S L*AL0EU1B
fils. Le g/în^rul se fit expliquer sa demande par les interprètes, et ordonna aussitôt de le conduire aux ambulances. Le jeune homme <!;tait sur le point de subir l'amputation. Apr^s les pn*miers moments d'effusion, et quand il eut reconnu la gravit/; de la blessure, le clieick, par scrupule reli;çieux, d/'fendit i\ son fils de permettre l'opiîration. On respecta sa volont/'*, mais quelques jours plus tard le jeune homme expi«iit p.ar d'horribles souffrances l'ignorance et le fanatisme paternels.
IjC lendemain un autre cheick se présente. Il paraissait épuisé de fatigue. On s'empresse de le réconforter, et, sur sa demande expresse, on le conduit h liourmont. <t Bien que vctu de haillons, dit-il, je suis chef de tribu, et j'ai voulu voir par moî-mr-me quels étaient tes sentiments à l'égard des Turcs et des Arabes. )> Le général l'assura qu'il ne cherchait qu'i\ délivrer les Arabes du joug des Turcs. « J'en suis fort aise, répondit le cheick, et, puisqu'il en est ainsi, ma tribu traitera bientôt avec vous, mais il faut me laisser partir, car je ne suis pas votre prisonnier. > On sut plus tard que, conduit à Alger, cet infortuné avait payé de sa tête son imprudente démarche.
Grande ignorance de la part des Arabes, férocité et fanatisme de la part des Turcs, telles ét<ilent donc les dispositions de nos ennemis. Notre calme apparent surexcita leurs espérances, et comme le vaincu de Staouëlî avait une revanche à prendre, et sa grâce à mériter, il résolut de nous attaquer dans nos nouvelles positions.
Bourmont lui épargna la moitié du chemin. Le convoi de grosse artillerie, attendu «avec tant d'impatience, venait d'ctre signalé (23 juin). Le général donna aussitôt l'ordre de continuer la marche dans la direction d'Alger. Dès le 24 juin, nos soUh'its rencontraient des masses considérables sur les hauteurs du mont Boudjfiréah , non loin du marabout de Sidi-Kalef. Le terrain était difficile. Il couvrait les approches d'Alger. Il fallait à tout prix en débusquer l'ennemi. Quelques obus habilement dirigés dispersèrent les Algériens, et nos soldats couronnèrent bientôt les hauteurs de Sidi-Kalef. Dans cette brillante opération, un officier d'avenir, Amédée de Bourmont, fut grièvement blessé. Le général apprit ce malheur à la France dans les termes les plus nobles : c Un seul officier a été dangereusement blessé. C'est le second des
LA RÉ8ISTANC!K TUHQUK.
quatre fils qui m'ont suîvî en Afrique. J'aî TeRpoîr qu'il vivra pour gervîr avec dévouement le roi et la patrie, d Cet espoir ne se r^*alisa pas. Quelques jours après, mourut le lieutenant de Itourmont.
Le géiiéval en chef, toujours prudent, ne voulut poursuivre son succès qu'après avoir assuré' ses communications. Sidi-Ferrucli fut transforma' en forteresse. On mit cette presqu'île en ^;tat de r^'sister à toutes les forces de la r^*gence. En cas dVîcliec c'était un asile assuré. Une route fut tracée de Sidi-Ferrucli k Staoui-li, prolongée jusqu'à Sidi-Kalef, et défendue par huit redoutes. On avan^*ait lentement, mais sûrement. Chaque pas en avant nous rapprochait d'Alger. Aussi bien il n'était que temps de commencer le siège. Les escarmouches des Algériens étaient meurtrières. Ils avaient deviné la seule tactique qui convint au terrain et aux circonstances. Ils ne négligeaient aucune occasion de massacrer les hommes isolés, ou d'attaquer les convois mal escortés. Quelques-unes de ces rencontres furent désastreuses. Un bataillon du 4' léger, surpris au moment où il lavait ses fusils, perdit en quelques minutes près de quatre-vingts de ses hommes. Dans la seule journée du 27 l'armée eut vingt-trois tués et cent-vîngt-huit blessés. Depuis l'ouverture de la campagne, dix-sept cents hommes étaient déjà hors de combat. Le ;;énéral en chef crut nécessaire d'appeler la Indivision de l'armée, en réserve à Toulon. L'ordre fut donné, mais les succès ultérieurs de l'expédition rendirent cette pré*caution inutile.
