LA IIRSISTANCR TOU'JUR
Être exisle-t-il encore aujounl'haî des Français, ou ignorants, oa naïfs qai s'imaginaient que la langue et les institutions françaises devaient être adoptfSes, partout oîi se déployait le drapeau national. Ce lieu commun théorique, si clier i^ la paresse, puisqu'il s'applique à toutes
les circonstances et dispense de to\itc réflexion, peut entraîner de graves cons^uences. En effet, tant que l'Algérie fut gouvernée par des généraux, qui arrivaient avec la routine de leurs préjugés, toute tentative d'organisation sérieuse fut iropossildc. Il fallait détruire ou Ctre détruit, refouler, c'est-à-dire exterminer les indigènes ou être expulsé
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par eux. Par bonheur d'autres principes prévalurent. On comprît qu'en gouvernant les Algériens d'une manière conforme a leur génie national, au lieu de leur imposer une civilisation factice, on obtien* drait des succès plus durables. Le système de l'assimilation progressive fut en un mot préféré au système de refoulement. Sans doute ces principes ne pénétrèrent que lentement dans les esprits, et ils soulèvent encore, même à l'heure actuelle, d'ardentes contradictions. Il n'en est pas moins vrai que, le jour où ils seront résolument appliqués, l'Algérie deviendra la France nouvelle.
Ainsi beaucoup de mal, et un peu de bien; de nombreuses erreurs, mais quelques créations heureuses; des tâtonnements regrettables, mais parfois de l'énergie et de la décision, tel est le bilan de notre administration pendant ces premières années. Malheureusement pour nous, le mal était encore supérieur au bien, et un homme se rencontra parmi les Arabes^ qui menaça notre domination et même notre existence en Afrique.
Avant de raconter conmient les Arabes se groupèrent autour d'Abdel-Kader, et opposèrent à nos généraux une résistance si énergique, il nous faut raconter comment tombèrent les derniers débris de la domination turque, et comment, après la prise de Constantinc, nous ne trouvâmes plus en face de nous que les anciens conquérants de l'Algérie, les Arabes, et les indigènes, les Kabyles.