‹ L'AlgérieChapitre 17 sur 104 · PLUIES · texte numérisé non relu

PLUIES

très régulières. Tous les jours, vers dix heures du matin, s'élève la brise de la mer, la nuit c'est la brise de terre qui prend le dessus. Aussi loin que se font sentir les effluves marines, le climat demeure tempéré. Dans la montagne où l'humidité est moindre et le rayonnement nocturne plus considérable, on peut trouver des points où, en dehors de quelques jours de sirocco, la température de l'été n'a rien de désagréable : Medea, Ben Ghicao, forêt de ïeniet, etc. Au contraire, dans les vallées encaissées, où ne parvient pas la brise de la mer, la température devient parfois insupportable, comme dans la plaine du Chéh'f. L'air ne se renouvelant pas devient lourd et malsain. Les coups de chaleur et les insolations sont à craindre. 11 est bon de se couvrir fortement le crâne, soit avec un casque en moelle de sureau, soit avec de nombreux doubles d'étoffe, comme font les indigènes.

Dans la région montagneuse, le soleil est parfois très chaud, mais le fond de l'air reste froid. Les nuits sont toujours fraîches, même en été. La moyenne annuelle de température donnée par les sources peut sur certains points ne pas dépasser 8 à 10°. Les froids doivent y être assez vifs, l'hiver; la neige y dépasse souvent 1 mètre d'épaisseur et persiste longtemps. Sur les sommets du Djurdjura, elle se maintient souvent jusqu'à la fin de juillet. Sur les sommets moins élevés (1 500 à 1 800 mètres), elle reste souvent jusqu'au miheu d'avril. L'été, les orages et les brouillards n'y sont point rares.

Dans les parties les plus méridionales, mais aussi les plus élevées du Tell : Frendah, Tiaret, Sétif, etc., le froid est très vif jusqu'en avril et en mai et la

neige fréquente. Même dans les plaines basses et très chaudes Tété, comme le Chélif, le rayonnement nocturne est plus considérable que sur le Littoral à cause de la sécheresse de l'ajr, et les gelées y sont plus fréquentes.

M. le docteur Pauly (1) insiste sur le calme de l'air si fréquent en Algérie, sur sa stagnation en arrière des collines parallèles à. la mer, et attribue, non sans raison, à cet état de choses, l'insalubrité du chmat et la fréquence des ûèvres paludéennes. Dans les hauts plateaux balayés par des vents fréquents, les marais mêmes ne sont pas toujours insalubres.

Les vents sont très instables. Le plus fréquent est le vent du nord-ouest, qui souffle souvent en tempête pendant l'hiver. Les arbres du bord de la mer sont généralement courbés dans cette direction quand ils peuvent résister, car les gouttelettes d'eau salée qu'il entraine sont mortelles pour la plupart d'entre eux. Mais « dans Lensemble les vents sont indécis, c'est tantôt l'un, tantôt l'autre qui prévaut, sans grande durée; souvent un calme complet s'établit dans l'atmosphère (2). o

Efi résumé, il n'existe dans le Tell inférieur que deux saisons, la saison sèche et la saison humide. C'est pendant la saison sèche que la terre se repose et que la végétation s'arrête. Dans le Tell supérieur, apparaît une troisième saison, l'hiver, qui arrête aussi la végétation; mais, par contre, l'humidité plus grande retarde et atténue la période sèche et y rend le cUmat assez semblable à celui de l'Europe. Pourtant de temps à autre des siroccos précoces

(1) Pauly, Climatologie comparée.

(2) Aimé, cité par Reclus.

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