‹ L'AlgérieChapitre 26 sur 52 · ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION

CluDgeawnl< incc*iantii <taD> radminL'Crallon algirimne. — l>ct bureaux artlio civil* et nilltiiR — Le tctiiiuik aratie. — A'lmini<lmlion actuelle dn rAlp'iîe,

^AN'î4 une lettre qu'il adressait le 3 novembre 18C5 au maréchal de Mac îlalioo, gouvei^ near général de l'Algérie, l'empereur Napoléon III s'exprimait aiosî : < Sons toas les gouvernements qui se sont succédé, et mûmc depuis l'étahlissemcot de l'Empire, près de quinze systèmes d'organisation générale ont été essayés, l'un renversant l'autre, penchant tantôt vers le civil, tantôt vers le militaire, tanlcit vers l'arabe, tantôt vers le colon, produisant au fond beaucoup de trou)>Ic dans les esprits, et tort peu de bien pratique. Il s'agit aujourd'hui do substituer l'action îi la discussion. On a bien assez légiféré sur l'Algérie. » Certes l'eniiMîreur avait cent

fois raison. Dès 1865 on avait assez légiféré sur l'Algérie; malheureusement on n'a pas cessé depuis cette époque, et les systèmes ont continué à succéder aux systèmes, au grand détriment de la colonie. H suffit de parcourir la liste des principales brochures publiées sur la question pour se convaincre que le mal est au contraire allé en augmentant. Il semble que l'Algérie soit un champ d'expériences administratives; mais l'instabilité n'est pas un système acceptable de gouvernement. Sous prétexte d'améliorer, on détruit, ou bien on tourne dans le même cercle. A ce jeu dangereux s'usent les forces vitales du pays. II n'est que temps de substituer l'ordre à l'anarchie, d'adopter un système de gouvernement, quel qu'il soit, et de s'y tenir avec obstination. C'est à cette seule condition que l'Algérie pourra prospérer, et devenir pour notre France non plus une source d'embarras, mais un sérieux accroissement de puissance.

Dès les premiers jours de la conquête, il fallut songer à administrer les points occupés. Un fonctionnaire, dit intendant civil, fut chargé, avec l'assistance d'un conseil, de la centralisation et de la direction des affaires, sous l'autorité du gouverneur général, et les principaux services de la métropole furent transplantés en Algérie, sauf quelques modifications de détail. Quant aux Indigènes, on les soumit à des fonctionnaires nommés agahs des Arabes ; mais ce furent trop souvent des ser\'Iteurs de rencontre, qui ne présentaient aucune garantie, et qui nous empochaient de connaître les besoins réels de la population.

En mars 1832 furent potir la première fois organisés les bureaux arabes, qui devinrent un des meilleurs Instruments de la conquête. On nommait ainsi des bureaux, établis au beau milieu des Indigènes, et administrés par des officiers français, au courant de la langue et des mœurs du pays. Supprimés en 1834, rétablis en 1837, supprimés une seconde fols en 1839, \ls furent définitivement reconstitués en 1841 et 1844 par le maréchal Bugeaud. Ces bureaux devinrent rauxiliaire le plus précieux du commandement. Avait-on obtenu la soumission d'une tribu, occupait-on un nouveau poste, aussitôt on y Installait un bureau arabe, dont le titulaire, officier éprouvé par une longue Initiation, était chargé non seulement de la direction politique et administrative.

OÉOCBAPIIIE l'ULlTigUt.

mais encore du la rentrée des impûts, de la police, de la justice Bom* maire et de la conduite des youui.<, ou îndigiiues auxiliaires de boe soldats. Quelfjucs-uiis de eus otltcicrs, presque isoles au miliea Je populations liostites, sans cesse nienaeés, sentirent grandir en eux le

rif. III. — CiMBi, luiiKi'K uxilloirv.

sentiment de la rcsponsa1>ilit(.', et remtireiit d'éniincnts services. Prévenir les révoltes, apaiser les discussions, initier peu h peu les vaincus aux procédés et aux avantages de la civilisation, ménager leurs préjugés tout en maintenant liaut et ferme le drapeau national, c'était une tâche malaisée : la plupart de nos directeurs se montrèrent à la

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hauteur de cette tâche. Une s6v6rît6 implacable, une activité que rien ne lassait, une justice; constante, tels furent leurs procédés, et ils réussirent. Quelques-uns de ces oflicîers, Lamoricière, Cavaignac, etc., sont restés comme légendaires plus encore chez les indigènes que chez les Européens. Sans aucun doute ce furent les propagateurs de la domination française et nos plus précieux auxiliaires dans Tceuvre difllcile de la conquête et de l'assimilation de rAlgérie.

