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CÉRÉALES

les blés tendres à grands rendements ne supportent pas les premières chaleurs et sèchent sans donner de grains, après avoir pris un très beau développement pendant le printemps. Seuls, quelques blés tendres de la région méditerranéenne donnent une récolte régulière.

La rouille est fréquente seulement dans les plaines *du littoral, elle cause des dégâts énormes, quand les conditions climatériques sont favorables à sa propagation.

L'analyse chimique de bien des terres à blés accuse une quantité trop faible d'acide phosphorique et ce manque de phosphate joint à la défectuosité des labours, à l'irrégularité des pluies, a pour conséquence une insuffisance de rendement.

Depuis quelques années, bien des colons labourent dès le printemps et donnent à leur terre les éléments fertihsants qui leur manquent; cette pratique leur vaut des récoltes non seulement supérieures en quantité, mais aussi plus assurées.

Les blés durs d'Algérie ont toujours été appréciés, les anciens en faisaient grand cas et, de nos jours, ils ne sont peut-être pas assez payés par le commerce qui se laisse séduire par les bas prix des blés étrangers. Le blé dur pèse plus de 78 kilos l'hectolitre; il rend 81 p. 100 de farine. D'après les anciens, il semble que la terre d'Afrique était plus fertile autrefois qu'aujourd'hui; d'après les documents laissés par PUne, le poids de nos blés aurait diminué depuis l'époque romaine.

On peut attribuer ce fait à la diminution de la réserve »de phosphates, contenue dans la couche arable, qui tous les ans a perdu, par l'exportation des

grains, quelques kilos d'acide phosphorique par hectare. Les grains de blé dur, qui sont insuffisamment nourris jusqu'à maturité, sont en partie tendres, on les nomme juitadïns. Ces blés mitadins ont été bien à tort regardés comme provenant de croisement avec des blés tendres. Les blés mitadins deviennent ainsi incomplètement cornés ou durs par suite du manque d'eau, d'azote ou d'acide phosphorique, ce sont des grains qui n'ont pas atteint tout leur développement.

Les blés importés par les Romains proA^enaient aussi en grande partie des régions privilégiées de la Nnmidie et de la Tunisie, où les terres à céréales sont, dans la zone du Suessonien, si riches en phosphates.

PUne parle d'un rendement de 100 p. 1 dans la Byzacône ; Strabon cite une touffe de 400 épis tous sortis du même grain.

De nos jours, les rendements sont faibles. Les Européens obtiennent cependant des récoltes supérieures d'un tiers ou de la moitié. La récolte moyenne des Indigènes est de 6 quintaux, les Européens dépassent rarement 16.

L'Algérie produit de grandes quantités d'orge.

L'orge mûrit en moins de temps et échappe à la sécheresse plus facilement que le blé. Cette céréale donne de meilleurs rendements que le blé, dans les terrains non ameubhs; elle convient aussi aux indigènes pour leur nourriture et pour celle de leurs chevaux. L'Algérie pourrait produire des orges de brasserie pour l'exportation ; mais on ne connaît pas les variétés qui seraient plus avantageuses pour le commerce. Les orges nues on orges-blés donnent

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