble une pure utopie, et c'est ainsi qu'on la jugea, lorsc^ue Soleillet en parla pour la première fois. Largeau lui-même, questionne sur ce point par M. Duponchel, mit plus d'un an i\ lui répondre, parce que tout d'abord l'idée lui parut absolument folle. Pourtant ce qui s'était passé aux P^tats-Unis aurait du servir de leçon. Un beau jour quelques ingénieurs se réunissent et décident qu'il faut joindre par une voie ferrée l'Atlantique au Pacifique. Aussitôt ils se mettent à l'œuvre,

et bientôt, grâce à leur ^*nergie, h leur persévérance, les deux mers sont nniesi et par quel travail prodigieux! De New- York à San Francisco 6,000 kilomètres à franchir, des montagnes gigantesques à traverser, des déserts ou des plaines parcourues par de ff'roces ennemis. Pourtant les obstacles ont été vaincus, les montagnes ont été esca1a<lées, les vallées aplanies, les fleuves et les déserts traversés, les Indiens soumis, et voici que, des deux c^ités de cette voie nouvelle, sortent de terre de grtindes cités et se pressent de confuses multitudes. Ce qu'on a fait aux États-Unis, si bien et si vite, ne peut-on pas le recommencer en Afrique? Il n'y a que 2,600 kilomètres à franchir, psis de montagnes à percer, pas d'avalanches à redouter, pas de cours d'eau à traverser, et, de plus, aux deux extrémités de la ligne i\ parcourir, on se trouvera dans un pays riche, abondant en ressources, en communications faciles avec la métropole. Donc au travail, hardiment, et & bientôt lu pose du premier railway!

Le Transsaharien, ainsi qu'on appelle le futur chemin de fer, est tout de suite devenu populaire. Le gouvernement a nommé une grande commission, composée d'hommes compétents, ingénieurs, savants et oflliciers, qu'il a chargés de se préoccuper des voies et moyens. Les membres de cette commission ne sont pas encore parvenus à s'entendre, mais ils ont échangé de nombreuses idées, et encouragé l'envoi de plusieurs missions préparatoires dont nous devons ici résumer les travaux.

Deux tracés ont été proposés; le premier qu'on pourrait appeler le tracé oriental, et le second le. tracé occidental. M.Ohoisy, ingénieur en chef des ponts et chaussées, et le colonel Flatters ont été chargés de reconnaître le premier tracé; M. Pouyanne a étudié le second. Ce sont trois missions distinctes, qui toutes n'ont pas également réussi.

M, Choîsy devait étudier et comparer deux itinéraires, P celui de Laghouat à El-Goleah, 2'' celui de Biskra à Ouargla. Il prit avec lui deux ingénieurs, un médecin, divers agents inférieurs, un membre de la famille des Oulcd-Sidi-Cheick h cause de son prestige religieux, et cent dix chameaux. Parti de Laghouat le 17 janvier 1880, il arrivait à El-Goleah un mois plus tard, après avoir traversé un terrain

OEUGUAI'HIK ECUNuMIUt'E. D

dur, rocailleux, et<!;rilc, sans tura- v^-g^-talt;, qu'on iiomnic le llmmiky et apr^B avoir sptkîatcniciit ^-t mlié 1 Y-iialssu liaiitlu de daiics de sal'k qn court de Galfès A rAlianti'Hic, et qu'on a[)iiclle VAreg. Soleîlittinit à(-ya. trouvas ilaiis l'Arcg un p,iss;ige de fi kilonifctrcs scuk'iucnt de lageur. M. Clioisy eut l'Iieureuse fortune d'on rvncoutrer an qui n'iviil que 1,5(K) nifctreK de largeur et qu'on pourra traverser par antunnd

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ii'il<(nte i«r M. Lufiai,

en tûle, analogue à ceux qu'on a construit» dans le clieniîii du fer du Pacifique pour Be pr<ïserver des avaUnclies dans la région des montagnes Rocbeuses.