Le 28 juin au soir, tous les préparatifs étant h peu près terminés, l'armée reçut avec joie l'ordre de reprendre son mouvement offensif. Elle était en marche le lendemain, dès la pointe du jour, Loverdo à gauche, des Cars à droite, Ilerthezène au centre. Les trois divisions opérèrent de concert leur mouvement, et arrivèrent sur le sommet des collines qui dominent Alger. La principale difficulté' avait été la marche sur un terrain presque inconnu, coupé de pentes abruptes et couvert de haies d'aloès presque infranchissables. Oblîgf's de s'avancer sans guides et sans cartes stratégiques, nos soldats s'égarèrent A plusieurs reprises. Quelques-uns d'entre eux firent plusieurs fois la mrmc ro«ite. Le mirage produit par les vapeurs de la Metidja avait fait suj»-
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poser à plusieurs cliefs qu'ils se trouvaient en face de la mer, et que, par conséquent, ils suivaient une route contraire à celle qu'ils (levaient suivre. Quelques r^-j^iinents confondirent leurs rangs. Il fallut, comme apr^s une mM6e, que le rappel fut battu pour rallier les drtachements. La clialeur excessive et le manque d'eau au^^mentaient encore la fatigue. Certes, dans cette journ<^»e de désordres et d'imprudences, si Hussein avait fait garder les prin(;ii)aux passages, et essaya un simulacre de résistance, c'en était fait de notre armée. Elle eut été non p.i8 anéantie, mais forcée h rendre les armes sans avoir combattu.
Enfin Tordre se rétablit, et nos soldats couronnèrent le sommet du mont Boudjaréali. Ils virent se déployer devant eux tout le revers d'Alger, et, à l'horizon, notre escadre qui s'avan^*ait pour combiner une double attaque contre la ville. Ce spectacle grandiose excita leur enthousiasme. D'un mouvement unanime et spontané, ils saluèrent de cris mille fois répétés leur future conqurîte. Les forts d'Alger répondirent à ces cris de joie en tirant le canon d'alarme.
Alger est buti eu amphithéâtre sur le penchant d'une colline assez élevée. Il forme un triangle dont un des cotés est appuyé A la mer. Sur les fronts nord-ouest et sud-ouest, tournés vers le continent, l'enceinte consistait en une muraille sans bastions mais avec tours et créneaux. Il n'y avait d'artillerie que sur un petit nombre de points, et les remparts n'étaient pas assez larges pour qu'on pût songer h en établir.
Du coté de la mer, l'enceinte n'était presque partout qu'un simple mur. Le port était fermé par un môle, qui joignait au continent quelques îlots. Ce mole était couvert de batteries, disposées sur plusieurs étages. Alger avait cinq portes : deux ouvertes sur le front de mer, une & l'ouest, Bab-Azoun, deux à l'est, Bab-el-Oued et la Porte Neuve. En résumé, sauf du coté de la mer, ces fortifications n'étaient ni imposantes, ni susceptibles d'une longue défense. Outre cette enceinte, on comptait plusieurs forts détachés : le premier, s\ l'angle formé par les deux fronts de terre, était la Kasbah ou citadelle proprement dite. Les forts Ilab-Azoun et Neufcouvraient les portes lîab-Azoun et lîab-el-Oued. A deux ou trois cents mètres de celui-ci était le fort
LA RÉSISTANCE TURQUK. 79
des Vingt-Quatre lieures, et à «juinze cents mètres plus loin le fort des Anglais. Ces forts étaient Iktîss^s de canons, car les Orientaux s'imaginent volontiers qu'une position est inexpugnable, quand ils y ont entassé sans discernement des bouches a feu. La clef de la position était le château de rKmpereur, Sultanîeh Kalassi, ainsi nommé parce qu'il avait été bâti i\ l'endroit même oîi Charles-Quînt avait son quartier général, lors du sîfcge de 15 il. C'était un carré allongé du sud
Fig. 19. — Attaque d'Algrr par uitr (3 juillet 1830). fiidtrU khfvri'iHf de VtriaiUrt,
au nord, en maçonnerie ainsi que toutes les fortifications d'Alger. Les . murs étaient flanqués de petites saillies en fonne de bastions. A l'intérieur se dressait une grosse tour ronde servant de réduit.
Une enceinte continue, six forts détachés, un port fermé et bien abrité, telles étaient donc les défenses d'Alger. C'est du côté de la mer que les Algériens avaient accumulé leurs moyens de défense. Ils ne soupçonnaient mf me pas que nos soldats pfissent les attaquer par terre ; c'est ce qui explique pourquoi le château de l'Empereur tira le canon d'alarme, dès qu'il vit nos soldats couronner les cimes du Bou-
m L*ALGEUIK.
djar^^ah. Bien qu'on fut persua^lé à Alger que ce cliateau ne serait janiaiH pris que lorsque nos soMats auraient construit une citadelle tle force Bup£*neure, il y eut n^*annioins comme une punique dans lu vill*.* assicgÔQ. Les inians furent învit<^*s A distribuer leurs encourugements afin de relever le moral abattu. Vu des favoris d'Hussein, son ministre des finances ou Kasnudjur, se cliargea de lu cl<^*fense du château, et, sous ses ordres, huit cents artilleurs choisis parmi les plus habiles, et quinze cent s janissaires s'y enfermèrent, jurant de s'ensevelir sous ses ruines avant de le rendre.
