LES INDIGÈNES
IVnnAnenoe de U population bdi^^'oe. — Le» Berbères ou Kabylen. — Lga Aratjci. — Les Kooloiigll^
— Les Nègren.
Même parmi les populations civilisées, il est diflicile d'établir des recensements exacts. Cette opération devient presque impossible chez une race dont les instincts sont mobiles et qui, soit par défiance naturelle, soit par préjugés religieux, répugne à toute constatation. Aussi les chiffres de la population indigène en Algérie n'ont-ils jamais été et ne pouvaient-ils être qu'approximatifs. Le recensement de 1851, fait avec soin par les bureaux arabes, s'élevait \ 2,323,855 unies; celui de 1856 & 2,307,319; celui de 1861 à 2,732,851; celui de 18GC à 80,024; celui de 1872 à 2,125,052; celui de 1877 & 2,472,129.11 résulte de ces chiffres que les indigènes, dont le nombre avait diminué de 1866 à 1872 à cause de la fiimiiie ou des épidémies, est revenu & son chiffre normal d'environ 2,500,000 âmes. Donc la population indigène, malgré les affirmations tranchantes de certains théoriciens, se conserve intacte en face de nous. Ce qui prouve en passant que nous ne l'avons ni refoulée ni exterminée. Ce maintien et cette perpétuité des indigènes en présence de la race conquérante ne laisse p.is que d'inspirer sinon des inquiétudes, .iu moins certaines préoccupations. On avait espéré que la fusion des indigènes et des Européens
s'opérerait facilement; mais les uns et les autres^ bien que vivant de la même vîe, se sont cantonnés dans leurs habitudes et leurs familles. Il j a eu juxtaposition, mais nullement fusion. Aux Antilles^ au Canada, partout où nous a conduits notre fortune coloniale, nos négociants on nos soldats avaient jadis réussi h, former, par leurs unions légitimes ou passagères avec les indigènes, comme une race métisse, douée
de brillantes qualités. Il nVn a pas été de mûme en Algérie. Les colons européens n'ont même pas essayé de se rapprocher des femmes indigènes, et celles-ci, sauf do très rares exceptions, n'ont manifesté que de la répulsion pour les étrangers. D'ailleurs, si les indigènes avaient quelque tendance à s'assimiler, on verrait le nombre des demandes en naturalisation, que le décret du 16 aoAt 187ô a rendues faciles et peu onéreuses, croître rapidement d'année en année. Or, en 187G il n'y
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avait en que dix-sept indigènes musulmans qui avaient demandé leur naturalisjition, et encore étaient-ils considérés par leurs compatriotes comme des manières de renégats! Il n'y a donc pas (\ se le dissimuler : les Algériens ne veulent pas être francisés.
Sans doute, & ne considérer que les apparences, tout est calme. Européens et Arabes vivent côte à côte. Ils se rencontrent dans les magasins, aux marchés, dans les campagnes. Ils se rendent réciproquement service. Les agents de l'administration sont respectés ; leb emplois de toute sorte sont même rechercliés. En un mot, pour les transactions quotidiennes, on croirait voir agir les citoyens d'une même nation. Mais les Algériens n'ont pas plus oublié leur nationalité que, par exemple, les Grenadins du temps de Ferdinand et d'Isabelle n'avaient renoncé à leurs espérances. Il est incontestable qu'ils ne paraissent pas, en ce moment, songer & la révolte. Chacune des villes de création nouvelle, Philippe ville, Sétif, Boufarick, a déjà des Arabes sédentaires. Chacun de nos établissements est un véritable foyer d'attraction : mais il est & craindre qu'on ne puisse parler sérieusement de la fusion de races que lorsque plusieurs générations d'Européens et d'indigènes auront été élevés sur les bancs des mêmes écoles, auront poussé la charme dans les mêmes propriétés et porté ensemble le fusil et le sabre. Pour le moment et pour de longues années encore, nous sommes tenus à la plus grande prudence vis-A-vis des indigènes. Nous ne sommes qu'un contre sept! Cette disproportion constitue un danger permanent. De là pour nos administrateurs la nécessité d'être sages et habiles. De là pour nous tous l'obligation de connaître nos sujets algériens, afin d'éviter des froissements inutiles ou des contestations dangereuses.
On peut diviser en deux grandes catégories la population indigène de l'Algérie : l" les Berbères ou Kabyles, 2" les Arabes.
Berbères. — Nous avons dt'jà parh' des lîerbcres ou Kabyles. Ce sont les plus anciens habitants de l'Algérie. On pourrait presque les qualifier d'autochtones. Ils se sont pcq)étucs à travers les invasions, et nial«p-é les dominations étrangères. Le mot lierber^ Barhams des Latins, est probablement tiré du sanscrit. Wancara en sanscrit signifie un proscrit, un honmie vil. D'après saint Augustin on désignait par le mot Bar--
bari les peuplades africaines qui repoussaient l'autorît/^ îiup/'riale ou les doctrines chr<?tîennes. Ce tenue s'est conserva». Ne designc-t-on pas encore aujourd'hui, sous le nom d'États Barbaresques, les contr^^es où se sont maintenus les Berbères? Quant au mot Kabyle, il vient de l'aralic hahtla^ au pluriel hnhaiJs^ qui sijjnîfic.» tribu.