Il est vrai que les bureaux arabes étaient peut-ctre investis d'attributions trop étendues, et que certains oiliciers, exaltés par le sentiment de leur toute-puissance, en abusèrent. Dans les postes avancés, comme on ét^t toujours sur le qui-vive, l'activité ne se ralentit jamais, mais dans les villes les directeurs des bureaux finirent par se considérer comme les maîtres absolus. A l'époque de la rentrée des impôts, on voyait bien les Arabes, chargés d'argent, entrer dans les bureaux, mais la maison gardait son mystère. Un Arabe s'avisait-il de se plaindre, il ne tardait pas à reconnaître l'imprudence qu'il avait commise.

A vrai dire le directeur du bureau était le commandant supérieur. Les indigènes ne connaissaient que lui, et ne s'adressaient qu'à lui. Peu à peu un mur se dressait entre les colons et les indigènes, et les chefs de bureaux arabes, fiers de leur importance, s'efibrçaient avec un soin jaloux de se rendre indispensables. Un colon s'adressait-il à eux pour ses affaires, il obtenait prompte et bonne jus* tice, mais à condition de ne pas intervenir. <c Si quelqu'un, huissier ou gendarme, s'avise de pénétrer dans les tribus, je le fais enlever par mes spahis. > Telle était la menace d'un officier à un négociant qui voulait faire exécuter un jugement rendu contre un caïd. En 1867 éclata le scandale Doineau. Un directeur de bureau arabe s'était associé à des brigands indigènes et avait partagé leurs honteux bénéfices. La parole vibrante de Jules Favre fît justice du traître, mais l'opinion publique, douloureusement émue, au lieu de s'attaquer à l'homme, prit à partie l'institution. Rien de plus injuste. Un fait isolé ne suflit pas pour établir une règle générale. Les bureaux arabes avaient rendu et devaient encore rendre bien des services.

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Aussi lûen, dès les premiers jours, un singulier antagonisme s'était établi entre les civils et les militaires. Les uns prétendaient qu'il (allait au plus vite pratiquer l'assimilation entre la colonie et la métropole, et faire par conséquent prédominer l'élément civil sur Télément militaire; les autres, au contraire, aflirmaicnt que le régime du sabre pouvait seul assurer la sécurité de l'Algérie. Les partisans des deux systèmes avaient également tort et rais<»n : tort, parce qu'un système exclusif ne doit jamais être adopté pour une œuvre aussi délicate que celle de l'introduction d'une civilisation étrangère dans une société qui lui est opposée par ses traditions et ses préjugés ; raison', parce qu'il fallait à la fois encourager les colons et contenir les indigènes. Par malheur, ainsi qu'il arrive trop souvent en France, selon que l'opinion se prononçait dans un sens ou dans l'autre, brusquement et sons traur sition on passait du régime civil au régime militaire, ou réciproquement. De là des hésitations regrettables et même des conflits. De là des temps d'arrct qui ont singulièrement nui à nos progrès, en persuadant aux indigènes et mcme aux colons que notre occupation n'était que temporaire.

Est-il nécessaire d'énumérer ici ces déplorables vicissitudes? Les procédés et l'administration militaires eurent le dessus pendant tout le règne de Louis-Philippe. La république de 1818 fit au contraire prédominer l'élément civil. Elle déclara l'Algérie territoire français afln de la faire passer du régime des ordonnances à celui des lois. Trois départements furent créés dans les anciennes provinces militaires, et l'Algérie fut divisée en territoires civils administrés comme en France par des préfets, sous-préfets et maires, et en territoires militaires administrés par des généraux de division, des chefs de sub<livision, de

cercle, d'annexé et les chefs indigènes. Le gouverneur général resta investi de la haute direction du pays, mais avec l'assistance d'un conseil de gouvernement, et les Algériens furent directement représentés par trois députés.