Sauf en 1541 , toutes les attaques avaient été dirigées pur mer et les Algériens avaient de ce coté tellement multiplié les moyens de défense qu'ils se croyaient à peu près invincibles. Aussi leur étonnement fut-il grand et leur surprise désagréable, quand ils s'aperçurent que non seulement la flotte française s'apprrtait k les bombarder, comme au temps de Duquesnc ou d'Estrées, mais encore que le gros de nos forces s'avançait par le continent. Pris entre deux feux, obligés de soutenir une double attaque, cette tactique les déconcertait. C'était déjà pour nous un premier succ2îs.
La véritable défense d'Alger c'était sa banlieue. Un inextricable réseau de chemins sinueux faisait en effet de la campagne qui environnait la ville un véritable labyrinthe. Dans ces étroits défilés , maintes et maintes fois les Espagnols et les autres ennemis de la régence avaient été assaillis et battus. Tous ces sentiers conduisaient à des milliers de petites habitations dont l'éclatante blancheur contrastait avec la végétation qui les entourait. Si par malheur nos soldats s'étaient aventurés dans ces fourrés, ils étaient perdus ; mais le siège était bien conduit : la suite des événements le prouva.
Après avoir visité les différentes positions, et reconnu un plateau que le capitaine Houtin, dès 1808, avait désigné conmie l'emplacement le plus favorable pour l'ouverture de la tranchée, Bourmont établit son quartier général A 2,000 mrtres du fort l'Empereur. Telle est Tinsouciance orientale que les Turcs n'avaient pas défendu les approches de cette citadelle, et qu'on pouvait immédiatement commencer l'opération qui, d'habitude, termine les sièges, l'établissement des batteries
fi'.
LA ItÉSISTANCË TUltgUE. $1
de brèche. Kn efTet, malgré la fatigue de la journée, nos soldats prirent la pelle et lu pioche, et, dès la nuit du 29 au 30, 1000 mètres de tranchées furent ouverts. A partir de ce moment les travaux continuèrent sans relâche, malgré les attaques tentées journellement par l'ennemi, et la multiplicité de ses feux. Pendant que s'org<inisaient les batteries de brèche, et q!ic les pièces de siège étaient les unes après les autres mises en position, nos soldats se rapprochaient peu s\ peu de la ville. Comme la division lierthezène avait toujours combattu en première ligne, et que ses pertes étaient considérables, on la ramena en arrière, avec mission de couvrir l'armée de siège, d'escorter les convois, et d'occuper à partir de Sidi-Ferruch et de Staouëli les postes et les redoutes destinés à nous protéger. Les divisions des Cars et Loverdo aidèrent aux travaux d'investissement et d'attaque.
Le terrain, aux environs d'Alger, est composé de matières rocheuses que la pioche entame à grand' peine ; le roc se montrait souvent à nu, et, pour former les épaulements, il fallait recourir aux sacs à terre. Le dévouement de nos soldats triompha de tous les obstacles, mais leurs pertes furent cruelles. Les canons incessamment braqués sur nos ouvrages faisaient un feu roulant qui détruisait les parapets, et les Algériens, avec leurs longs fusils, prenaient t\ revers les boyaux des tranchées, et y dé*cimaient les travailleurs. D'ordinaire le feu cessait après le coucher du soleil. Nos ennemis dérogèrent pourtant à cet usage dans la nuit du 3 au 4 juillet et essayèrent une sortie générale. Assaillis & l'improviste, les assiégeants durent se défendre avec leurs instruments de travail. La prompte arrivée de renforts dégagea la tranchée et refoula les assaillants.
La marine n'était pas restée inactive. Le 1*' juillet l'amiral Rosamel défila devant les forts de la rade, et, reconnaissant qu'ils étaient dépourvus de canonniers, ouvrit contre eux un feu destructeur. Deux jours plus tard, le 3 juillet, l'amiral Duperré renouvela la nirnie inanoiuvre, et obtint des résultats plus satisfaisants encore, puisqu'il réussit à s'emparer de trois batteries armées de trente-trois canons. Néanmoins ce n'étaient h\ que des diversions. Tout l'intérêt se concentrait sur les opérations du siège proprement dit. Hussein le comprenait si bien
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qu'il avait envoyé au fort rEnipcreur Télite de ses soldats, et ne cessait de leur prodiguer ses encouragements.
Le 4 juillet fut un grand jour pour Tarmée expéditionnaire. Vers quatre heures du matin, une fusce partie du quartier général donna le signal tant attendu d'ouvrir le feu, et, à partir de ce moment, l'atmosphère fut sillonnée de projectiles. Les défenseurs du château ripostèrent vigoureusement, mais presque tous leurs coups portaient h faux, tandis que le tir de nos pièces était d'une précision merveilleuse. Chacun de nos boulets atteignait les embrasures, et faisait voler la pierre en éclats. Ija direction des bombes fut d'abord moins régulière, mais, une heure seulement après l'ouverture du feu, elles éclataient, toutes sans exception, dans l'intérieur de la citadelle.