Les Berbères ou Kabyles paraissent avoir à |>eu près renonce* A deux des ^'l^aueTits constitutifs d'une nationalîtr, A la religion et A la langue. Ils ont adopte le niahom/''tisnie, et leur langue se rapproche singidièrement de l'arabe. En effet, partout où l'islanusme a p^iiétrc, la langue nationale a subi l'influence de la langue arabe au point d'en être comme Sciturée et neutralis/îc. Le berbf»re actuel n'est plus qu'un dialecte de l'arabe. Ils sont rest^'s beaucoup plus fidèles A leur organisation sociale, à leurs habitudes particulières, et môme ils ont réussi s\ maintenir l'intégrité de leur r.ice.
Nous avons exposé plus haut leurs coutumes politiques et la constitution de leurs djennlas in<lépendantes (voir I"* partie, pages 267 et suivantes}. Nous avons également touché queb^ues mots de leurs habitudes. On sait que les Kabyles n'aiment paî^la vie errante. Ils tiennent A leurs maisons, A leurs propriétés. La propriété est même si divisée dans certains cantons qu'il n'est pas rare de voir un olivier appartenant A dix personnes ayant des parts inégales. Dès que le Kabyle est sorti de l'enfonce, il quitte ses montagnes et se dirige sur nos villes, où il exerce les petits métiers de décrotteur ou de commissionnaire. Plus tard il s'engage dans les turcos ou va louer ses services comme terrassier ou cultivateur. A l'époque de la moisson ou de la récolte des céréales, ce sont de véritables éniigrations de Kabyles qui vont au loin chercher du travail.
Les Kabyles sont encore volontiers colporteurs. Ils partent A deux ou trois, portant sur leur dos une petite pjicotille, drogues, verroteries pour colliers, bijoux, coutellerie, etc. Ils parcourent ainsi toute l'Algérie, et reviennent au logis avec un petit pé»cule, et un énorme ballot de laine, que leurs femmes transforment ensuite en burnous. Avec de pareilles habitudes d'économie et de sobriété, ils réussissent A iiccumuler de petites fortunes. L'argent est abondant en Kabylie. Après
UEUUUAl'ltlE ruLITlQUE. M
i'iiixiirrectiun du 1871 runiirul <Ic Guuyiloii itiiiKKja aux rcvoltt-s uik- ^■iioniiti eoutrilmtiuii, qui fut pr^st^uu aussitôt ]Kiyi-c.
Lus Kaliyli'S sont |k;u instruits. L'tx-nturt; ut niciiie la k-ctuiv sont iguorccs à !«.■« près par tout k- luyruk-. Ijcs trailut-tloiis aralK's«t (iwclqucs cliaiits de giicrru tel tst leur I-agagc littéraire. Ils ont une curicusi;
façtjii lie soigner leurs inalailîes. Il» cuiploîeiit le suc do ({uuliiues végétaux, s'Wn souflreiit d'une douk-ur interne, et, s'ils ont une bk>ssiiru uu une fnicture, ils appliiineiit sur la partie malade un mélange de itoufre, de résine, et d'Imité d'olïve.s. Une anmlette avee quelques versets dit Coran et la nature font te n.-ste. Ll'S Kahvk-s pourtant comprennent riiiiportunee de l'instruction. Ils eotnmeneent à assister régtillîiremetit aux k-çoiis donné-es pjir mw instituteurs, et ît sullit nn'iin de nos UKilecùis
|)ar.iîsse dans un village pour qu*il soît îiiiméiliatcmeiit entouré et obéi.
Il est incontestable que les Kabyles sont intelligents. Ils sont de plus laborieux et industrieux. Si, résolument, ils renonçaient h leurs haines religieuses et consentaient A ne voir en nous que des amis, des protecteurs, et non pas des conquér.mts et des infidèles, ils deviendraient nos meilleurs auxiliaires en Algérie. Ils le deviendront peut-être, mais il faut que le temps ait accompli son œuvre réparatrice. A l'heure actuelle, ce à quoi ils tiennent avant tout, c'est i\ leur indé{>endance nmnicipale. Cette pensée d'égalité et de liberté locale est le caractère distinctif et le mobile dirigeant de la masse. Nous avons eu le bon esprit de la respecter, et les Kabyles en sont reconnaissants, autant du moins que peut l'être une race, encore primitive malgré son antiquité, et dont l'éducation n'a pas suffisamment adouci les instincts.