Avec le second empire Télément militaire reprit sa prépondérance, et les libertés civiles furent singulièrement restreintes. En 1858 pourtant il y eut une réaction. On créa un mîtiistère de l'Algérie et des

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colonies^ occupé successivement par le prince Napoléon et par Chasseloup-Laubat. Ces deux ministres avaient sans doute de bonnes intentions, mais ils adoptèrent plusieurs mesures qui n'étaient pas suffisamment étudiées. La plupart de leurs réformes tendaient à la diminution du domaine et de l'autorité militaires. Ils augmentèrent démesurément le territoire civil, et commencèrent l'opération du cantonnement, qui consistait s\ attribuer aux tribus un territoire suffisant, en gardant pour les colons le superflu. Ils dotèrent aussi les départements algériens de conseillers généraux, mais eurent le tort d'improviser des bureaux arabes civils, qui ne furent que la parodie des bureaux militaires, dont ils renouvelaient les abus sans avoir l'énergie, et prêtèrent le flanc i\de nombreuses critiques. Ranimés par le souffie libéral qui venait alors des hautes régions, les Algériens avaient accueilli avec plaisir ces innovations. Ils les soutenaient par leurs journaux et leurs brochures, et se prenaient h espérer que la liberté dont ils jouissaient aérait de longue durée.

En 1860, changement subit et imprévu. Le gouvernement militaire est rétabli dans 6on intégrité, sous la njain de fer du général Pelissicr, et aussitôt disparaît tout vestige de liberté. Les bureaux arabes civils disparaissent, ce qui peut-être n'était qu'un demi-mal, mais, en mcme temps qu'eux sombrent les conseils généraux, sont écrasés de condamnations les journaux, sont réduits au silence les conseils élus ou nommés. Ce fut le triomphe du militarisme.

Il ne fut pas <le longue durée. Deux événements imprévus précipitèrent sa chute, l'essai de *form<ition d'un royaume arabe en 1863 et la terrible famine de 1867.

L'empereur Napoléon III s'était imaginé que l'unique moyen de rendre profitable à la France l'occupation de l'Algérie était de la restituer aux indigènes, et d'en faire, comme il le disait naïvement, un royaume arabe sous la protection française, a Mon programme se résume en peu de mots, écrivait-il : gagner la sympathie des Arabes par des bienfaits positifs, attirer de nouveaux colons par des exemples de prospérité réelle parmi les anciens, utiliser les ressources de l'Afrique en produits et en hommes, arriver par h\ h diminuer notre armée et nos

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dépenses. Deux opiDious contraires, également absolues et par cela même erronées, se font la guerre en Algérie. L'une prétend que Tcxtension de la colonisation ne peut avoir lieu qu'au détriment des indigènes ; l'autre ne peut sauvegarder les intérêts des indigi^nes qu'en entravant la colonisation. Réconcilier les colons avec les Aral>es, prouver par lés faits que les derniers ne doivent pas être dépouillés au profit des premiers et que les deux éléments ont besoin de se prêter un concours réciproque : telle est la marche i\ suivre. >

Parmi les réformes à opérer, l'empereur voulait pour les Aiabes déclarer que tous étaient Français, mais qu'ils continuaient s\ être régis pour leur statut civil conformément à la loi nmsulniane; les admettre à tous les emplois militaires et aux emplois civils en Algérie; établir des registres exacts de l'état civil ; entourer de solennités oflicielles la célébration des grandes fêtes musulmanes; créer à Alger une école de droit musulman et réorganiser les écoles supérieures musulmanes : pour les colons on donnera la franchise à tous les ports algériens ; on supprimera les douanes ; un comptoir d'escompte sera établi dans chaque province; on tracera un périmètre à la colonisation autour des grandes villes; enfin 100 millions seront employés aux travaux publics. Quant aux militaires, on réduira progressivement leur effectif, et on portera la plus grande partie des forces près de la lisière du Tell; Géry ville, Laghouat, Djelfa, etc. n'auront plus qu'une importance restreinte et tous les colons en seront nippelés.