Dès huit heures du matin le feu de l'ennemi se ralentissait, et la chute des parapets laissait h découvert quelques-uns des fronts. Kn vain les artilleurs turcs s'efforcent de remplacer par des balles de laine et des blindages les pans de muraille écroulés : leur courage ne résiste pas à l'adresse de nos pointeurs. A dix heures le feu du château était éteint. On commence aussitôt i\ battre en brèche. Nos boulets déterminent de nombreux éboulements. La garnison épouvantée veut alors se retirer. Hussein lui ordonne de se défendre. Les janissaires, ne consultant que leur désespoir, méconnaissent ses ordres et se précipitent en furieux vers la ville.
Nos soldats n'apercevaient plus alors que trois nègres qui , avec un courage admirable, essayaient de remonter et de tirer une pièce démantelée. L'un d'entre eux est coupé en deux par un boulet, un autre a les jambes emportées; le dernier survivant se dirige alors' vers la porte centrale , dont il referme la porte sur lui. a Quelques minutes s'écoulèrent. Personne ne se montrait plus sur les remparts. Un silence de mort planait sur la citadelle. Tout à coup une flamme brille au pied de la grande tour; une immense colonne de fumée s'élève au-dessus du fort^ une détonation effroyable retentit et domine le bruit du canon ; des débris de toute sorte retombent sur le sol, et atteignent jusqu'aux parties avancées de nos tranché^es. L'obscurité, plus encore que cette horrible grêle, ébranle quelques courages, mais les artilleurs restent
LA RÉSISTANCE TUIEiiUK.
& leur poste, et les coups <le canon qui partent de nos batteries ras-
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Plf. l". — Le Ion rBnivniir aintr. Onitrit Uilvrlimr dt nrnUi
surent l'anaéc sur les effets de l'explosion. Le fort venait de sauter. » Les ennemis, sans doute ce ni^gre qn'on avait tant remarqua-, avaient
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mis le feu aux poudres. Quand le nuage qui enveloppait la citadelle fut un peu dissipé, on aperçut, au front nord-ouest, une immense brèche. Le général Hurel, qui commandait la traTichée, lance aussitôt ses hommes sur les ruines encore fumantes, et deux soldats, Thistoire a retenu leurs noms. Lombard et Dumont, arborent le drapeau blanc sur le sommet du fort.
La Kasbali et le fort Bab-Azoun n'avaient pas ralenti leurs feux, seulement ils les tournaient contre le château l'Empereur. Le général la Hitte fit aussitôt diriger contre la Kasbali et Bab-Azoun quelques pièces de campagne et celles des bouches à feu du château que Texplosion avait laissées sur leurs affûts. Ces canons bien dirigés suffirent pour réduire au silence l'artillerie ennemie. De son côté, le général Valazé, afin de ne pas laisser aux Algériens le temps de se reconnaître, commença une nouvelle tranchée devant la ville.
Alger était plein de trouble et de confusion. Les Arabes s'étaient enfuis en tumulte dans la campagne, dès qu'ils avaient vu tomber le château. Le soir même les contingents d'Oran et de Constantine s'éloignaient. Le peuple, craignant une prise d'assaut, demandait à grands cris une capitulation. Hussein, qui s'imaginait encore qu'une humiliation passagère le sauverait, consentit alors à envoyer à Bourmont un de ses secrétaires pour lui proposer des excuses et le paiement des frais de guerre. Le général répondit au représentant du dey que la base de toute négociation devait être l'occupation immédiate de la ville par les Français. Le secrétaire ne voulut transmettre ces dures conditions à son maître que lorsque Bounnont les eut fait rédiger. Deux heures plus tard, deux autres députés demandaient une nouvelle audience. Avant qu'elle leur fi\t accordée, un certain Mustapha se présentait à Bourmont en qualité d'envoyé de l'Odjeac. Les janissaires et les soldats turcs, pour s'assurer la possession d'Alger, venaient en effet de se réunir en assemblée extraordinaire et avaient résolu de proposer au général français l'assassinat immédiat de leur inaître. Bourmont indigné repoussa ces offres, que l'honneur lui défendait d'accepter. Il fit même savoir à Mustapha qu'il punirait sévèrement ceux qui attenteraient aux jours de Hussein, attendu qu'il était
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le seul maître légitime de la régence, et ne voulait traiter qu'avec luî ou ses représentants. Aussi, lorsque arrivèrent ces derniers, ils furent bien accueillis.