D'El-Golcah à Ouargla le voyage fnt pénible j on traversait un ()aya ÎDliospitatier, sans eau, presque stérile. A partir d'Ouargla la sécurité reparut. Depuis cette ville jusqu'il Itibkra s'étend en eiïet connue nu long chapelet d'oasis oîi nos explorateurs rev*urent un accueil empressé. Le sol est plat, fortn'' d'alliivions qui ont la consistance du tuf. L'oued

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Rhîr offre une ligne d'eau continue. Les oasîs comptent 12,800 habitantSi et 430,500 palmiers en plein rapport. Kn outre on peut détourner dans cette direction le commerce du îl'zab, du Souf et des Zibans. La section de Biskra à Ouargla parait donc préférable à la section de Laghouat à El-Goleah, et M. Choisy n'hésite pas i\ la recommander comme tête de ligne du futur Transsaharien. Ce premier voyage a donc réussi : M. Choisy a parcouru 1,250 kilomètres en quatre-vingt-dix-sept jours, et il a ramené tous ses hommes sains et saufs.

Le lieutenant-colonel Flatters, établi depuis quatre ans i\ Laghouat, et désireux de s'illustrer par une exploration scientifique, demanda la permission d'organiser une mission chargée de traverser le Sahara de part en part. Il s'agissait d'arriver au pays des Touaregs, de visiter la sebka d'Amaghdor, de gagner le pays d'Aïr, et de gagner de là le Niger. On lui adjoignit quatre officiers, un ingénieur de l'État, M. Béringer, un ingénieur des mines, M. Roche, le docteur Guiard, et une escorte de cinq cents hommes bien armés.

Le 5 mars 1880 la petite armée quittait Ouargla, mais elle y rentrait deux mois plus tard, le 17 mai; le voyage n'avait pas réussi. Sans doute on avait franchi l'Areg, on était arrivé à l'oasis Temassinin, et même sur le territoire des Azkar, mais la mauvaise volonté des guides s'accentuait, la chaleur était accablante, et les ressources s'épuisaient rapidement. Il fallut revenir en arrière. An moins avait-on reconnu 600 kilomètres de tracé. Aucune difficulté sérieuse pour le Transsaharien, même dans la région de l'Areg. On n'aurait presque qu'à poser directement les rails : mais c'est le pays de la désolation. Sur un trajet de 800 kilomètres,' ou ne rencontra qu'un seul habitant, un nègre, gardien de lazaouia de Temassinin. A peine si une centaine de nomades parcourent ces sinistres solitudes. Partout dés sables et des cailloux calcinés par un ciel de feu, et les lignes monotones d'un sol dénudé. Le terrain présente même des teintes lugubres à cause des débris de silex noir et de calcaire qui le parsèment. Il n'y a aucune chance de ressusciter ce pays maudit. On peut le traverser à toute vitesse, on ne s'y établira jamais.

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Le colonel Flattcrs, malbeureuscmeut pour lui, ne s'est pas tena pour battu. Il a organisé une seconde esi>é(lition avec les nicnies éléments que la précédente comme état-major. Les hommes d'escorte furent seulement choisis non plus parmi les volontaires Chambâas, mais parmi les indigènes appartenant aux régiments de turcos et de spahis. Deux cent cinquante chameaux portaient les provisions d'eau et quatre mois de vivres. La caravane était divisée en cinq sections, chacune ayant même quantité de vivres, d'argent, de munitions, pouvant, en un mot, se suffire à elle seule, si 'les circonstances voulaient qu'on se trouvât séparé. Le 24 novembre 1880, Flatters partait de Laghouat et gagnait Ouargla. D'abord tout alla bien. Les indigènes semblaient accueillir, sinon avec empressement, au moins sans hostilité nos compatriotes. Ils envoyaient régulièrement de leurs nouvelles. C'est ainsi qu'on apprit qu'ils remontaient la vallée de l'Igharghar, et s'apprêtaient à pénétrer dans le Ahagghgar avant de descendre sur la sebka d'Amador.

Le l*' janvier ils étaient à Hassi-ÎIesseguem, puits déjà visité par Rholfs en 1854. Le 19 à Amgria, et le 29 à Irellman-Tikrin, près de la saline d'Amaghdor, en plein pays touareg. Tout à coup le silence le plus absolu, et, peu à peu, de mauvaises nouvelles qui circulent sourdement. Ne parle-t-on pas du massacre de toute l'expédition par les Touaregs ! Bientôt ces nouvelles acquièrent de la précision. On voudrait douter encore ; mais enfin la vérité se faft jour, et elle ^st navrante!