Dans ce programme, où les idées pratiques se mêlaient confusément aux utopies dangereuses, prénlominaient deux idées : faire de l'Algérie un royaume arabe et un camp français, le tout aux dépens des colons. Ceux-ci essayèrent de faire parvenir à Paris leurs doléances. On ne leur accorda même pas une audience ! Si du moins les Arabes avaient témoigné leur reconnaissance par un dévouement à toute épreuve; mais, au moment même où on procédait au gigantesque travail de la délimitation de leurs tribus, les Sahariens d'Oran et d'Alger prenaient les armes et poussaient des pointes jusqu'à Sidî-bel- Abbès et Aumale. L'autorité militaire jouait de malheur et le programme împérîîil était bien mal accueilli !

! catastroplic autrement gravi- acheva la déBorganisatioii. A la

&e8 sauterelles tiiii, en W,C, détruisirent les récoltes tluiis le

■et après la sécheresse de isGT , la famine éclata, terrïlilc, imphi-

[Le désastre fut épouvantaMe. Kn vain la charité s'ingénia ii

fer des ressources, en vain les colons piirtagtrent-ils avec les

mes le superHii de leur récolte. On vit, en plusieurs localités,

Arabes assassiner des gens isolés pour les manger, et les actes

Hrqwphagîe qui furent signalés ne furent pas tous poursuivis.

Quel fut le nomhre des victimes? Xul

ne saura le dire. On parle de cinq cent

mille personnes! Toujours est-il que des

tribus entières disparurent.

L'administration militaire n'avait ni prévu la catastrophe, ni rien fait pour l'atténuer. Dénoncée par la presse locale, «■WlVl '7 K'Vllv.i-5;fc- ^"'^ commença par la comprimer : maïs Vff'/Ll ! fl»\ i^^£ l'archevêque d'Alger ayant dévoilé dans

'•-'^' xfi ^ une lettrç célèbre toute l'étendue du mal, il fut impossible de le dissimuler davantage. Les Cliamhres s'en occupèrent, et il fut décidé qu'une grande cn- ^ quête serait faite. Le rapport déposé

fpK H. Le HoD fut discuté en avril 1870, et il fut résolu, presque A riuuuiimité, que le régime militaire sentît remplacé par une admi- #Biitration civile.

» Sur ces ^entrefaites éclata la guerre de 1870, bientôt suivie de ta } chute de l'Empire. Les Algériens, qui n'avaient que trop de raisons poor De pas aimer Na^Kiléon III, saluèrent sa chute avec satisfaction; mais, dans la première efTcrvescence de leur joie, ils crurent le moment Tenu d'appliquer toute une série de réformes, réclamées depuis quelque temps par la presse locale. Ils ne se contentèrent pas de remplacer le gouverneur militaire par un gouverneur civil correspondant directement avec le pouvoir exécutif; ils voulurent aussi, conformément aux théories de certains publicistes, introduire en Algérie tous

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les rouages, toutes les institutions de la métropole. C'était vouloir tenter l'impossible et s'exposer de gaieté de cœur à une insurrection des indigènes.

En eflet, les chefs arabes, froissés par ces changements soudains, se considérèrent comme déliés de leur serment de fidélité à Fenipereur, et se soulevèrent, en même temps «{ue les Kabyles se ruaient sur nos établissements et massacraient nos colons. Nous avons déjà raconté les émouvantes péri{>éties de cette foruiidable révolte. Elle fut comprimée, mais la leçon ne fut pas perdue. Revenus à des idées plus modérées, les Algériens se contentèrent de réformes moins précipitées. L'amiral de Gueydon et le général Chanzy, nommés gouverneurs généraux civils, s'efforcèrent de prendre, avec décision, les mesures nécessitées par les circonstances. Leur successeur, M. Albert Grévy, fut moins heureux. On l'accusa de faiblesse : il no méritait peut-être que le reproche d'imprévoyance. Les dures leçons du passé ne seront sans doute pas perdues pour son successeur, M. Tirman, et tout permet d'espérer que le nouveau gouverneur général civil de l'Algérie, sans laisser faiblir entre ses mains l'autorité qui lui a été confiée, n'oubliera pourtant pas que le régime militaire semble définitivement condamné.