Le consul d'Angleterre les avait accompagnés, non pas à titre officiel, il eut grand soin de le faire remarquer, mais par amitié pour le dey. Bounnont Técouta sans lui répondre : il ne voulait pas se compromettre vis-à-vis de ce personna5:e, qui représentait une puissance jalouse et au besoin hostile. Deux IMaures, les plus riches d'Alger, s'étaient également joints au cortège. Ils venaient prier Bourmont de suspendre un feu désormais inutile. Cette demande leur fut aussitôt accordée. Un de ces Maures, qui devint plus tard syndic d'Alger, Sîdi-Abou-Derbiih, fit alors remarquer à Bourmont que la prudence lui conseillait de ne pas exiger une capitulation à merci. Les Algériens en effet ne comprenaient pas ce tenue, et croyaient que les Français avaient l'intention de se livrer aux actes les plus barbares : aussi résisteraient-ils à outrance, si on les poussait au désespoir. Ces conseils étaient sages. Bourmont assembla aussitôt un conseil de guerre, et rédigea une convention, dont il adoucit les termes pour ne pas effrayer la population, puis il la revêtit de sa signature, et la fit porter au dey par l'interprète principal de l'armée, Bracewithz.
Ce dernier a raconté, dans une intéressante relation , les scènes curieuses auxquelles il assista dans le cours de sa mission. On ne le laissa entrer qu'à graud'peine à Alger. Quand il monta la rampe étroite qui conduit à la Kasbah, il traversa les rangs épais d'une foule furieuse qui l'injuriait et le menaçait. Introduit dans la cour du divan, et présenté au dey, il le salua, et, après lui avoir adressé quelques mots respectueux, lut à haute voix les articles suivants : !• ne L'armée française prendra possession de la ville d'Alger, de la Kasbah, et de tous les forts qui en dépendent, ainsi que de toutes les propriétés publiques, demain 5 juillet I80O, à dix heures du matin, d Ces mots excitèrent une rumeur sourde, que réprima le dey. 2* <(, La religion et les coutumes des Algériens seront respectés. Aucun militaire de rarmée ne pourra entrer dans les mosquées. » Cet article excita une satisfaction générale, mais l'article 3 souleva des cris de
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ra;îe. Il otaît aînsî conçu : ^ Le dey et les Turcs devront quitter Alger dans le plus bref délai. i> Hussein pîllit, se leva, et jeta autour de lui des regards inquiets. La mort! La mort! criaient les janissaires, et drjA les yatagans étaient sortis du fourreau. L'interprète regarda fixement le dey qui, prévoyant une catastrophe, descendit de son divan, et ordonna le silence d'une voix forte. lîracewitliz put alors donner lecture de l'article 4, qui ramena un peu de calme : a On leur garantit la conservation de leurs richesses personnelles; ils seront libres de choisir le lieu de leur retraite. 2>
Des groupes se form(''*rent à l'instant dans la cour, et la discussion s'engagea. On fit alors connaître au dey la convention particulière qui réglait son sort. Il en pesa' tous les termes avec un soin méticuleux, et voulut les discuter. L'interprète, qui n'avait pas mission de traiter mais de traduire et d'expliquer, demanda alors h rentrer au quartier général pour avoir les dernières instructions de lîourmont. Voici Tactc définitif q!ii fut rédigé et signé le lendemain 5 juillet par les hautes parties contractantes.
1** Le fort de la Kasbah, tous les autres forts qui dépendent d'Alger et les portes de la ville seront remis aux troupes françaises ce matin }\ dix heures.
2* Le général de l'armée française s'engage envers son Altesse le dey d'Alger à lui laisser la libre possession de toutes ses richessespersonnelles.
3® Le dey sera libre de se retirer avec sa famille et ses richesses dans le lieu qu'il fixera, et, tant qu'il restera h Alger, il sera, lui et sa famille, sous la protection du général en chef de l'armée française. Une garde garantira la sûreté de sa personne et celle de sa famille.
4* Le général en chef assure s\ tous les membres de la milice les mêmes avantages et la mrme protection.
6® L'exercice de la religion mahométane restera libre; la liberté de toutes les classes d'habitants, leur religion, leurs propriétés, leur commerce et leur industrie ne recevront aucune titteinte ; leurs femmes seront respectées ; le général en chef en prend l'engagement sur l'honneur.
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6" L'échange de cette conventîoîi sera fait avant dix heures du matin.
Tout le monde dans le camp français s'aiïpretaît }\ Tentrée triomphale dans la ville, lorscjue un envoyr du dey vînt demander «pielques heures de répit. Les oràres les plus précis avaient été donnés pour que l'armée se concentrât. On ne pouvait les contremander. On re-
mmmMmm
flg. SI. — L'aroK-c fraii^nlH; t-ufru à Algi^r. (iaUri^ ki»fi»titim lU VrrMtMlrt,
poussa donc la demande d'Hussein, ({ui se résigna et ne songea plus qu'à exécuter la capitulation.