Le cheick des Touaregs- Ahaggar, Ahitarhen, venait de se décider à entrer en négociations avec les Français. Il leur avait même envoyé un de ses parents, Chikat, qui leur promit des guides. Afin de profiter de ces bonnes dispositions, la colonne se remit en marche. Elle pensait arriver au le puits d'Assiou, au nord du pays d'Asben. Elle avait déjà atteint la contrée qui sépare les Touaregs du nord de ceux du sud, lorsque, le 16 février, sans doute non loin du village de Tarhadjît, 1 plus affreuse des morts est venue la surprendre.

Les Touaregs, malgré leurs protestations, avaient décidé l'exteniiination des Français. Le guide qu'ils avaient donné à Flatters étiût dans le complot. C'est lui qui persuada à rinforluné d'établir un campement

dans «Il emlroîl susiKîct, oîi l'attemlaîcnt en omlniscadc plusieurs centaines d'ennemis. Le colonel, eaim <Mliance, le suivit avec son é^aXniaj'or et quelques soldats. II avait laissé en nrrif-rc le gros de ses forces BOuy le coinmnndenicnt du lieutenant Dinnous. Quand il aperçut ces niasses de Touaregs qui déhoucliaietit de toutes parts, il alla au-devant

Vl(. tW. — Vpï rue CMicric 4 ObxUiu&t; epinUili JL

d'eux et les salua, mais voyant qu'ils mettaient le sabre en main, il essaya de monter achevai. Un traître, un certain iSgliir-beD-CIieick,qui était allé l'année précédente i\ Alger, et A qui Flutlcrs témoignait toute sa confinnce, le frappa le premier. Le colonel se défendit avec son revolver, mais nn deuxième coup de saltrc l'atteignit & l'épaule, un troisième lui coupa les jarrets, puis il fut traversé d'une quantité de

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coups (le lance. Au nicme moment tombait le capitaine Masson. I^ docteur Guîard fut frappé & la nuque. Le maréchal des logis Dcnncry fut tué à coups de sabre. Les deux ingénieurs Roche et lîéringer, qui étaient occupés i\ faire le levé du terrain , sont probablement morts, bien que personne ne les ait vus tomber. Dix-neuf hommes <le Tcscorte succombèrent après avoir épuisé leurs munitions. Quatre seulement parvinrent h s'é'chapper et portèrent l'affreuse nouvelle au lieutenant Dianous.

Le premier mouvement du nouveau chef de la mission fut de courir au secours de ses compagnons. La route était accidentée, entre deux grandes montagnes coupées de ravins, au milieu desquels se trouvaient six à sept cents Touaregs. C'eut été folie de les attaquer. Di<anouK dé*cida la retraite aQn de sauver le reste de ses hommes. II n'aperçut pas les cadavres des victimes, mais constata que lajument du colonel et celle du capitaine Masson étaient montées par Sghir-ben-Chcick , et par le guide qui avait attiré nos compatriotes dans le guet-apens.

Dianous avait encore soixante-trois hommes sous ses ordres. Craignant une attaque immédiate, il ordonna tout d'abord de se barricader avec les caisses, mais les Touaregs ne parurent pas. <i Nous n'avons ni eau, ni vivres, dit-il alors A ses compagnons; si nous devons mourir, autant valent les balles que la soif. Donc en marche sur Ouargla! )> Jusqu'au 8 mars la retraite no fut inquiétée que par le manque d'eau et de vivres et par quelques alertes causées par les Touaregs. Le 8 quelques Touaregs rejoignirent le détachement, jurèrent sur le Coran qu'ils n'avaient pas pris ^art au massacre, proposèrent des guides jusqu'à Ouargla, et offrirent de vendre tout ce dont on aurait besoin. Les Français acceptèrent des dattes et les mangèrent; mais elles étaient empoisonnées par une herbe vénéneuse, l'c/ic/Z/w^/. Les effets du poison produisirent de véritables accès de folie. Le lieutenant Dianous tirait des coups de fusil sur les siens. On fut obligé de le désarmer. Le lendemain 10 mars, à Amdjid, les Touaregs se présentaient de nouveau et profitaient de l'affaiblissement de nos soldats pour les attaquer. Ce fut un second massacre. Dianous et ses derniers soldats furent criblés de blessures et tombèrent. Les débris de l'expédition, dès lors comman-

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dés par le maréchal des logis Pobéguîn, réussirent pourtant h se frayer un passage et se barricadèrent dans une grotte qu'ils «lécouvrirent. Quatre liornmes de l'escorte réussirent à sortir de la caverne et arrivèrent t\ Ouargla le 18 mars. Ce sont eux qui les premiers firent connaître la catastrophe. Aussitôt on expédia une colonne au secours du détachement compromis, mais il était trop tard : elle ne recueillît que douze hommes exténués de fatigue et de faim. Pubéguin et quinze soldats étaient morts après d'atroces souffrances.