A l'heure actuelle la haute administration de l'Algérie est coufiée à un gouverneur général civil, assisté d'un conseil de gouvernement, composé de tous les chefs de service et de six conseillers généraux par département. Un général de division a le commandement des forces de terre et de mer. Chaque département nomme, comme en France, des députés, des sénateurs, des conseillers généraux et municipaux. Les conseillers d'arrondissement n'existent pas en Algérie. Tous les Français jouissent des mcmes droits civils et politiques que dans la métropole et les exercent dans les mcmes conditions.

Voici quelle est, en 1881, l'organisation administrative de l'Algérie.

L'Algérie est divisée en trois provinces comprenant chacune uu territoire civil et un territoire militaire. La superficie du territoire civil, qui s'accroît d'année en année au détriment du territoire mili-

taîre, est d'environ 4,;j1)7,(X)0 hectares, c'est-à-dire près de huit fois retendue moyenne d'un de nos départements. Il est divisé en trois départements : 1"^ Alger, 2*" Constantîne, 3"^ Oran. Le département d'Alger, chef-lieu Alger, comprend quatre arrondissements : Alger, Milianah, Orléansville et Tizi-Ouzou. Dans l'arrondissement d'Alger (482,152 hectares, 212,641 habitants), on compte cinquante-trois communes de plein exercice, c'est-à-dire administrées par un maire assisté d'un conseil municipal, auquel prennent place des colons étrangers et des indigènes; et deux communes mixtes, c'est-à-dire ou les Européens commencent à peine à s'établir et où domine encore la population indigène. L'arrondissement de Milianah (90,010 hectares, 22,381 habitants) comprend sept communes de plein exercice et une commune mixte. On en compte trois de la première catégorie et une de la seconde dans l'arrondissement d'Orléansville (5o,309 hectares, 16,597 habitants), et cinq de la première et quatre de la seconde dans l'arrondissement de Tizi-Ouzou (101,456 hectares, 128,516 habitants).

Le département de Constantine est djvisé en six arrondissements : Constantine (793,953 hectares, 155,483 habitants; quatorze communes de plein exercice, trois mixtes); Bone (368,119 hectares, 54,369 habitants, douze communes de plein exercice, deux mixtes); Hougie (46,872 hectares, 21,334 habitants, deux communes de plein exercice, deux mixtes); Guelma (67,257 hectares, 18,505 habitants, six communes de plein exercice, une mixte); Philippeville (263,303 hectares, 55,317 habitants, dix communes de plein exercice et quatre mixtes); Sétif (358,061 hectares, 60,208 habitants; cinq Communes de plein exercice et quatre mixtes).

Le département d'Oran comprend cinq arrondissements : Oran (697,029 hectares, 130,834 habitants; vingt-six communes de plein exercice, et trois communes mixtes) ; Mascara (247,698 hectares, 39,939 habitants, deux communes de plein exercice et deux mixtes); Mostaganem (262,116 hectares, 62,503 habitants; quatorze communes de plein exercice, et trois mixtes); Sidi-bel-Abbès (232,513 hectares, 26,440 habitants; quatre communes de plein exercice et

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deux mixtes); Tlemcen (190,107 hectares , 39,025 habitants; trois communes de plein exercice et deux niîxtes).

Chaque département élit un conseil général, de tous points analogue aux conseils de la métropole, sauf que le gouvcrnenr général adjoint aux membres français un certain nombre de musulmans, désignés sous le nom d'assesseurs. Ces assesseurs ont voix délibérative, mais ne prennent point part à l'élection des sénateurs.

FIg. 173. — Vn rntnp à ScMou. duiis U province «rOran.

Le territoire militaire est divisé en trois grands commandements. Le territoire d'Alger a une superficie de 9,089,924 hectares et une population de 529,155 habitants. Il comprend sept communes mixtes et treize communes indigènes,c'est-j\-dire formées de tribus dans lesquelles l'élément européen n'a pas encore pénétré et administrées par des commissions dans lesquelles est représenté l'élément arabe. Les généraux de brigade qui administrent le territoire résident i\ Alger, Fort- Natioucil, Aumale, Jlédeah et Miliaiiah.