En général les Kabyles sont d'une taille moyenne et bien prise. L'ensemble de leur physionomie, & l'encontre des races conquérantes venues de l'Arabie, se rapproche du type germanique. Ils ont la tcte volumineuse^ le visage carré, le front large et droit, le nez et les lèvres épaisses, les yeux bleus et le teint blanc. Leur costume se compose d'une cheloulha ou chemise en laine qui dépasse les genoux, d'un hdiJc^ en géné^ral rayé, dont ils rejettent un bout sur l'épaule gauche^ et d'un bunious noir ou blanc. Us ont la tête nue, et, de temps à autre, se la font raser. Ils recouvrent leurs jambes de guOtrcs sans pieds, en laine tricotée, qu'ils nomment hourerous.
Les Berbères ou Kabyles de l'Algérie actuelle sont dans la province d'Alger les Zouaoua, les Fiissa, les Guetchoula, et les Nezliona, occupant entre l'Isser et l'oued Saliel le pâté montagneux que nous désignons d'une manière conventionnelle sous le nom de grande Kabylie ; les Beni-Aïdel près d'Aumale; les Mouzaïa et les Soumata au nord et au sud de Medeah ; les tribus de Cherchell et de Tenès, celles de l'Ouanseris et du Scrsou, et, daTis le Sahara, les lîeni-Mzab et les Kabyles d'Ouargla et du grand désert.
Les Beni-Mzab méritent une mention spé'ciale. On appelle Mzab une confédération fonnée de sept villes réparties dans quatre oasis situées
UÉUUBAPUIE POLITIQUE.
& 6<)0 kiloriiètros au tiuil d'Alger, enta- Lagliumit et Afutltlt. BvrriaiK-, Gardai», Ik-ii-Isgueii, lîuii-îstmni, Mclîka, EI-Attonf et Gut;rrara, telle* Bout los sept villos nizaliilt-s. Elles (brmciit un gruiipe de i-îiiqiiautei soixante mille âmes qui a ku, jiis([ti'i\ jiréisent, se préserver de toute iloiniiiatioii étrangère, même fraii^-nise. Le» Mzabttes en eflêt ne suiit jias nos sujets, niaîs simplement nus tributaires. Ils se prétendent descviidaritK des Moabites : un croirait plutôt ipi'ils sont d'origine cartliagi-
ré^l
noiso ; quelques colons cartliaginois ont pu clierclier un asile dans le Saliara après la prise de leur ville par l^me. Cette liyiwthèse expliquerait le soin religieux avec lequel ils ont toujours conservé la pureté de leur race. Jadis, quand on voulait se moiiuer des Cartltugïuuis, on les accusait de manger des chiens. Les Mzabites passent eucore. dans tout le désert, pour se repaître «le cette viande. Quelle que soit leur origine, ils forment comme un peuple à i»art. Ils se distinguent des autres lîerbères en ce qu'ils n'ont presque pas de blonds parmi eux, et deH Arak-s par leurs pieds et leurs m;iins très déveb.ppé-s et leur taille
petite et rani<iss^*e. Ils sont encore reconiiaissables & leur costiuiic qui se compose du burnous blanc et du liaïk, dont la partie inférieure cache presque toujours le menton et la bouclie, par suite de leur habitude de se garantir ainsi dans leur pays contre les vents et le sable. Quand ils ne portent pas ce costume, ils le reinphicent par une chemise ou gandoura de laine rayée, bleue, jaune et rouge.
LesMzabitesont accepté l'islam, mais ils sont schismatiques. Ils n'appartieunent à aucun des quatre rites orthodoxes qui divisent les mahométans. Le fond de leur croyance est basé sur la lettre du Coran; ils ne reconnaissent aucun commentateur et n'admettent nullement la noblesse religieuse des marabouts. Ils ont conservé plusieurs coutumes qui paraissent dérivées du judaïsme (ablutions et purifications de tout le corps) ou du christianisme (prières dans les cimetières suivies d'un repas en commun, excommunications, confessions publiques). Les Mzabites sont monogames. II. leur est interdit d'épouser des femmes de race étrangère. Ils tiennent dans leurs mosquées de véritables registres de l'état civil. Chaque ville du Mzab s'administre séparément au moyen d'une Djemaa dont les liiembres sont choisis parmi les chefs des anciennes familles. Chaque Djemaa élit trois mokadem ou gardiens, chargés du i>ouvoir exc^*utif. Comme les Mzabites sont tous marchands, et que parfois ils ont chez eux des richesses considérables, ils ont organisé une force militaire capable de les faire respecter. Non seulement leurs sept villes sont fortifié*eS| mais encore chaque Mzabite est astreint au service militaire et obligé de s'armer et de s'entretenir & ses frais. De plus ils enrôlent des mercenaires.
