L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Progrès de rinstmetlon en AIg<6rie. — Enncignement primaire. — En.«ei^cment Mcon<liirc. — Eii«ci-
gnement rnpérienr. «i- Traraux ncicntifiquci* et littérairct.
Depuis quelques €inn/'*cs on a beaucoup travaill<f* dans notre pays a\ relever le niveau des ^»tu(les, et on y a r^'ussi. Les ni^'thodes ont M'
perfectionnantes, les traitements des professeurs ani^'liorAs, les dotations des ^•tablissenients aiiginent^'es. Aussi d'importants progrès ont-ils it6 sArement et rapidement accomplis. L'Alg^-rie n'est pas rest^'c en arrière. Proportionnellement au chiffre de sa population, elle tient un rang honorable et pour celui de ses ^établissements d'instniction et pour celui des ^»lèves qui les fr^^quentent. Pourtant la p^'riode des hésitations et des demi-mesures a 6t6 bien longue ; mais, <lepuis 1870, on a marché résolument dans la voie du progrès, et rien n'indique qu'on doive s'y arrêter.
Ainsi que l'écrivait en 1876 le général Clianzy dans son Exposé de la situation de V Algérie : « S'il est un progrès dont puisse s'enorgueillir l'Algérie, c'est bien, sans contredit, celui qui se manifeste dans l'instruction publique. L'Etat, les départements, les municipalité*s ne reculent devant aucun sacrifice pour arriver A ce résultat; mais l'honneur en revient en grande partie }\ la population si intelligente de la coh>nie... J'ai pu constater moi-même, en visitant sueessivement les
OËOGRAPUIE POLITIQUE. eS7
localités lies truîs provinces, la bonne tenue des écoles, reniprcssemcut avec lecpiel elles sont fréquentées, ainsi <|ue le zMe et le clcvouenient du personnel enseignant. »
Le grand proMî^nie >\ résou<lre était celui de la fusion des deux races européenne et indigène par l'adoption d'un système coniiuun d*études. Il n'a pas encore été résolu. En tlié'orie, rien ne semble plus facile. Il suffît de faire asseoir sur les mêmes lianes et de domier les mêmes leçons à tous les enfants algériens. En réalité, malgré les aflirmatiuns tranchantes de certains thcM>riciens qui s'arrêtent volontiers }\ la surfacx* des choses, il n'est pas de tache plus ardue <pie de transfiirmer, du jour au lendemain, un peuple en un autre en lui imposant des mœurs, un langage et des lois qui ne sont pas les siennes; surtout si ce |>euple est musulman, c'est-A-dire obstinément attciché h sa religion et à ses coutumes. Pour les habitants des villes, leur négligence et leur Iiaiiie pour tout ce qui ressemble a un effort continu, pour ceux des caiu|iagnes la diflicuUé de conduire les enfants 2\ des é*coles souvent trop éloigiiéHîs, pour tous le sentiment religieux ou plutôt le fanatisme qui est comme l'essence du mahométisme, telles sont les causes qui ^ pour longtemps encore, enq)eclicront Arabes et K.ibyles de se franciser eu adoptant l'éducation française.
Ce ne sont pas les tentatives qui ont manqué : mais toutes ont piteusement é»choué. Le 6 août 1850 furent crevées des c*coles arabes-françaises, qui devaient recevoir des élèves de toute nationalité sous la direction de maîtres français et d'adjoints musulmans. Elles furent fréquentées au début, mais ne tardèrent pas à être dé'sertc'cs. Le même dé^cret avait établi i\ Alger, Oran, Constantine et Bone des écoles pour les filles musulmanes, mais on ne recruta que des enfants à peu près abandonneras, cjui furent retirées trop jeunes, ou qui tournè*rent mal. Dès 1861 ces énjoles étaient converties en ouvroirs. En 1855 une é'colc de mousses indigènes était installée A bord du stationnaire d'Alger : en 1871 elle ne contenait (jue douze indigènes et on fut obligé de la fermer.