Le territoire militaire de Const^antine (10,908,812 hectares,

650,337 habitants), comprend quatre communes mixtes, vingt communes indigènes, et est régi par des généraux de brigade résidant à Constantine, Bone, Batna et Sétif.

Quant au territoire militaire d'Oran réparti en sept communes mixtes et quatorze communes indigènes, administré par trois généraux de l>rigade résidant h Oran, Mascara et Tlemcen, il a une population de 238,823 habitants et une superficie de 074,721 hectares.

En résumé, sans parler des communes de plein exercice calquées sur le modMe des communes françaises, on compte en Algérie soixantetrois communes mixtes, dont quarante-cinq en territoire civil et dix-huit en territoire militaire. C*cst sur les communes mixtes du territoire civil que portent aujourd'hui les principaux efforts de la colonisation. Quant aux trente-deux communes indigènes, toutes situées en territoire militaire, elles sont destinées à se convertir avec le temps d'abord en communes mixtes, puis en communes de plein exercice. Cette organisation parait compliquée au premier abord : elle est pourtant rationnelle et bien combinée pour assurer le développement progressif de la colonie.

Telle est, pour le moment, l'administration algérienne. Nous ne pouvons que lui souhaiter une longue durée : mais nous craignons fort que nos souhaits 'ne soient pas exaucés, et que, sous prétexte de reconstruire, on continue à démolir.

A titre de curiosité, et comme preuve de la déplorable instabilité des vues gouvernementales en matière d'administration algérienne, nous terminerons ce chapitre en dressant la liste des gouverneurs, généraux ou intérimaires, depuis la conquête de 1830 :

Général comte <le Roariiiont (jiiill«*t-sc|»teiiilire ]k:;o). Génénil Clauzel (.-cptembrc lH3o-frvrier l>5;;i). Général Bcrlhezc»ne (iléceml»rc lx:5l).

Général duc du K<»vii(o (mars 18:;:»;.

Général Avizsird (intérimaire) (avril \h:\^). Général Voir*»! (M.) (juillet \h:\\).

Général Drtmct d*Krloii (juillet \h:W»).

Maréchal Clauzel (février 1h:{7).

Général I>amrénu»nt (<M-to!»re 1«:17).

GËOGUAi'UIE roLITlQUE.

Général Né*îrîcr (iiitériiii:iiix>) («Iéi'ciii1»iv 1h:î7).

Maréi'lial VuKt' (il«-criu!>rc IsiO).

Maré<'lm1 nu^eainl (s4:|>teiiil»iv 1.S17).

Général duc «rAiiiiialfCfévrk-r ls|s).

(■énéral Clmn;;arnifr (iiitériinaiix;) (luarn Ists).

(«éiiéral Cavai^uju: (mai ls(S).

Général Cliaii;^ariii« r (juin isls).

Général Mari-y-Mou^jc (inlérimairc) (M*|ilriiil»rc IsI-n)

(îénéral Charon (ot-toliru iH.'io).

Général dlIautiMiul (d/xcnibrc l^.'i!;.

Maréchal K;indon (juin IH.'iH).

Général Renault (i'ilériniairo) (août Ih.'iHj.

Général de Mat; Malion (avril Is;»'.)).

Général (iueswiller (aimt 16')!)).

Général de Martimprey (décemliix» lsi;iij.

Maréi'lial Pelissier (mai IHGI).

Général Morris (iutérimaiix') (juillet IHIM).

Maré«'lia1 de Mae Malion (juillet 1h7o;.

Général Diirrieu (intériiiiaire) (octulire I«7U).

Dû I^ni7x:t (février IH7I).

Alcxî» Lambert (mars 1h71).

Vîee-amiral dcGueydon (2î» luars-juiu lH7iî>.

Général Clian7.y (10 juin ls7:M8 février |k7î»;.

Alljcrt Grévy(l5 manj lH7D-novciiil»re is«ij.

Tiniuin (novembre I8HI à...).

AU'ÉMJIL

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