‹ L'AlgérieChapitre 16 sur 104 · PLUIES · texte numérisé non relu

PLUIES

rienne se fait sentir, sauf sur les montagnes très élevées.

Pluies. — La quantité de pluie (1) qui tombe dans le Tell est assez considérable, supérieure sur bien des points à celle qui tombe dans la majeure partie de l'Europe. Mais cette eau tombe en masses considérables pendant une seule saison, au lieu de se répartir régulièrement dans le courant de l'année. En outre la zone pluvieuse étant voisine de la mer, tandis que l'intérieur est désertique, nous n'avons que des cours d'eau insignifiants.

Les pluies sont au surplus très inégalement réparties dans les diverses régions du ïell. La grande différence de latitude qui existe entre La Galle et Nemours, amène dans le régime des pluies des différences d'autant plus sensibles que les plus grands massifs montagneux se trouvent vers l'Est, là où la latitude est la plus élevée. Aussi, tandis qu'il tombe moins de 40 centimètres de pluie sur le littoral oranais, il en tombe 75 à 85 centimètres à Alger et près de 1" mètre de Bougie à La Galle. On ne connaît pas encore bien la quantité de pluie qui tombe sur les montagnes, mais les quelques obser- A^ations que l'on possède portent à croire que cette quantité est, toutes choses égales d'ailleurs, plus grande que dans la plaine.

Le climat du Tell inférieur est tempéré et remarquable par la douceur de ses hivers. Sur le httoral, la température descend peu au-dessous de zéro et ne s'y maintient pas longtemps. Rarement l'eau

(1) Voir la carte dressée par le capitaine Brocard : Association française pour Vavancement des sciences, Congrès d'Alger,

gèle la nuit sous une faible épaisseur; le dégel a lieu dès le matin. Dans la Mitidja, les gelées blanches sont assez fréquentes; la vigne y gèle même quelquefois au mois de mai, ce qui n'arrive jamais au bord de la mer.

La neige est également rare et de peu de durée dans le Tell inférieur. A Alger, on ne l'avait jamais vue, de mémoire d'homme, persister une journée entière; en 1891, elle a atteint 19 centimètres en rase campagne et est restée trois jours. Ces faits, quoique exceptionnels, interviennent activement pour limiter l'aire des espèces. Malgré tout, le froid se fait assez désagréablement sentir sur le Littoral, à cause de l'humidité, et des températures de + 8° y sont très incommodes, d'autant que l'on n'y est pas organisé pour se chauffer.

Cette humidité du littoral rend encore plus désagréables les chaleurs de l'été. La peau sans cesse baignée d'une sueur acre s'irrite et produit la désagréable éruption connue sous le nom de gale bédouine (Lichen tropicus). Le sirocco amène parfois une trêve à cette humidité, mais est encore plus pénible pour beaucoup de personnes, surtout pour les dyspnéiques. Les nuits sont par le sirocco souvent aussi chaudes que les jours. Ce vent peut se faire sentir toute Tannée, mais en hiver il est peu sensible, c'est en septembre qu'il est le plus pénible.

En dehors des jours de sirocco, il est rare que le thermomètre dépasse beaucoup 30° à l'ombre sur le littoral. La moyenne annuelle y est de 20 à 21"*.

Ce qui tend à uniformiser le chmat du Littoral, ce sont d'abord les brumes nocturnes qui empêchent le rayonnement, en second lieu les brises solaires

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