‹ L'AlgérieChapitre 18 sur 104 · VÉGÉTATION · texte numérisé non relu

VÉGÉTATION

y viennent compromettre les plus belles récoltes.

Dans la région montagneuse proprement dite, le climat est très semblable à celui de l'Europe moyenne.

Dans le Tell inférieur, la végétation s'arrête presque complètement pendant l'été. Le sol nu et desséché, souvent crevassé, paraîtrait alors bien aride, sans la végétation arbustive formée presque entièrement d'arbres toujours verts. Pourtant la végétation herbacée, quoique rare, ne disparaît pas totalement. Sans parler des marais et autres Ueux humides , quelques plantes choisissent précisément cette époque où la terre est libre, pour végéter.

Dès que les nuits plus longues ont amené des brouillards nocturnes, toute une petite flore spéciale se réveille et commence à fleurir. Dès les premières plaies, les plantes annuelles germent en masse, les plantes vivaces repoussent et la terre est bientôt couverte d'un épais tapis de verdure, qui durera jusqu'à la saison sèche. Grâce à la douceur des hivers et à la température plus élevée du printemps, la végétation présente une avance considérable sur celle de TEurope. On fauche en mai et on moissonne en juin, dans le Tell inférieur et moyen.

Végétation. — La floi;g du Tell fait partie de la flore méditerranéenne, et telle en est l'homogénéité qu'un naturaUste, brusquement transporté des garrigues de Montpellier aux environs d'Alger, à plus de 200 heues de distance, ne s'apercevrait guère du changement. Tout au plus remarquerait-il quelques plantes exotiques plus nombreuses et plus puissantes : Opuntia^ Agave^ Eucalyptus, orangers, ^t le jattier venu du Sud. Mais dépouillées de-nes.

éléments d'empruîit, leâ^deux flores, seraient-iïè^ semblables.

Au contraire il suffit de faire moins de 100 lieues, soit au nord de Montpellier, soit au sud d'Alger, pour trouver des flores très difl'érentes. Est-ce la Méditerranée qui a fait irruption dans une région naturelle après l'établissement de la flore actuelle ; est-ce l'égalité du climat qui règne sur ses bords qui a amené la similitude de leurs flores : c'est un problème que nous ne nous chargeons pas de résoudre. De Candolle a démontré que les mers de faible étendue ont peu de pouvoir pour limiter Taire des espèces, et sont bien inférieures aux déserts sous ce rapport. En réalité, l'Europe ne finit qu'au Sahara et tout le Maghreb n'est qu'un prolongement de la région de l'obvier. Ce fait est d'autant plus frappant que l'on voit les mêmes espèces se répéter suiA^ant la longitude sur les deux rives de la Méditerranée. Le Lotus drepanocarpos Durieu, de Bune, se retrouve sur les côtes de la Provence; le Campanula rtiacrorhiza, sur les rochers des Alpes-Maritimes et sur ceux de la Kabyhe. Le Silène glbrallarica, le Bupleurum gibraliaricum^ etc., se retrouvent à Gibraltar et à Oran. Toute une colonie de plantes espagnoles se continue suivant la longitude jusque sur les montagnes de l'extrême Sud oranais.

La flore du Tell varie d'ailleurs non seulement suivant la longitude, mais encore suivant la latitude et le rebef du sol. A Nemours, sur le Uttoral, où la latitude est à peu près celle de Biskra, la flore méditerranéenne se mêle à celle de la steppe. A La Galle, au contraire, on trouve beaucoup de plantes européennes que l'on chercherait vainement ailleurs en

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