Tous les Mzabites. s'occupent ou se sont occupés de commerce. Ils ont chez eux, dans le Tell algérien, en Tunisie et jusque dans le Saliara des comptoirs où ils trafiquent de toutes sortes de marchandises. Ce sont les grands banquiers de l'Afrique saharienne. Leur industrie est en outre fort développc'c. Us fabriquent de la poudre, des tissus de laine, des tapis, etc. Le début dans les affaires d'un Mzabite, quand il n'est pas conmiandité i>ar un patron, consiste & aller dans le Tell vendre de ces tissus de laine. Quand il a ramassé un petit pécule, il ouvre un étal de bouclier ou une boutique de maraîcher, puis revient
AU pays et envoie i)our le remplacer un compatriote, qui devient son correspondant. De grosses fortunes s'édifient de la sorte. Tel Mzabite, aujourd'hui millionnaire, a drhuté en poussant dans les mes d'Alger sa voiture de charbon, ou en découpant en lanières étroites des morceaux de viande qu'il a débites dans son obscure boutique. On les a comp<iré^ aux Auvergnats. On ne saurait leur diVerner un plus grand éloge. Ils en ont l'énergie, la patience, Téconomie : ce sont des qualités viriles, grâce auxquelles on perpétue une race et on fonde de grandes fortunes.
Dans la province d'Oran, les Kabyles sont concentrés dans le massif du Dahra. Les principaux d'entre eux sont les Beni-Ourar, les Flitta, les Oulhasa, les Trara, les Msisda et les Beni-Snous.
•Dans la province de Constantine, entre l'oued Sahel et la Seybousc, B*étend la contrée nommée tthn improprement, et toujours en vertu d'une convention, la petite Kabylie. Elle comprend les Beni-Mehenna et les Benî-Tifout près de Philippeville ; les tribus du Ferdjiona, du Zenleza, du Zouara, les tribus du Babor et Guergour aux environs de Sétif; celles qui avoisinent Djidjelli ; les Beni-Abbès , les Mzaïa, les Toudja, les Fenaîa, les Aït-Ameur près de Bougie ; et plus au sud les Cliaouîa dans r Aurès ; les Zibanais et les Rouara dans le Sahara.
Les Zibanais, de mCme que les Mzabites, méritent une mention Bpé*ciale. On appelle Zab, au pluriel Ziban, les oasis dont Biskra est la capitale. Si frugale qu'y soit la vie, si minime que soit la dépense, le Zab est trop peuplé. Les Zibanais, qui ne peuvent vivre dans leur pays, émigrent dans le Tell. Ils s'y font canotiers, portefaix, porteurs d'eau, cureurs de puits. On les voit à Alger ou dans les autres villes du littoral, revêtus d'un caleçon et d'un sarrau taillés dans un vieux sac, la tête sunnontée d'une chéchia jadis é'carlate, porter de lourds fiirdeaux an galop cadencé de leurs jambes fléchissantes mais vîgoiireuses. Ils trouvent encore une source de gains dans le temps consacré au sommeil, et dorment en travers des boutiques pour en é'carter les voleurs. Lorsqu'enfin, riches de q[uelques é»conomies, ils ont ramassé de quoi acheter un jardin de palmiers et doter une fennne , ils s'empressent de revenir au ptiys natal. Bien qu'on dé-signe d'ordinaire les
Zibnnai» sous le nom Av Biskris, cVst-à-<lirc originaires do lîiskra, ils viennent iiliitïit du Boii-Tliions, MetHIi, El-lïordj, Tolga, Fîirfiir, Znatclia, Siili-Obkji et même du S«>nf. »
Arabes. — Les Aralics se distinguent en Aral»cs des campagnes et Arabes des villes ou Slaures. Ce sont les preiriicra q\n ont ganlé le ^phis fidMenient le type originel. Les Maures, an contraire, sont moins des Arabes nac les fils de tons les peuples poussés sur les rivages do l'Alg^'rie depuis les Pliéiiiciens juniu'aux réni'gats de l'Odj^ae.
P'api^s lu général K. Daunias, qui n étudié dans ses détails la société arabe, elle repose sur trois earaclî-res généraux : 1' In consanguinité, déri^'ant de l'interprétât ion du Coran ; 2* la fonne aristocratique du gouTcmenicnt résultant à la fois des pré-ceptes religieux et des habitudes nationales ; 3" l'instabilité des centres de [Mipulation qui tient au caractère des Aral>eR et i\ la nature du pays qu'ils Iiabitent.