Il n'y a pas à se dissimuler que la réputation de la France est gravement atteinte par ce désastre, et qu'il nous ferme pour longtemps rentrée du Sahara. Le chef des Touaregs se vante d'avoir détruit une armée de chrétiens, et la grave insurrection qui vient d'éclater (juin-juillet 1881) dans le Sahara algérien, n'est sans doute que le contre-coup de cette catastrophe. Au nom de la science, et de la dignité nationale, il faut que Flatters et ses compagnons soient vengés. Ils le seront !

A l'autre extrémité de notre colonie, dans la province d'Oran, les travaux préparatoires du Transsahari^'n n'ont pas donné, jusqu'à présent, de meilleurs résultats. 51. Pouyanne , ingénieur en chef des mines, fut investi par la Société de géographie d'Oran de la mission de reconnaître un tracé partant de Mechéria et aboutissant au Toualt. II prit pour auxiliaires MM. Clavenard et Bailli, qui étaient déjà fort au courant de la question, mais, malgré leur bonne volonté, nos explorateurs ne purent s'enfoncer dans le pays que jusqu'à Tioilt, à 4C0 kilomètres de la côte. La crainte d'une attaque des tribus marocaines de la frontière les força à rebrousser chemin. Rien de plus fâcheux que ce contre-temps. Il est en effet indispensable de connaître la partie du Sahara qu'on nomme leTourit. Le Touât dépend du Maroc. Il compte 350 villages sur 300 kilomètres de long, et 160 de large. Sa population est au moins de 400,000 âmes. Il e^ parcouru par de nombreux cours d'eau alimentés par l'Atlas marocain. L'un de ces cours d'eau, l'cmed Guir serait mrme, d'après certaines indications, un affluent du Niger. On n'aurait donc, une fins arrivé au Touat, «ju'à descendre la vallée de l'oued Guir. Par malheur ces indications manquent de précision; et

GÉOtiBAl'llIK KCDNuMKjUE.

avant de tenter quoi que ce soit de si-ricux, des (îtiides sar le terrain Buiit indispensables.

Que si nous cumparuns les deux tracés proposés, nous oc cacherons pas nos préféreiiCi-'S pour le tracé occidental. A l'orient eu effet il y aura des difficultés de construction, il faudra traverser le Aliaggar, et

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le pays alpestre de l'Aïr ; à l'occideiit au contraire il n'y a que des vallées h suivre. D'un côté manque absolu d'eau, de l'autre de l'eau partout et en abondance. Ici psui de trafic, pris de liiif) kilomètres sans autre culture que les 2<>0 palmiers dc' l'oasis de TemaKsinio; là au contraire des oasis nombreuses, îles populations denses, un sol rertilc. Il n'y a donc [mis d'Iiésitation possible. C'est le tracé occidental qu'il faut choisir.

Il est vrai qu'une objection se présente. Le pays au trav(;rs duquel

on veut conduire le Traussaliarien appartient au Maroc, et nous ne travaillerons par conséquent que pour un ennemi plus ou moins secret. Remarquons en premier lieu qu'il n'y a pas a vrai dire de limites entre la France et le Maroc. Lors du traité de délimitation de 1845, l'article 6 stipulait expressément : a Quant au pays qui est au sud des ksours des deux gouvernements, comme il n'y a pas d'eau, qu'il est inhabitable, et que c'est le désert proprement dit, la délimitation en serait superflue, d En effet, lors de la répression des tribus maroccaincs qui nous avaient insultés, en 1870, le général de Wimpfen s'avança de 320 kilomètres dans le pays ennemi, sans soulever aucune protestation. Le Touat se considère si peu comme partie intégrante de l'empire marocain que, en 1857, quelques délégués de l'oasis demandèrent le protectorat de la France, qu'on leur refusa par insouciance, et que, en 1874, lors de la pointe du général deGallifetsur El-Goleali, ils songeaient à renouveler cette démarche. Nous n'avons donc qu'à vouloir, qu'à vouloir avec résolution et énergie, et demain le Touât est à nous. Aussi bien nous sommes heureux d'enregistrer ici cet aveu d'un Allemand, Gérard Rohlfs : < Avant tout, les Français devraient transporter leur frontière jusqu'à l'oued Messaoura, s'emparer de cette rivière et de ses affluents, ce qui entraînerait la soumission du Touât. Tant quils rCoccuperont pas ces ftontîhres naturelles^ ilrCy aura aucun calme durable dans le sud de la province (f Oran. ^

