PIN D'ALEP
des cerisiers, quelques Soj^bus : S. Aria et S. iorminalis, ces derniers rares et localisés; comme sous-bois : divers Cratœgus et les broussailles de la région montagneuse.
Le bois de cèdre a une odeur assez agréable et très persistante, il est parfois employé en ébénisterie, mais moins recherché que le pitchpin. Gomme bois de menuiserie, il est plus cassant et moins élastique que les bois de pin et de sapin. Par contre, il est à peu près incorruptible. Il est particulièrement propre à faire des traverses de chemin de fer (1). Lorsqu'il a longtemps séjourné dans l'eau, il acquiert une dureté extraordinaire. — L'incorruptibiUté de ce bois fait que les arbres morts des forêts de l'Aurès se trouvent et se trouveront longtemps encore dans d'excellentes conditions d'exploitation. Le cèdre donne une petite quantité d'une résine ayant une odeur à la fois de citron et d'encens.
Pin d'Alep. — Le Pin d'Alep est une essence forestière, qui est extrêmement répandue en Algérie et qui y couvre d'immenses espaces, depuis le Uttoral jusqu'à la lisière saharienne. Doué d'un tempérament particulièrement robuste, presque tous les terrains lui sont bons. Il prospère aussi bien dans les régions sèches, comme les Bibans, que dans la région littorale, pourvu que ses racines puissent aller chercher assez profondément l'humidité. Comme le pin sylvestre, il aime les terrains fissiles ou perméables, où ses racines peuvent plonger à de grandes profondeurs. Ses limites d'altilude sont à peu près les mêmes que celles du chêne-liège et de l'oUvier. Ces
(1) On l'essaie actuellement à Alger pour le pavage en bois, sans l'injecter ni l'imprégner d'huile lourde de houille.
limites s'élèvent naturellement à mesure que l'on s'avance dans le Sud. Très répandu sur le Littoral, il y occupe en général des terrains assez maigres et ses peuplements y sont mélangés à d'autres essences. Il n'y forme qu'une zone très interrompue. Au contraire, à la limite du Tell et des hauts plateaux il forme une zone extrêmement importante et presque ininterrompue. C'est dans cette zone que la plupart des oueds du versant méditerranéen prennent leur source. On le retrouve encore dans les montagnes du sud, formant çà et là quelques forêts. Dans l'intérieur, il se trouve souvent en alternance avec le chêne ballote, comme sur le littoral avec le chêne-liège. Son bois n'a guère été utilisé jusqu'à présent. Les Arabes en tirent un peu de térébenthine et de résine, du tanin et même, dans les moments de disette, mangent la partie cambiale de l'écorce et les graines. Ils l'exploitent d'une manière tout à fait barbare, enlevant un anneau d'écorce, ce qui les fait rapidement périr. Le sous-bois, rare dans les forêts bien peuplées, est formé suivant les locahtés par l'olivier, les Phyllireas, le lentisque, le Cistus albidus^ le romarin, les genévriers, etc.
Nulle essence ne craint plus les incendies. Chassé parle sirocco, le feuy parcourt en peu de temps d'immenses espaces, ne brûlant absolument que les feuilles, les moindres brindilles; les cônes eux-mêmes restent intacts ou à peu près. Mais aucun arbre ne survit. Si la forêt est bien gardée, le repeuplement se fait vite. Sur bien des points cependant la forêt a délinitivement disparu, ne laissant que quelques témoins au miUeu des rares touffes de Callitris^ de genévriers, de Rhamnus oleoïdes et de romarins, com-