C'est la réunion des familles qui se croient issues d'une souche commune qui forme la tribu aral>e. Tous les membres de la tribu, par tradition, ^wir orgueil et par né-et'ssité, se défendent et se soutiennent IcB uns le» autres. Leur sort a été fort variable. Les unes sont éteintes, les autres tnV rétluites, celles-ei enfin nombretises et puissantes. On
GÉOGRAPHIR POLITIQUE. m
peut dire que le nouil>re des individus Tonnant une tribu varie de cinq cents & quarante mille. Selon leur importance, les trilnia sont divis^'cs en un plus ou moins grand nombre de fnictîons. Le douar^ ou r^'unîon de tentes en cercle, est consîd(!'»r^' comme la l>ase de U constitution sociale. Un certain nond>re de douars fonue une Jèrbi ou section olW'issant h un cJietch. L'assemblage de plusieurs ferkas forme une tribu olK'issant à un cavL Plusieurs tribus group^^es oW-îssent soit & un grand caïd, soit à un cujIul Enfin plusieurs caîdats ou aghaliks forment une circonscription relevant d'uu hncfi-agha ou d'un hhalifat
Toute cette savante liiérarcliie repose sur le principe aristocratique. La noblesse existe chez les Arabes. On en compte de trois sortes : 1* la noblesse d'origine ; 2* la noblesse -militaire ; 3* la noblesse religieuse. Los nobles d'origine, ou cJiénfs^ sont les descendants légitimes et authentiques de Fatma, fille de Mahomet et de Sidi-Ali-Abi-Taleb, son oncle. Ils jouissent de prérogatives morales plutôt qtie matérielles, et leur influence ne se mesure pas aux honneurs qu'on leur rend. Les nobles militaires ou djouads sont les descendants des familles anciennes et illustres ou bien les rejetons de la tribu des Koreîschites, à laquelle appartenait le prophète. Ils constituent l'élément actif et militaire dans la société arabe. Quant aux nobles religieux ou marabouts^
ce sont les Arabes spécialement voués i\ l'observance des règles du Coran. Ils ont une grande importance; ce sont eux qui règlent les discussicms privénîs et les questions d'intérêt général; ils ont souvent empêché l'effusion du sang, ou au contraire prêché la guerre sainte. Il n'est pas nécessaire que chérifs, djouads ou marabouts occupent une position élevé^e. On en voit au contraire qui sont journellenient occupés à tous les métiers.
La Fnince a essayé d'introduire une certaine hiérarchie dans cette noblesse. Comme il était impossible de la détruire, mieux valait eu effet la rattacher à notre influence et essayer d'en faire un instrument de domhiation. Sans parler des chefs de douars, dnnt l'autorité est indépendante de toute délégation extérieure, puisïpie les besoins de la vie nomade et les prétreptes religieux explicpient et sanctionnent cette
lutorît^*, le gouvernement n(»ninie les clieîeks ou chefs de ferkas. Ce sont •ux qui règlent les contestations, rqmrtîssent Tinipot, exercent une surreîllance de police et A peu près les nienies fonctions que nos maires.
Les clicfs de trilms ou caïds sont aussi nomm/'S par le gouvernenent. Leurs attributions sont nniltiples. Ils sont directement responsables de Tex^'cution des onlres du commandant français, perçoivent rim{)ot, pr/'*sident les marches, jugent les rixes et contestations, réunissent les contingents de cavalerie ou goums, demandés pour suivre nos expéditions.
Au-dessus des caïds les aghas, nommées par le ministre de la guerre, jugent les individus appartenant à des tribus différentes, centralisent les opérations relatives h l'impôt, et commandent les goums. Ils sont répartis en trois classes et reçoivcTit un traitement.
Les khalifas ou bach-aghas, nommés par le ministre de la guerre, ont des attributions plus étendues et reçoivent un traitement plus considérable.
Quant aux classes inférieures, celles qui constituent la nicosse du peuple, elles n'offrent pas une grande variété. On ne trouve en effet, au-dessous de la triple aristocratie d'origine, militaire et religieuse, que les propriétaires fonciers, des fermiers et des domestiques. On sait que les Arabes sont nomades et vivent sous la tente. Ils n'ont que deux occupations, l'élevage des troupeaux et l'agriculture. Malgré leurs procé'<lés primitifs, ils réussissent & produire d'énormes troupeaux de moutons qu'ils m^nent pciitre au Sahara quand les pluies ont fait pousser la végét<ition , ou sur les hauts plateaux. Quand il fait beau et que l'herbe pousse de bonne heure, tout est pour le mieux ; mais si l'herlic est rare , ou l'hiver nide, les moutfms, qui vivent toujours en plein air, et ne peuvent ni trouver du fourrage ni s'abriter contre les intemi)éries meurent en masse. Il serait à désirer que nous eussions en Algérie des éleveurs aussi intelligents et aussi pratiques que les squatters australiens. Sans doute ils feraient aux éleveurs arabes une dé»sastreuse concurrence, mais les Arabes n'auraient qu'à les imiter.