II nous est difficile de préjuger de l'avenir : nous ne savons par conséquent pas le tracé qui sera définitivement adopté pour le Transsaharien : nous croyons pourtant que de la période des discussions nous passerons bientôt à celle de l'action. Les objections néanmoins ne manquent pas, et plusieurs d'entre elles sont redoutables. On peut les réduire à quatre principales : V hostilité des Touaregs, 2'' grande chaleur. S"* ensablement de la voie, 4® manque d'eau. Examinons-les successivement.

Il est certain que les Touaregs', habitués à considérer le Sahara comme leur domaine, ne verront pas de bon œil la construction de cette route. Ils nous étaient déjà peu sympathiques : ils deviendront tout à fait hostiles le jour où nos ingénieurs et nos ouvriers paraîtront dans leurs

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solitudes. Qu importe! Nous nous trouvons vîs-iVvîs d'eux dans la même situation que les Aniéricains vis-à-vis des Indiens de la prairie; c'est-à-dire que nous veiions à eux les mains pleines de promesses et tout disposés à les bien accueillir; mais, s'ils repoussent nos avances, eh bien, une fois de plus, sera appliqu<!fe la triste et inéluctable loi de It concurrence vitale, et il est évident (|ue, dans ce conflit entre une société primitive et une civilisation rafliuée, ce ne sont pas les Touaregs qui l'emporteront. Ou bien ils se résigneront à subir l'ascendant de notre supériorité, ou bien ils seront écrasés. La première objection n'est donc pas sérieuse. Les Touaregs ne sont pas à redouter.

L'objection tirée de la chaleur est mieux fondé^e. La chaleur est écrasante au Sahara, qu'on a surnommé le paj/s de la soi/ : il est donc à craindre que les voyageurs n'osent pas s'exposer sur la nouvelle voie. Remarquons néanmoins que déjà les wagons circulent sans difficulté sur les lignes ferrées dans les régions équatoriales, par exemple en Amérique et en Asie. De plus, dans le Sahara même, des caravanes voyagent constamment pendant des mois entiers, et les hommes se trouvent en contact immédiat avec le sable brillant : pourtant ils achèvent leur voyage, et on a remarqué que, perchés sur des chameaux, ils ressentaient déjà beaucoup moins la chaleur. Nul doute que, sur des impériales de wagons, ils seraient encore mieux préservés, d'autant plus que le courant d'air résultant de la vitesse des trains leur apporterait un grand soulagement, f^ufin un voyage à travers le Sahara ne durerait pas plusieurs semaines, mais quelques jours, deux ou trois tout au plus.

L'objection tirée de rensablemeùt de la voie est beaucoup plus grave. Le vent, en effet, pousse sans cesse les sables mobiles du désert, tantôt dans une direction, tantôt dans l'autre, et les accumule sous forme de dunes qui peuvent devenir fort dangereuses. Il est vrtai que les parties du S<ihara où se produit ce désagréable phénomène sont peu étendues, et que, presque partout, le sol est formé de pierres plates, sur lesquelles il n'y aurait qu'à poser le ballast. Nous croyons cependant qu'il faut prévoir la construction d'abris contre les sables sur une partie du parcours. Ces abris ne seraient ni plus diffîciles ni plus coûteux à construire

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que ceux qui ont été construits aux Ktats-Unîs, clans la partie de la ligne qui traverse les montagnes rocheuses, pour la garantir des avalanches de neige.

Reste Tohjection principale, le manque d'eau, non seulement pour les voyageurs et les employés, mais surtout pour les machines. Jusqu'à Ouargla ou Laghouat on en aura suflisamment, mais jusqu'il El-Goleah ou Insahih, et surtout entre Insalali et ^J ombouctou, l'eau manque. Comment s'en procurer? Sans doute on pourrait en apporter dans le train, mais quel embarras, et aussi quelle charge! On répond encore que, sur le trajet, on rencontre trois grands bassins d'eau douce. Esziza, Anafis et Tadjidaït : mais ces bassins ne sont peut-être que des mares temporaires, souvent desséchées par les brûlants rayons du soleil. On ajoute que le Transsaharien traversera plusieurs rivières desséchées, dans le lit desquelles quel([ues sondages opérés à propos suffiront pour trouver de l'eau en abondance : c'est possible, mais cette eau on ne l'a pas encore vue, et il ne suflit pas de dire <( ici, je creuserai un puits artésien, i> pour que l'eau jaillisse au commandement. Donc, n'hésitons pas à le reconnaître, c'est h\ une grosse dilliculté, et les inventions de nos ingénieurs nous ont, jusqu'à présent, peu satisfait. L'un d'entre eux ne s'est-il pas avisé de proposer la création d'un canal, qui alimenterait sur tout son parcours la nouvelle voie ferrée!