Même avortement pour l'instruction secondaire. En 1857 radministration militaire créa deux colK^es franco-arabes. A Alger et i\ Oms-
taiitiiie : !cs c<iïcls et foiictîoniiaîres in<Iig&iies de tout grade reçurent, sous foniie (rinvitation, l'.onlre d'y envoyer leurs enfants. Ces élèves, habituels à être gâtés par leurs parents, trouvèrent très dure l'obligation de s'astreindre à une règle; d'ailleurs ils ne voulurent jamais frayer i avec leurs camarades européens, et les pères, qui les avaient toujours considérés comme étant des otages, les réclamaient au bout de quelque temps. Sans doute îl y eut des exceptions, et que^iues enfants montrèrent une intelligence peu comnmne et une faculté d'assimilation rare; mais, en somme, la tentative échoua, et, en 1871, on était obligé de supprimer ces établissements et de les fondre avec les lycées d'Alger et de Constantine»
Même insuccès pour l'enseignement supérieur. Une c^colc de médecine et de pharmacie fut établie à Alger en 1857 : mais les élèves indigèneS| sur lesquels on comptait, ne se présentèrent pas : on leur avait pourtant promis bien des avantages. C'est à peine si quelques- Qiis d'entre eux, sénluits par ces avantages, se firent recevoir officiers de santé ou pharmaciens de deuxième classe. C'est aux Européens seuls que l'é^cole d'Alger a servi et sert encore.
En résumé la fusion espérée ne s'est pas acccomplie. Les indigènes continuent à fré^quenter leurs é^^oles nationales, et les Européens les établissements créés pour eux sur le modèle de ceux de la métropole. Voici quelle était eu 1880 la situation de l'instruction publique en Algérie t
L'Algérie tout entière forme une académie, dont le recteur réside à Alger. Il est assisté par un inspecteur d'académie par département et ceux-ci ont sous leurs ordres des inspecteurs primaires. Un conseil académique et trois coaseils départementaux ont été établis comme en France.
1* Enseignement primaire. Il est distribué par six cent quatre- vingtsept écoles, dont cinq cent quarante-quatre publiques et cent quarante-trois libres. Elles sont fréquentées par cinquante-sept mille deux cents élèves des deux sexes. Sur ce nombre on ne comptait en 1873 qu(i douze cent trente-trois garçons musulmans et deux cent cinquante-huit filles. Le reste «le la population indigène continue A fré-
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queuter les zaoïiïas, ^•coles «le fanatisme et de Iiaiiie, oh le seul mérite consiste k apprendre par eœur les six mille deux cent trente-huit sentences du Coran. On a prétendu qu'il fallait les supprimer et résolument apprendre aux Arabes à parler le franyais. Mais non seulement il serait fort difficile de renq)lacer du jour au lendemain toutes les zaouias par des écoles , mais encore l'usage d'une langue ne peut pas s'inq>rovîser par dc'cret. Les Romains occupaient l'Afrique depuis cinq siècles lors([ue saint Augustin écrivait A Tévcque donatiste Crispinus pour lui proposer de traduire leurs sermons en langue punique, c'està-dire indigène. Si les Romains n'avaient pas réussi à imposer leur langue après une si longue occupation, il est à craindre que nous ne réussissions pas davantage, d'autant plus que nous avons en outre à lutter contre la religion. Ce n'est «pi'avec le tenq>s, et lorsque les colons se seront glissés au milieu d'eux, que les indigènes sauront le français. Néanmoins on ne saurait trop encourager l'extension donnc*e à renseignement primaire en Algérie. C'est, après tout', le plus sûr et le plus rapide instrument de la civilisation.
Eu dehors des écoles primaires, il nous faut encore citer vingt-quatre écoles arabes-françaises en territoire militaire. Elles sont fréquentc*es par six cent vingt-deux garçons nnisulmans. Viennent ensuite douze écoles congréganistes pour les indigènes établies en Kabylîe, et, dans le sud, à Laghouat et h Bou-Saada, deux enrôles normales d'instituteurs à Alger et àConstantine, une c*cole normale d'institutrices à Milianah,une école des arts et métiers en voie de formation i\ Dellys, enfin cent soixante-trois salles d'asile, tenues par des sœurs et recevant dix-sept tiiille six cents enfants des deux sexes. La {lopulation scolaire est d'environ quatre-vingt mille enfants : ce chiflre, déjà satisfaisant, ne peut que grandir encore. L'instruction primaire est donc en Algérie dans une situation très satisfaisante.