A 11 heures le gj'néral Achard occup.ait la porte Ilal>-el-Oued et les forts qui en dépendent, le général lîerthier de Savigny la porte Bab-Azoun et le port. Le gros de l'armée faisait son entrée par la porte Neuve. Le ciel était d'une limpidité extrême, et des flots de lumière rehaussaient l'éclat des armes et la variété des uniformes. Nos soldats avaient orné leurs shakos de branches de myrte et de
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laurier. Quand ils arrivèrent aux remparts, et aperçurent entassés et mutilés les cadavres des prisonniers français, leur joie se convertit en tristesse. Les drapeaux s'inclinèrent, les tambours battirent la marche funèbre, et l'armée défila silencieuse au port d'armes.
De la porte Neuve à la Kasbah montait une étroite ruelle, où trois hommes avaient peine à marcher de front. Les essieux d'artillerie renversaient des pans de muraille, et ces démolitions imprévues retardaient la marche de la colonne. Ou arriva pourtant à la Kasbah. Ce n'était pas un palais, pas même, avec nos habitudes européennes, une habitation tolérable. Qu'on se figure une enceinte informe, entourée de hautes murailles crénelées à la moresque. On y arrivait par un porche fermé par une porte à deux battants, que sunuontaient deux lions , emblème de la puissance algérienne. Sous la voûte jaillisssût une fontaine, et à droite, dans un réduit obscur, plusieurs monceaux de têtes, empilées comme des boulets, exhalaient une odeur fétide. Le porche conduisait à une cour intérieure, entourée de galeries à deux étages. Les premières étaient réservées aux magasins et aux bureaux, les secondes aux appartements du dey. Ces appartements étaient modestes. Le mobilier consistait en coussins, en*divans, en coffres, et en armes suspendues aux murs. Une galerie couverte conduisait au harem. Les chambres des odalisques n'étaient pas mieux meublées que celles du dey. C'était un confus entassement de tapis, d'étoffes, de vêtements, et de coffres en bois de rose incrustés de nacre et d'écaillé. L'odeur des essences y était répandue à profusion. L'enceinte de la Kasbah renfermait d'autres bâtiments de moindre importance : mosquée, magasins, écuries vides, cabanons infects où quelques animaux féroces se débattaient contre la faim et la vermine. Hussein, i l'approche de nos soldats, évacua précipitamment la Kasbah avec ses serviteurs et ses femmes, et ces dernières laissèrent échapper dans leur fuite rapide ce qu'elles emportaient. Aussi les abords de la demeure du dey semblaient-ils avoir été mis au pillage. Les Juifs profitèrent seuls de cette panique, et recueillirent ces épaves avec avidité.
Dans les autres quartiers, Alger ne présentait nullement l'aspect
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triste et désolé d'une ville conquise. Sans doute les boutiques étaient fermées, mais a les marchands , assis tranquillement devant leurs portes, attendaient le moment de les ouvrir. Ou rencontrait çà et là quelques groupes de Turcs et de Maures , dont les regards distraits annonçaient plus d'indifférence que de crainte. Quelques musulmanes voilées se laissaient entrevoir à travers les étroites lucarnes de leurs habitations. Les juives, plus hardies, gravissaient les terrasses de leurs demeures, sans paraître surprises du spectacle nouveau qui s'offrait à leurs yeux. Nos soldats, moins impassibles, jetaient partout des re* gards avides et curieux.» (Pklussier.)
Tous les postes furent successivement occupés par nos troupes. Nulle part on ne rencontra de janissaires. Ou bien ils s'étaient déjà embarqués, ou bien ils s'étaient retirés dans leurs maisons. Jamais ville conquise ne fut occupée avec plus d'ordre.
L'escadre n'avait que faiblement concouru à l'attaque de la ville , car, sauf le 2 et le 3 juillet, le mauvais temps l'avait retenue au large. Ce ne fut que le 6 juillet que l'amiral Duperré put faire entrer la Provence dans le port d'Alger. Il s'occupa aussitôt de reconnaître le matériel naval. Il se composait d'une frégate et d'une corvette hors de service, de sept bricks et d'un grand nombre de chebecks. En outre les magasins regorgeaient de provisions, et il y avait sur le chantier une belle frégate. Quant aux fortifications du môle, 300 canons les défendaient. Cet immense matériel fut inventorié avec soin. On démolit la frégate et la corvette hors de service, afin de donner du combustible aux soldats, quatre bricks furent mis en disponibilité, et les chebecks servirent à établir Une communication entre le port et l'escadre.
Le premier soin de nos généraux fut de courir au bagne afin de délivrer les esclaves chrétiens. On n'y trouva que 122 prisonniers, et parmi eux un Toulounais, nommé Béraud, enfermé depuis 1802. La plupart d'entre eux, amaigris par les privations, ressemblaient à des spectres. Plusieurs, à force de souffrances, avaient perdu la raison. Quelques-uns étaient tout à fait aveugles. Ne serait-ce que pour avoir anéanti ces restes hideux de la férocité barbaresqiie, et pour avoir
mis fin au scandale de resclavage d'Européens en plein dix-neuvième siècle, n'est-îl pas vrai que, par la conquête d'Alger, la France a bien mérité de Thumanité et de la civilisation?