Pour la culture des céréales même esprit de routine et d'inertie. Les Arabes se contentent de jeter la semence au hasard, puis ils retour-
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OËOQBAPIIIE rOLITigUK.
ncDt le sol, en n.-f>]>cctHiit clifinlons vt buissons, et laÏBscnt la nature faire le reste. Jamais de fumier; jauials de soins! Au mois de juin h moisson commence. Ou scie les é)»is totit \nks <lc la tige, on les râinit par paquets qu'on porte Piir l'aire, on les dépique sous les pieds Jm chevaux, puis, quuiid souffle la brise, la |>aille est emportée et le grain reste. Cette agriculture n'est rien ntoins que i>erroctionuée. Ou obtient
Fia. ■»■ — Ai>>K UtmMtX m flfc
pourtant des résultats extraordiruuivs qui attestent la prodigieuse fi:rtilittj du sul. Quand les récolteii sont bonnes, les indigènes gagnent beaucoup d'argent, car ils ont peu de frais, maïs ils le dépensent en fntilités. Quand arrivetit les mauvaises années, ils sont obIig«« <rvmpiunter A dos taux URurairts. La ruine arrive, et, lorsque éclate la famine, comme en 18G7, ils meurent par centaines de mille ; on a même vu quelques-uns d'entre eux recourir A l'iiorrilile expéilient de l'antliroitopliagie.
Les iiroitri^^'tairfs arabes ne cultivent i>oiiit par cux-mênicB. Tantôt ils s'entendent avec des fellahs ou cultivateurs, sortes de tenanciers qui leur paient un fermage ou leur donnent une part dans les récoltes. Tantôt ils prennent un hhemmtta ou colon partiaire, auquel ils font
une avance en argent et en grain renilwursable à la récolte suivante. La condition du Icliennnas est pr&aire, car les avances qu'il a reçues absorbent sa part de récolte, et fort souvent il se trouvu dans la misère. Fellalis ou klieninias servent volontiers les Enrupéens, car ils sont assurés d'un salaire plus régidicr, et sont traités avec moins de dureté.
OÉOaRAPHIE POTITIQUE. ' M
Quant aux Arabes <les villes ou Maures, ils vivent dans un niilit*a qui n*est pas le leur, et se ra[»procIient de plus en plus de la société euri)péenne. Pres<pie tous s'adonnent au connnerce ; aussi leurs coreligionnaires les flétrissent do l'épîtliète méprisante de skaJcri^^ sucrier ou épicien Tandis que l'Arabe de race pure est resté grand, vigoureux, à visage ovale, au front fuyant, aux yeux noirs et vifs, au nox busqué, aux lèvR\s minces, aux cheveux et à la barbe noirs, le Maure a acquis de renibonpoint , son nez est aquilin, sa bouche épaisse, ses yeux vifs et grands. Ou ne dirait pas que ce sont les enfants de la même race. Le costume lui-même est différent. L'Arabe a toujours la tête couverte. Il s'habille avec des burnous et des haïcks et maintient sur son corps une température toujours égale, selon qu'il les reUichc ou les resserre. Le Maure porte une large culotte qui lui laisse les jambes nues, une veste, des gilets brodés en or ou en soie, uu turban roulé autour d'une chéchia et de larges souliers dans lesquels il introduit parfois des pantoufles de maroquin jaune ou rouge, les babouches.
On a composé bien des livres sur les mœurs des Arabes. Nous eu avons cité le plus grand nombre. (Voir A la fin du volume la liste bibliographique.) Les uns sont puisés aux bonnes sources, les autres ne sont que des compilations ou des inventions. Nous ne pouvons que renvoyer à la lecture de ces ouvrages. Nous avons trop bonne opinion du jugement de nos lecteurs pour ne pas être assuré qu'ils sauront distinguer la vérité de la fantaisie et les livres sérieux de ceux qui ne le sont pas.
Les tribus arabes les plus importantes de l'Algérie sont, pour la province de Constantiîie, dans le Tell : les Hanencha, Nemencha, Haracta, Ouled-Si-Yahaïa-ben-Taleb, Eulma, Ameur-Raraba, Oulcil- Sellem, Ouled-Sultan, Ouled-ali-ben-Sabor; et dans le Sahara : les Ouled-Naïl, les Rahman, les Ouled-Zekri, les Ouled-Moulat et les Onled-Saïah.
Les Ouled-Naïl sont la plus eonsi<lérable de ces tribus. Ils se divisent en deiLX grandes fractions nommées, 5\ cause de leur position, Clicraga ou de l'est et Rer.aba ou de l'ouest. Ils sont industrieux et connner^*Ants,
bon» et hospitaliers, mais <It; mœurs fort dissolues. Lutirs filles, trts réputés pour leur beauté, jouissent du triste privil^JîC d'être sacrifiées, dès leurs tendres années, k la Vénus banale. La prostitution dans cette triliu est une véritaUe institution. Cliatiue fille, avant de se marier, ira.