2* Enseignement secondaire. — Dès 1831 des écoles secondaires avaient été créées en Algérie. En 1835 seulement fut décidé l'établissement d'un collège à Alger, et ce collège devînt lycée le 1" octobre 1848. Ce lycée a i>ris une grande inqKirtance. Il est au niveau des meilleurs lycées du continent, et les succès qu'obtiennent ses élèves
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Ba2 L*ALGÉRIE.
multiple. C'eut ^•té un foyer lumineux qui aurait ^x-lair^» toute l'Afrique française. On a nianqu<^' Toccasion de « faire grand ». Reconnaissons pourtant que, grâce à l'activité et au zèle des nouveaux professeurs, les cours ont 6t6 organisés, surtout dans l'ordre <les lettres, avec beaucoup d'intelligence. Nous avons sous les yeux les programmes de 1882, et nous y avons constaté, non sans une arrière-pensée de jalousie, qu'on enseignait à Alger des matières qui n'étaient pas profcssé'es dans nos facultés françaises (Histoire et géographie de l'Afrique, langue et littérature araUes, dialectes berbères, syriaques et assyriens, etc.). Dès lors jwurquoi retarder plus longtemps l'assimilation?
. Jiravaux scientifiques et littéraires. — Aussi bien les Algériens ont 81 bien compris cette nécessité, qu'ils ont d'eux-mêmes, & l'instar de la métroix>le, fondé divers établissements, tels qu'académies et socié*tés savantes, destinés à propager cet enseignement supérieur. La Société des beaux-arts, sciences et lettres d'Alger donne des cours et conférences faits par des professeurs ou des spécialistes. La Société historique algérienne, fondée en 1856, publie tous les deux mois, sous le nom de Revue africaine^ un fascicule d'environ quatre-vingts pages, oîi sont insérés d'excellents mémoires et des documents d'une grande valeur. La Société archéologique de Constant ine, créée en 1853 sous l'impulsion du savant épigraphiste M. Léon Renier, publie chaque année un volume de mémoires et de notices qui lui ont valu à diverses reprises d'honorables récompenses. Elle a retrouvé im nombre considérable d'inscriptions, non seulement latines, mais libyques, phéniciennes, berbères et arabes. M. Renan signalait naguère avec éloge l'important service que rendent à la science les archéologues de Gonstantine, MM. Judas, Cherbomieau, Ferau<l, Pont, Vayssettes, en « découvrant ce monde touareg ou libyquc, qui est le monde africain même conservé jusqu'à nos jours, à travers toutes* les dominations étrangères, par les idiomes kabyle et touareg, par les inscriptions libyques, par des institutions et des mœurs esseiïtiellement aborigènes ». On a fort remarqué une des récentes découvertes de la Société, la mosaïque des bains de Pompeïanus, à Oued-Atmenia, ainsi qiie ses fouilles au Me-
QÊOaBAPllie fULITIQUE.
<lrasen, qui fut sans duuto la séptilture des roisi numides. Une tioc-iétiS analogue s'est constituée à liunu suus le nom d'Académie d'Hippoiie. Après diverses vicissitudes, elle se trouve maintenant dans une siluation prospère. Alger jiossèdu encore une Société de climatologie dont tes travaux antliro[Hjlogiquos sont fort estimés, ainsi qu'une Société de géograpliie en voie de formation. Deux autres Sociétés de géograpliic viennent d ctrc fonlces à Oi m tt \ Iki icvn
Toutes ict> asbotiationb forniei.s lus k Ijut de riumr des hommes qui savent à un moiULtit donne s ele\er au desbus det» \ulg-iire5 préoc-
Il| lie — AnbeUwi le Ounn.
cupations de l'heure pré-sente, démontrent que le-a Algériens s'inti'resseut, comme leurs concitoyens d'au delà la Méditcrrané-u, aux choses de l'esprit. Dans toutes les villes un jicu importantes, des liîbliothèque's publiques ont été ouvertes, qui propagent les connaùssimces utiles et augiiicntent encore le gufit de l'instruction. De plus, dans beaucoup de localité-a, la ligue de l'enseignement a organisé et [kitronnc des cours éténientaircs. Certes il serait à désirer que Iteaucuuii de nos départements fussent aussi bien outillés et aussi pleins d'ardeur pour l'instruction, A tous ses degrés, que le sont nos trois dé[>artenicnts algériens.
