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VIGNES

L'Algérie a donc en quelques années obtenu une production considérable de vins, elle travaille aujourd'hui à obtenir la qualité et l'on peut dire que le problème est résolu, il reste seulement à vulgariser les bonnes méthodes de vinification ; ce qui n'est pas aussi facile qu'on pourrait le croire, chaque viticulteur étant généralement satisfait de ses produits, môme très défectueux.

Comme les régions similaires du bassin méditerranéen, l'Algérie saura un jour préparer des vins de grande valeur; mais pour y arriver de nombreux tâtonnements sont nécessaires. Des recherches méthodiques hâteront certainement la solution de cet important problème.

Au point de vue économique, la viticulture algérienne est dans de très bonnes conditions. Dans les terres profondes et riches, avec ou sans le secours des fumures et d'irrigations modérées, on peut obtenir des rendements de 120 à loO hectolitres à l'hectare, h'été sec et chaud convient aux raisins qui achèvent toujours leur maturation. Les maladies cryptogamiques se sont jusqu'à ce jourmontréesmoins tenaces et moins malfaisantes qu'en France, \q phylloxéra n'a détruit les vignobles de Philippeville et de Mascara que par suite d'une défense incomplète, chez des viticulteurs peu disposés à se prêter aux exigences du traitement d'extinction. A Tlemcen et à Sidi-bel- Abbès,la lutte contre l'insecte a été victorieuse. Dans les régions élevées et sèches, le rendement est moindre, mais la qualité devient une compensation; les maladies cryptogamiques, qui occasionnent de si grosses dépenses dans les plaines et sur littoral, y sont inconnues.

En dehors de la production du vin, la vigne joue un rôle important dans l'alimentation. Des raisins précoces sont expédiés en quantité assez considérable, des raisins tardifs de la région montagneuse pourraient aussi être livrés à Texporlation en décembre et en janvier. Enfin la consommation locale ne peut être évaluée exactement ; mais elle représente un chiffre important. Les Indigènes mangent beaucoup de raisins ; au moment de la grande production, beaucoup ne prennent pas d'autre nourriture. Les viticulteurs ont énormément de peine à obliger leurs ouvriers à manger du pain pendant les vendanges. Ces vendangeurs vivent exclusivement du fruit qu'ils récoltent et conservent ainsi leur salaire intact.

L'industrie des raisins secs devrait aussi attirer l'attention des producteurs. Les Kabyles préparent en petite quantité des raisins secs, mais pour leur consommation.

Olivier. — L'Olivier, par sa grande diffusion et aussi par l'importance de ses produits, est l'arbre qui mérite le plus d'attirer l'attention de la colonisation nouvelle. Bugeaud disait souvent aux premiers colons : « Plantez de la vigne et greffez vos oliviers. » Ce sage conseil n'était que bien peu suivi, on n'a planté de ia vigne que vingt-cinq ans plus tard et on a fait beaucoup de charbon avec les oliviers.

L'olivier peut être planté avec profit sur les flancs secs des coteaux, dans des terres légères, généralement maigres. Cette culture arbustive devient le complément des pâturages et des céréales, qui font parfois défaut, laissant les populations indigènes sans aucune ressource pendant de longs mois.

Dès l'antiquité^ l'olivier était cultivé en grand sur la

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