Nous connaissons les objections : passons maintenant en revue les avantages opérés. Ils sont de diverse nature, politiques, commerciaux et sociaux.

Avantages politiques. — Le Sahara par lui-même n'est pas très peuplé, mais il donne accès à des pays populeux, le ]\Iaroc et surtout le Soudan. Il est difficile d'évaluer en ce moment la population du Soudan, car les données précises font défaut, mais, si le Transsaharien était exécuté, quel énorme débouché serait subitement ouvert à notre influence! Par l'état de demi-civilisation auquel sont déjà arrivées la plupart de ses populations indigènes, par l'étendue et la fertilité de son territoire, par les ressources relatives de sa navigation intérieure autant que par sa proximité de l'Algérie, « le Soudan se présente à nous dans des conditions de facile exploitation coloniale, qu'aucune

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GËOURAniIE ÉCONOMIQUE. M6

autre région de l'Afrique australe ou ^Mjuatoriale ue saurait oflrir à Tinitiative des nations, européennes. Sans vouloir amoindrir le mérite des explorations poursuivies avec tant de persévérance pour pénétrer le mystère géograpliiiiue qui environne encore les contrées intérieureS| qui s'étagent sur les flancs des hauts plateaux de TAfrique australci leur résultat ne saurait avoir pour nous qu'un intérêt de pure curiosité scientifique. C'est dans les larges vallées du Niger, du Tcliud et de leurs aflluents que notre commerce et notre industrie peuvent songer à s'ouvrir de larges et sérieux débouchés. C'est là que doivent être un jour les Indes françaises, le seul pays du globe sur lequel il nous soit permis de faire rayonner au large, et en toute lil)erté, notre expansion colonisatrice. ï (Duponcjikl.)

— Mais, dira-t-on, sera-t-îl facile de conquérir ce pays? Ouï, certes, car nous n'aurons pas aiïaire à une nation homogène, surexcité-e par des passions fanatiques, unie dans un même sentiment de résistance à nos armes, mais à deux races, distinctes d'origine et de religion, dont Tune opprime l'autre, les Arabes musulmans et les Nègres fétichistes. Selon que nous voudrons nous servir de l'une d'elles, l'autre sera réduite à l'impuissance sans un grand déploiement de forces militaires. A vrai dire, il n'y aura pas de résistance et toute notre politique devra être de faire tourner au bien et au profit commun le pouvoir dont nous aurons assuré la responsabilité. Rien de plus facile. Il suflira d'administrer des populations soumises, et de diriger, en régisseurs intelligents, l'immense ferme, dont nous aurons pris possession.

Avantayes économiques. — Ces avantages seront considérables, mais il • faudracompteravecle temps. Avec sa population nombreuse, son climat tropical, son sol fertile, le Soudan peut, en quelques années, nous fournir la totalité des denrées spéciales, que nous allons à grands fniis recueillir sur tous les océans lointains des deux Indes et de l'extrême Orient, sucre, café, cacao, épic(!S, etc. Il nous donne déjà des graines et des fruits oléagineux, du coton, des plumes d'autruche, des peaux brutes, de l'indigo, du riz, de la gomme, de l'ivoire et même de l'or. Nous, pourrons y importer des objets maimfacturés, tissus, quincaillerie, métaux ouvrés, et objets de luxe. Ce sera surtout une denrée de vente iinmé-

diate, le sel marin, ce condiment indispensable de la vie animale, qui enrichira nos négociants. A Theure actuelle, le sel, transporté de la cote à dos d'esclave ou de chameau, se vend à des prix excessifs. Or nous le remuons à la pelle dans nos salines d'Algérie, et nous pourrons le livrer, en quantités immenses, à un prix plus que rémunérateur. La compagnie concessionnaire du Transsaharien qui, par son cahier des charges, se sera réservé le monopole de la vente du sel, réalisera cha<|ue année, rien que de ce chef, des bénéfices représentant l'intérêt de son capital de premier établissement.