Le gouvernement avait entrepris en 1839 une a-iivre considérable,
qu'il est fort regrettal^le (l'avoir iiiterroiiiiMie. Nos (loiii/»es surl'AIg/'TÎe 6tai<.*iit si îiicoiiiplètes qu'on se heurtait i\ clia^ue pas contre «les obstacles imprévus. On n'solut «le faire \k>uv notre nouvelle coii<iuete ce qui avait si bien réussi pour l'Egypte. Une commission scientifique fut instituée, composée (l'Iiomtnes sjiéciaux. Les instructions furent rédigées par le savant secn'taîre de l'Académie des inscriptions, Walkenaer, et aussitôt on se mit h la besogne. Ce fut un travail prodigieux. Il fallait à la fois manier la plume et le crayon. Nos officiers s'y distinguèrent par leur entrain et leur bravoure. Quelques-uns d'entre eux acquirent même & ce travail une légitime renommée. Citons parmi eux Carbuccia, Pellissicr, Carette, etc. Quelques années plus tard rinqirimerie royale é<litait seize volumes, dont il convient de rappeler les titres. 1* Etude sur les routes suivies par les Arabes dans la partie méridionale de VAhjérie et de la liégeace de Tunis^ par Carette; 2* liechcrcfies sur la yéofjrapliie de t Algérie méridionale^ par le même ; 3" Recherches sur T origine et les migrations des principales tribus de F Afrique septentrionale^ par le menic; 4** et 5* i?echercfies sur la Kabylie proprement dite^ par le même; 6* Mémoire historiques et géographiques^ par E. Pellissier; V Traduction de T Afrique cV El- Kairouani^ par Pellissier et de Rémusat; 8" Traduction des voyages dans le sud de T Afrique dEl-A'iachi^ par Berbrugger ; 9** Recherches sur le Maroc ^ par Renou; 10" à 15** Traduction du Précis de jurisprudence musulmane selon le rite de Malek de Sidi-Khelil^ jiar Perron; 16* Description de la Régence de Tunis^ par Pellissier. D'autres publications sur les sciences physiques , mathématiques et médicales, sur les beaux-arts et l'archéologie conqdétèrent un ensend)!e de travaux auxquels on donna le nom d'exploration scientifique <le l'Algérie. Tous ces ouvrages sont de valeur inégale, et ils ont été singulièrement déliassés, mais ils rendirent de gninds services, car ils substituèrent la réalité i\ la fantaisie. Rome, qui a possédé l'Algérie iien<lant plusieurs siècles, s'est préoccnj/'e tles intérêts matériels, mais n'a rim |
fait i>our l'exploration scientifique du pays. Elle a même systématiquement détruit tout ce (pii rap|ielait l'occupation punique. Ce sera l'honneur de notre pays, wuis avoir négligf' les intérêts matériels,
GKOOKAPinC rOLITlQUE. 6.15
tr<'ivoîr WTÎruseiiiciit ('tihli*' les idiomes iinIij;riios, 1rs iiioiiiiiiiciits, les înscrîptioîis, etc. Coin me Ta écrit avec un lé^çitîiiie orgueil un tles maîtres' de la géograpliîc, M. Vivien dr Saint-Martin {Année géographique^ 1. 1), n: rAiigleterre, qui s'enorgueillit Ajuste titre <les investigations scientifiqTies qu'elle poursuit (»u encourage <lans ses nombreuses colonies, n'en pourrait citer aucune où elle ait autant fait <laus le même espace de temps; et, si nous remontons jusqu'aux /qMxpies Ich plus brillantes <le la puissance grec<pie et romaine, on jieut tlire rjne Tantiquit/* tout entière a réuni en dix 8i^cles numis de notions positives sur le monde alors connu que nous en un tiers de siècle <laiis nos provinces africaines. »
L'élan était donné. D(''*sorniais les travaux se succédèrent. L'Aliréric devînt une des provinces les plus explorées <bi domaine scientifique, et une école se forma qu'tm pourrait A juste titre nommer l'Ecole algérienne. Savantes investigations d'archéologie ou irépigrai>liie , études sur les dialectes, sur les nneurs, sur les religions, tniductions d'auteurs indigènes, explorations locales, <Iissertations d'ethnographie, de climatologie, nivellements barométriques, topograpliie, géographie, rien n'a été négligé.