en compagnie de sa mère ou d'une sœur atiiée, se Ii\'Ter aux caresses publiques. Après avoir plus ou moins couni, elles rentrent dans la tribu, acfaitcDt un troupeau, et sont d'autant plus sAres du trouver un nmri que la somme qu'elles ont ramassée est plus ronde. Ces courtisanes de l'Algérie sont en même temps des danseuses fort réputées. Leur costume est fort curieux. Elles i>ortcnt sur la tête un monclioîr doré, rc-
tenant un voile de mousseline Manche, (jui les drape par derrière. De . desisous ce niouclioir sortent d'énornies tresses de laine noire simulant des cheveux. Elles ont à chaque oreille de «grands anneaux d'argent. Leurs robes sont formées d'étoffes bleu sombre ou grenat , attachées avec des broches et des chaînettes d'argent. A la taille elles portent des ceintures d'argent massif art istement travaillées, au cou des colliers d'ambre et de cortiil, aux poignets et sV la cheville du [ûe<l des cercles en argent. Leurs sourcils sont [>eints, et autour des paupières est étendu du keul, ou sulfure d'«intimoine, qui allonge les yeux et rend le regard langoureux. Quant A leur danse, elle est rythmique phitôt que passionnée, bien qu'elle figure toujours le drame de l'amour. Elle plaît néanmoins par son étrangeté. d De leurs bras garnis de bijoux elles se font comme des auré*oles : elles marchent en se balançant avec des clignements d'yeux et des poses plastiques qui sont souvent de la dernière inconvenance. A tour de rôle les spectateurs déposent à leurs picnls, doré'S par le henné, le tribut de leur admiration. »
Plusieurs de ces aimées ont joué un certain rôle : elles ont fini par acquérir un véritable empire sur l'esprit de maint personnage important de la haute société du désert. On a vu le fils d'un grand chef piller les coffres de son père pour les caprices d'une Ouled-Naïl, puis frapi>er les gens de sa tribu d'im[>ôts extraordinaires. On a vu, dans une petite ville du Sud, un grossier khalifa batonner, jeter en prison et accabler d'amendes de pauvres hères qui n'avaient pas été éblouis par la beauté de telle de ces femmes.
Les tribus arabes les plus în4)ortantes do la province d'Alger sont, • dans le Tell : les Attafs , les Ouled-Kseïr, les Ouled-Krouulein, les Sbeah, les Arib, les Beni-Djaad, les Beni-Sliman, les Beni-Krelifa, les Krachna, les Beni-Moussa, les Benî-IIassen, les Oule<l-Mouktar, les Hadjoutes qui furent si longtemps Tépouvantail de nos colons de la Metidja; dans le Sahara : les Zenakra, les Ouled-Chaïb, les Ilaliman, les Larba, les Arazlîa, les L<ighouatis et les Chambaas. Les Larlia sont braves et peu soucieux d'éviter des rencontres t\ main année. Ils aiment à faire parler la poudre. La question du premier occu^iant pour uiKi source ou pour un pâturage les met en querelles constantes
avec Ifurs voisins. Le» Ara7.Ii.1au coiitniîre sont iicii qiicrfllcitr», et iiliitôt port<!-8 au commerce et i\ la i)aix <ju'i\ la giiurre, mais ils ne reculent. pat) devant la nA;essîtô do la faire. Leurs feiuiiics, qui passent pour bcHe», sont fort (l^-baucli<k-H. I^es T-agliouatis eont tr^-s paresseux. Non
seulement ils laissent à leurs femmes tous les soins du ni^'oagc, mais encore aiment & vivre i\ leurs dépens. Ce sont en effet les femmes qui lavent, blanchissent et tissent la laine aclietif-c aux nomades, et en Ëibriquent.des haîks et des burnous fort estimés. Les Chanibàas ont un autre genre d'imlustrie, le vol des K>stiuux, ou razzia. Ils vont jusque «ir les bonis ile l'Atlantitpie enlevi-r des inoutuiLs et des chevaux aux
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Marocains ou dans le Sahara prendre aux Touaregs des chevaux et des ancs. Ces vols i\ inaîu armée, da'iis les<|uels ils di-ploîent une véritable énergie, les font redouter et estimer dans le désert, car on a peur de leurs vengeances et on rend honunage à leurs vertua. Ils sont braves, excellents cavaliers, piétons infatigables, grands chasseurs d'autruches et d'antilo{>es, très hospitaliers et fîdMes à leur parole, quoique menteurs et perfides dans les relations ordinaires de la vie.