Avantages sociaux. — Certains théoriciens ou publicistes d'outre-Rhin riront peut-être de notre candeur, mais, enfin, nous croyons à la mission civilisatrice de la France. Au Soudan, comme ailleurs, nous resterons fidèles à notre rôle. C'est nous qui initierons à la liberté, au respect d'eux-mêmes et des autres, ces peuples, qui ne connaissent aujourd'hui que le despotisme et la servitude. N'obtiendrions-nous que ce résultat, nous estimerions n'avoir perdu ni notre temps, ni notre argent.

En résumé, pour étendre démesurément notre influence politique, pour ouvrir à notre industrie qui s'étjole, à nos capitaux inactifs, à notre jeunesse oisive tant d'éléments de richesse et de prospérité, que rîsquons-nous? Kieu que l'ouverture d'une galerie de recherches conduisant au centre d'un filon inexploité! Rien que l'établissement d'un chemin de fer, que les conditions locales nous permettront d'exécuter dans des conditions économiques inespérées !

En attendant la réalisation de ces projets gigantesques, il est une amélioration tout indiquée, facile i\ exécuter, et que Ton vient de commencer à mettre en pratique. Nous voulons parler de la création de foires, à la limite du désert, qui deviendront rapidement le rendezvous des caravanes du Soudan. Ou avait d'abord songé à Alger ; mais Alger est une ville trop française, et trop éloignée de l'intérieur. Jamais les Sahariens ne se seraient aventurés jusqu'à notre capitale. Cette erreur économique fut vite reconnue et on. chercha d'autres marchés. Il fallait une ville où convergeraient les routes, assez forte pour résister à un coup de main et pour être secourue en cas de danger, salubre, de &cile alimentation, et déjà en relations avec les indigènes. Trois

OéOliRAIMIIR ÉCONOMIQUE.

points furent clioisis, et, parait-il, bien choisis : Géryvillc, GarHaîa, Ouargla. Géryville est eu relations intcriiiiltcntea mais réellea avec lo Touiît et le îlaroc : tiiat]ietireu.seinent les Ii03tili(<;s constantes des trihus liniitroplies, et siirtont <lcs Otiled-Sidi-Cliuick, ont empêclit' jusqu'il pr<!scnt les foires projetées d'être tenues. Ganlaïa, la capitale de l'oasis du M'itah, présente de gran<1s avantages comme salubrité et alimentation d'eau, et les Mzabites, qui d«^jÀ nous servent

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d'intcniiédiaires pour l'écoulement de nos marchandises au Maroc ou en Tunisie, ont accueilli avec faveur la création d'une foire 'jui leur permettra de développer leur comiueree, et d'aclicter ]\ lias prix les marchandises venant de l'intérieur. Quant i\ Ouar<;la, il s'y fait déjA un commerce très, actif, et tout semble désigner cette ville Corinne présentant des chances sérieuses d'attirer le commerce de l'intérieur de l'Afrique.

La grande diflîcultc' sera toujours de vaincre l'indifférence ou les

défiances des Sahariens. Un publiciste très compétent, M. Denys de Rivoyre, proposait récemment d'étaMir à Ouargla, à El Goleah et dans d'autres oasis isolées des marchés libres, des sortes de ports francs, oîi, sous notre contrôle et notre protection, se tiendraient en permanence d'importants marchés. II proposait mCme, pour alimenter ces marchés, non pas précisément de rétablir l'esclavage, mais de permettre Tembrigadement , î\ des conditions déterminées, de travailleurs nègres, qui d'abord apporteraient sur leur dos les marchandises du Soudan, et ensuite s'établiraient en Algérie, où ils deviendraient d'excellents ouvriers. Ce projet pourrait bien ne pas être une utopie; mais il n'y a pas à se dissimuler que la solution de cet important problème économique ne se trouvera ni dans la création de foires, ni dans celle de marchés libres : c'est au Soudan qu'il faut aller la chercher! Les Sahariens sont pauvres et défiants, quand ils ne sont pas hostiles : c'est à travers le Sahara et malgré les Sahariens qu'il faut nous ouvrir un passage, volontaire ou forcé. Donc au Soudan! Droit au Soudan! C'est au Soudan qu'est l'avenir commercial de notre pays.

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