Est-il besoin de citer pour l'archéologie numide les importants travaux de MM. Tauxier, Ferau<l, lîertherand, Faidherbe, Letourneux, Bourguignat, D' Reboud, Kaltbrumier et Judas; pour l'archéologie romaine l'ouvrage capital de L. Renier sur les inscriptions romaines de l'Algérie (1855-1861), et les savantes «lissertations de MM, Muller, Nau de Champlouis, Cherbomieau, de Vigneral, Watbled, de Verneuil et Bugnot; pour l'histoire de l'Algi'rie |>eiidant le moyen âge les travaux d(î MM. Dcvoulx, Cherbomieau, Monnereau, Berbrugger, Mercier et Mas(piera}', et surtout les belles traductions de M. de Slane? L'histoire naturelle et les sciences proprement <lites ont été l'objet de travaux analogues. Il nous faudra acconler une mention sj/'ciale i\ la Malacologie de ï Algérie par M. lîourguignat, au nivellement bannuétrique (»jK'ré en 1801 par P. Mares, et j\ la jonction géodési<pie de l'Algérie et <le l'F-spagne, par consi'quent «le l'Afrique et de l'Europe, par le colnntd Terrier.
Cette (leniîf»re op^ratîcm ^'taît de la plus haute îniportance. Il fallait d'abord n'soudre théoriquement cette question : la courbure de la terre Y*tant donnée, est-îl possible de relier au-dessus de la Méditerranée, par les trajectoires des rayons visuels, des points assez élevés dans la draine de T Atlas et les sierras espagnoles? En 1863 le colonel Levret avait affinnativeinent résolu le- probl^nle. Il fallait ensuite le résoudre ex|KTinientalement. En 18G8, M. Perrîer, alors capitaine, et occui)é i\ la triangulation de l'Algérie, apprit que la cote d'Espagne était parfois en vue. Il la découvrit luimême à diverses reprises, et, dts lors, affirma qu'i\ l'aide de la lumière solaire pendant le jour, et de la lumière électrique pendant la nuit, il était possible d'obtenir des signaux perceptibles à des distances de 300 kilomètres, et, par conséquent, de faire l'oiRTation. Chargé en 1878 de la mener i\ bonne fin, il s'installa au mont M'Sahiba, près d'Oran, pendant que ses collègues établissaient leurs stations, le capitaine Bassot au mont Filhaoussen entre Tlemcen et Nemours, le major Lopez et le colonel Rarraqucr aux monts Tetica et Mulhacen en Espagne. Pendant dix-neuf jours (20 août -8 septembre), ni faisceaux solaires nî lumière électrique ne furent aperçus, à cause des vapeurs maritimes. Le 9 septembre M. Perrier découvrît la lumière électrique du Tetica, comme un disque rougeâtre de teinte uniforme. Le lendemain il vit la lumière électrique du Mulhacen. Les signaux d'Algérie étaient, en môme temps, vus d'Espagne et les opérations étaient ter^ minées le l*' octobre. Le problème de la jonction des deux continents est donc résolu et celui de la forme réelle de la surface terrestre a fait un grand pas grâce k une donnée aussi considérable et ii l'abri de toute contestation.
Cette énumération des travaux accomplis tournerait promptement au catalogue : nous croyons en avoir assez dit pour démontrer que l'Algérie a été sérieusement étudiée, et, si nous sommes parfois embarrassé, ce n'est plus par la rareté mais plutôt [xir l'abondance des renseignements.
tu.