Après avoir rendu la liberté aux esclaves, il fallait songer au départ des anciens maîtres de la régence. La plus simple prudence imposait en effet à Bourmont la nécessité de se débarrasser au plus vite d'Hussein et des janissaires turcs. L'ex-dey avait espéré une visite du général en chef : on lui fit comprendre que c'était à lui à provoquer cette entrevue. Il demanda donc une audience, qui lui fut tout de suite accordée. Quand il se retrouva dans la Kasbali, et se vit entouré de tous ces généraux qui l'avaient vaincu , il ne put cacher un premier mouvement de dépit, mais il le surmonta bientôt et laissa croire qu'il était résigné. Il aurait voulu se retirer i\ ]\Ialte, mais nos relations avec l'Angleterre étaient trop tendues pour que l'ancien dey pût résider, sans inconvénient, sur une terre anglaise. Aussi bien il le comprit lui-même et désigna Livoume. Il réclama aussi une somme de 30,000 sequins, qui était restée dans ses appartements, et lui appartenait en propre. Bourmont la lui promit. Cette promesse rendit Hussein plus comniunicatif. Il donna au général quelques indications sur les revenus de la régence, et sur les diverses races qui l'habitaient.
Ces conseils étaient sincères, l'expérience le démontra, mais on eut le tort de les méconnaître pour l'instant. Avant de quitter son ancienne demeure, Hussein demanda encore l'autorisation de prendre quelques armes et divers objets mobiliers auxquels il tenait. Bourmont la lui accorda sur-le-cliamp. Puis il se retira , après avoir remercié le général et son état-major de leur bienveillant accueil; mais, ainsi que le roi Boabdil quand il quitta Grenade, il ne put retenir ses larmes , lorsqu'il regagna sa nouvelle demeure, triste et pensif. Quelques jours, plus tard, Bourmont rendît au dey sa visite. Hussein avait changé d'avis sur le lieu de sa retraite, et s'était décidé pour Naples. Le général s'empressa de ratifier sa décision, et mit une frégate, la Jeanne HAvc^ \ sa disposition. Son départ eut lieu le 10 juillet. Les Algériens lui témoignèrent une grande froideur. Aucun d'entre eux ne vint le saluer sur
LA RÉSISTANCE TUR<iUK.
60D passage. Monté h bord, qiianil il tourna pour la dernière fois les yeux vers cette Kasbah, du haut de laquelle, pendant douze ans, il avait commandé en maître absolu , Il éclata en sanglots. Avec lui s'éteignait la longue suite des deys qui, depuis 1517, gouvernaient
Les janissaires de l'Odjeac partirent le lendemain 11 juillet Ils étaient, au moment de la prise d'Alger, 5,092, dont 891 artilleurs.
Fit. ». — U .ky ItiMclii
lîourmont avait ordonné leur désarmement, et ils avaient obéi sans niunnure. II leur notifia ensuite que les pfcres de famille pourraient rester àajis la régence, mais que tuus les autres seraient transportés par mer là ott ils le désireraient. T^a plupart d'entre eux étaient nés eu Asie Mineure : ils demandèrfiit (jn'on les y reconduisit, et cela sans stipuler la moindre indemnité. Aussi quand, au moment du départ, on leur distribua deux mois de solde afin de ne pas les laisser dans un dénûnicnt absolu, ils i-'xprimfcreut leur rceoimaissance pour cette générosité inattendue. Ainsi se trouva dissous ce terrible Odjeac qui, pendant trois siècles, avait fait régner la terreur sur la Méditerranée.
92 L'ALGERIK.
Ou n'avait plus rien à craindre des anciens maîtres du pays : restait à se substituer à eux en organisant la conquête.
Notre premier soin fut d'inventorier les résultats immédiats de la victoire. C'était une opération difficile. La Kasbah passait pour receler un trésor énorme , accumulé depuis la fondation de la régence. Lorsque nos premiers soldats entrèrent dans ce palais, le payeur général de l'armée, Firino, se fît aussitôt remettre, au milieu de la confusion générale, les clefs de ce trésor par le Kasuadjar. Ce fonctionnaire lui déclara que le trésor était intact, mais qu'il n'existait aucun registre constatant les recettes et les dépenses. Il le mena dans les salles où étaient renfermées les espèces métalliques. Firino fît tout de suite apposer nn triple scellé, et placer dans la galerie conduisant à ces salles nn poste permanent de gendarmerie commandé par un offîcier. L'intendant général Denière, frappé de la quantité d'or et d'argent qui s'était offerte & sa vue, avait évalué ce trésor à environ 80 millions. Firino, que ses fonctions habituelles rendaient plus apte à ce genre d'appréciation, l'évaluait à 50 millions seulement, et il était plus dans le vrai; mais Bonrmont adopta la première évaluation et s'en servit comme point de départ pour proposer à Charleâ* X de consacrer 50 millions aux frais de guerre, 3 en gratifîcations à l'armée, et le reste à la Légion d'honneur.