On cite enfin, dans la province d'Oran, la grande tribu des Hacheni, qui fut associée à la bonne comme à la mauvaise fortune de son chef, Témir Abd-el-Kader, mais qui est aujourd'hui fort dis{>ersée et en dc*cadence ; les Flitta, qui nous ont opposé à diverses reprises une résistance dé-sespérée ; les Sdana, les Djafra, les Beni-Anieur et les RoseL Toutes ces tribus sont réparties dans le Tell. Nous signalerons dans le Sahara les Harar, les Hamian, les Ouled-Sidi-Cheick, dont l'autorité religieuse est reconnue par tous les Sahariens depuis le ]iIaroc jusqu'au Souf, et qui ont, à diverses reprises, entretenu contre la France de dangereuses agitations, enfin les remuantes tribus de Djebel-Amour. Les Ouleil- Sidi-Cheick ne sont pas nombreux, mais ils ont une grande influence. Plusieurs tribus ont accepté leur suzeraineté. Ils ne s'allient qu'entre eux et croiraient déroger s'ils donnaient leurs filles à des étrangers, à moins qu'ils ne soient marabouts de grande famille. Ils aiment les beaux vêtements, les armes brillantes, les équipages de guerre et de chasse. Ils ont des meutes de lévriers pour courir l'autruche et k gazelle. Ce sont les gentilshommes du désert. Leurs tentes de couleur noîre sont surmontées de bouquets de plumes d'autruches. Ils sont riches en chameaux, chevaux et moutons. On a trop affecté de les mépriser. Ce sont de redoutables adverwiires à cause de leur influence à la fois politique et religieuse et de leur proximité avec le Maroc et le Sahara.
Les Koulouglis. — Dans les premières géographîes de l'Algérie qu'on {mblia en France il était d'usage d'établir une catégorie spéciale dans la population indigrne pour ceux qu'on nommait les Koulouglis ou Kourouglis. C'étaient les descendants des Turcs de TOdjeac et des
fêiiiiiiett mauresques : itinm ils ^-taîent 8iisi)ects aux chefs du la R^-gence, qui les firent massacrer ou exiler à di verses reprises. Suus la domination française, il» se fondirent peu & peu avec les Arabes des villes , c'est- A-dirc avec les Maures, dont ils portaient le costume et avaient les mœurs. Il n'y a plus i\ l'heure actuelle de Koulouglis. Si quelquesuns d'entre eux conservent le souvenir de le«r origine, c'est sinipleliiciit par orgueil de race. Leur naissance ne leur assure auetiii privî-
I^e. Ou peut eu un mot les coniûd^'rer comme faisant jnrtie des indigènes.
Les NÈORl':». — Il n'en est pas de même des iiÎ!gres. Ils descendent des anciens esclaves soudaiiiens amenés par les caravanes i\ travers le Sahara depuis Ilaoussa, Tonibouctou , et les villes du Bomou ou du Macina jusqu'en Algérie. Ces n6gres étment en général bien traitée. 8'ÎU se convertissaient à l'islam, ils faisaient partie de la maison. La négresse, quelquefois épousée [«ir son maître, voyait ses enfants sur le pieil de la plus iNirfaite égalité avec les enfants «les autres feinnies-lA*
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Dègre/''taît souvent aflranclii, et, en ce cas, restait le serviteur volontaire lie sou ancien maître. Le décret du 27 février 1848, qui proclama ral>olîtion de Fesclavage, a interdit la traite des n^grcs et donné à tous les anciens esclaves la liberté. La pluj>art d*entre eux sont resté-s en Algérie. &ins avoir <le monopoles, ce sont eux qui, de préférence, exercent les métiers de marchands de chaux, de blanchisseurs de maisons, de fabricants de sparterie. Ils seront t\ Toccasion manœuvres et terrassiers. Quant «lux négresses , elles sont masseuses dans les bains niciurcs, boulangères andiulaiites, domestiques ou sorcières. Presque tous les nègres d'Algérie ont embnissé le mahométisme; mais ils ont conservé l'attribution du tapage. Aux (êtes musulmanes ou françaises , ils parcourent les rues gambadant et gesticulant , puis stationnent sur les phices publiques pour y exé'cuter des rondes sans fin, ou des danses peu chastes, dans lesijuelles les femmes se livrent aux déhanchements et aux contorsions les plus extraordinaires. Quelques-uns d'entre eux, ceux de Djelfa et de Biskra surtout, ont conservé des rites païens d'une saisissante originalité. Ils Scicrifient un bouc en grande pompe, après que tous les assistants l'ont parfumé et baisé à l'anus, comme dans les sabbats du moyen âge. Le sacrificcateur plonge la tête dans ses entrailles fumantes , pendant que deux négresses aspergent l'assemblc^e avec le sang de la victime.
Malgré ces cérémonies bestiales, les nègres algériens sont très jmici6ques. Ce sont d'excellents travailleurs, et de fidèles employés. Il serait à désirer que bon nombre de leurs conq)atriotes vinssent se fixer en Algérie. Habitués aux clialeurs du Soudan, ils fonneraient un précieux appoint de travailleurs volontaires, et pourraient rendre d'incontestables services soit comme agriculteurs, soit comme ouvriers.
Telle est, dans son ensemble , la population indigène de T Algérie. Nous avons omis bien des détails, qui trouveront leur place dans des ouvrages plus spéciaux. Nous n'avons cherché ici qu'à tracer degratidc*s lignes et domier comme une esquisse génénile de ces sujets d'aujourd'hui, qui pourront devenir les concitoyens de demain.
AUiBKlS.