CÈDRE
ri ères. Presque nulle part on ne voit de tendance au repeuplement. Ces forêts étant pâturées à outrance par les chèvres, les herbes et les menues broussailles, à l'abri desquelles s'élevaient les jeunes cèdres, ont disparu. Les jeunes semis, très nombreux, sont bien vite desséchés ou broutés. Quant à la mortalité générale des vieux sujets, on l'attribue généralement à une période de sécheresse extrême qui a sévi dans la région de 1875 à 1881. La forêt des Béni Sahla et les peuplements de la chaîne kabyle n'ont pas subi la même mortalité, mais là encore les chèvres rendent le repeuplement difflcile. Seule la forêt de Teniet el Haad, bien gardée jusqu'à présent par le service forestier, a conservé un air de prospérité vraiment remarquable. Les repeuplements y sont nombreux et serrés, les vieux arbres encore vigoureux y atteignent des tailles considérables. Le Sultan a disparu, mais la Sultane a 7 mètres de circonférence à hauteur d'homme, Messaoud est encore plus gros. Ces arbres sont très anciens, on compte qu'un arbre deO°',75 de diamètre a cent-vingt-cinq ans. Un tronc de 1°',80 de diamètre, récemment abattu, avait trois cent dix ans. Le cèdre est remarquable par ses grandes nappes horizontales de feuillage à étages superposés. A Teniet, les arbres perdent en général leur flèche de bonne heure. Ceux qui couronnent les crêtes n'ont souvent qu'un seul plan de branches et ressemblent à de vastes parapluies. Le cèdre forme rarement des peuplements très homogènes. Il pousse par bouquets entremêlées de clairières occupées par des prairies et des broussailles. Avec lui, poussent quelques ifs parfois de grande taille, des érables, quelques chênes Zen, le houx.