Comme ces projets de distribution avaient circulé dans l'année, et qu'ils ne se réalisaient pas, de sourdes rumeurs s'élevèrent contre Bourmont et les habitants de la Kasbah. Il fallut plus tard, pour les démentir, nommer une commission d'enquête chargée d'étudier dans les caveaux vides de la Kasbah l'importance primitive du trésor. Cette commission se livra aux calculs les plus minutieux, et rendit un verdict des plus honorables en faveur des inculpés.
En résumé on trouva dans le trésor 7,212 kilogrammes d'or, t\ 3,434 francs le kilogramme, représentant une valeiu- de 24,768,000 francs, et 108,704 kilogrammes d'argent, à 220 franbs le kilogramme, représentant une valeur de 23,915,000 francs, soit en tout 48,683,000 francs, 43 millions seulement furent expédiés en France. Les 5 millions restant, pièces monuciyées ayant cours dans la Régence, furent em*
LA SËB18TANCE TUttQUE.
ployés aa senrice des dépenses pablîqiies. Les membres de la commissîOQ avaient menac^S le KasDadjar et ses employés dus cliâtimciits les plus sévères, si, par hasard, ils ne découvraient pas ce qu'ils sa^ valent. Ces agents offrirent de jurer ^ur le Coran qne les valeurs re-
connues composuent seules le trésor. Ils firent d'ailleur:) observer que, depuis une vingtaine d'années, les déi>enses surpassaient les recettes. C'est ce que les Slaures disaient atiEsi dans leur langage imagé : c Jadis, dans le puits de la Kasbali , l'or coulait par-dc&sua la margelle, puis il a fallu pencher le corps pour y puiser, et, dernièrement, on n'y pouvait atteindre que par le secours d'une échelle. >
A ces 48 millions de la Kasbali, il faut joindre la valeur d 3 niilHons de laines entassées dans les magasins , celle de 4 pour les pièces d'artillerie en bronze, et nous arriverons à un 55 millions, sans compter les peaux, cuirs, cires, plomb et eu regorgeaient dans les magasins de l'Etat, les provisions de blé, < de cordes, de ferrures et de chanvre dans les arsenaux, et le de la petite flotte de guerre, l^es dépenses de tout genre poui dition s'étaient élevées, on le sut plus tard, à la somme 48, francs. C'était un excédant de 7 millions. Par un heureux hs conquête d'Alger, loin de grever la France, couvrait ses pro penses, et faisait même rentrer plusieurs millions dans les cai bliques. II est peu d'expéditions contemporaines dont on pu autant
Ainsi se termina cette brillante campagne. <c D&s le débu existence I l'armée d'Afrique venait de se montrer digne de place à coté des plus vaillantes armées dont la France s'honoi jours avaient sufH pour faire tomber en notre pouvoir Alger, i canons, sa flottille et son trésor. La l^Iéditerranée était déli' portes d'une nouvelle France étaient ouvertes ; au moment oi cesser pour toujours d'être le drapeau national, le vieux d'Henri IV avait encore une fois guidé nos soldats à la victo venait d'acquérir une dernière gloire qui ne le cédait en riei dont il avait brillé dans ses meilleurs jours, i» (Duc d'Oi:lka>
La nouvelle de cet éclatant succès fut accueillie d'une £a différente suivant les divers partis. En toute autre circonstai aurait eu unanimité , car nous sommes tous sensibles à la g litairOi et, depuis nos désastres de la flndu premier Empire, < première victoire vraiment nationale que nous remportions, ^gouvernement de la Restauration était fort inipopulaire en On lui attribuait des projets de coup d'Etat que, malheureusem lui, il ne devait que trop tôt réaliser. Aussi, à tort ou t\ raison sait-on une connexion intime entre ces projets réactionnaires ( toîre future. C'est pourquoi, lorsque le 9 juillet 1830 une dépc C^pbique aimohça aux Parisiens la prise d'Alger, cette nouv<
LA RKKISTAKC'K TritQUB. W
accueillie par les classes officielles, le fut avec froideur et presque avec Jiiqui^ttidc par les autres classes : diiiis la [«nsée des libéraux, In victoire de Bounnont devait fatalement réagir sur notre situation intérieure, et encourager Cliarles X i\ des mesures violentes. Quelques jours plus tard, en effet, le roi, cédant à de déplorables conseils, signait les fatales ordonnances do juillet 1830, et, bicntût balayée par. le vent populaire, sortait de France une antique dynastie, dont le dernier service, et il faut >V cause île cela lui pardonner bien des fautes, avait été de créer une France africaine.