‹ L'AlgérieChapitre 33 sur 104 · OLIVIER · texte numérisé non relu

OLIVIER

côte d'Afrique : Diodore de Sicile raconte que lors de la descente d'Agathocle en Afrique (310 avant J.-C.) les Syracusains furent émerveillés de la végétation luxuriante des oliviers et des vignes. L'huile a toujours été un important produit du Maghreb. Do nos jours, on retrouve encore les traces de ces anciennes plantations, les vieux oliviers en quinconce ont frappé depuis longtemps les observateurs.

M. Bourde (1) a récemment appelé l'attention sur la culture trop oubliée de l'ohvier. D'aj^rès cet observateur sagace, la culture fruitière a été l'ancienne cause de la prospérité du Maghreb. La richesse re- Adendra dans ces régions quand nous aurons reconstitué les anciennes plantations et mis cette terre fertile en exploitation par les racines profondes des grands végétaux.

L'olivier est spontané dans toute la Barbarie ; mais à côté des races absolument sauvages, Zeboudj des Arabes, on rencontre beaucoup d'oliAders semés par les oiseaux et qui dérivent des races cultivées. Le môme fait s'observe pour la vigne. Il est difficile qu'il en soit autrement.

Les races cultivées sont nombreuses, beaucoup sont communes à toute la région de l'olivier, mais quelques-unes paraissent des variétés locales, qui ne sont pas dépourvues de valeur. C'est en Kabyhe et dans la région de Sfax que l'on peut observer les types les plus intéressants (fig. 5). Il est fort curieux de constater qu'il n'existe, en Algérie, ni une étude sur cette importante question des races locales d'ohviers, ni une pépinière, où seraient réunies les variétés de

(1) Bourde, Culture de l'olivier dans le centre de la Tunisiei Tunis, 1893.

toutes provenances et qui rendrait les plus grands services. On ne prend généralement pas le soin de greffer les meilleures variétés et cependant on peut affirmer que tout le succès d'une entreprise agricole ayant l'olivier pour base dépendra du choix des races adoptées.

La chaleur paraît avoir une influence considérable sur la teneur des oUves en huile. Les mêmes variétés sont plus riches en matières grasses en Afrique qu'en France et dans les stations du sud que dans celles du nord. M. Bertainchand a déterminé la proportion de matière grasse contenue dans la pulpe de la variété Chemlali et a obtenu :

Tuuis 2G,40 p. 100

Sousse 27,91 —

Sfax 28,15 —

Djerba 29,27 —

Dans les uasis, certaines ohves ont donné jusqu'à 31, 34 p. 100 d'huile.

Tous ces chiffres sont supérieurs à ceux obtenus en France avec le hlanquetier^ qui est la même variété que le Chemlali et qui ne dépasse pas 20 p. 100.

Les huUes varient aussi de composition suivant les régions et suivant les variétés. D'une manière générale, les huiles africaines sont plus riches en margarine, elles se figent plus vite et plus complètement à 5 degrés au-dessus de zéro.

Les variétés sont aussi inégalement riches en margarine ; mais il conviendrait de fixer les cultivateurs sur ce point important.

En Cahfornie, la verdale donne une huile très riche en margarine que le commerce n'accepte pas volontiers, car ce produit se clarifie très mal et com-

OMVIEII,

Battandieu et Thabijt. — Algérie.

promet la valeur des mélanges dans lesquels il entre. L'olivier a une durée indéfinie, les vieux arbres se creusent, s'ouvrent, chaque fragment vieillit et meurt successivement, puis de la souche repartent des rejetons qui bientôt sont dominés par une tige principale reconstituant ainsi un nouvel arbre.

Puisque les envahisseurs nomades ont détruit dans le nord de l'Afrique les ohviers et toutes les cultures arborescentes, il est bien clair que, dans les circonstances actuelles, nous ne pouvons rien faire de mieux que de reprendre la tradition des colons romains et de tenter la reconstitution des anciennes forêts d'oliviers dont nous voyons les traces.

Les débouchés sont bien connus, toutes les nations de l'Europe occidentale utihsent des quantités considérables d'huile d'ohve. Les États-Unis en achètent pour plus de 80 milhons de francs. Enfin, en France, l'importation atteint 20 milhons de kilos.

Mais il faut attendre quinze ans pour qu'une oUvette donne du bénéfice, et ce n'est que la huitième année que l'ohvier paie ses frais d'entretien.

Ces longues années à attendre, dans un pays où l'on est pressé de réahser, constituent le grand obstacle à l'extension de la culture des arbres en général et des ohviers en particulier.

De nos jours, de grands domaines se sont constitués et bien des propriétaires font greffer leurs ohviers ou font, ce qui est préférable, des plantations avec des sujets obtenus de bouture. Dans le département d'Oran, l'ohvier est souvent planté dans la vigne et se trouvera prêt à remplacer cette dernière si le phylloxéra en amenait la destruction.

Dans les régions favorables à l'ohvier, on pourrait

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