FIGUIER
facilement provoquer de nouvelles plantations par la création de pépinières communales qui livreraient aux colons des oliviers déjà formés et de bonnes races ; la transplantation de l'olivier est facile, il est même avantageux de le planter ayant déjà acquis une certaine force.
Figuier. — Après Tolivier, le Figuier joue un rôle des plus importants dans la production algérienne. Le figuier est surtout cultivé par les Indigènes des régions montueuses, le principal centre de cette culture est la Kabylie; Bougie et Tizi-Ouzou sont les deux marchés.
Les races indigènes de figuiers sont assez nombreuses. Les Kabyles en distinguent vint-cinq environ; certaines sont réellement très bonnes, jouissent d'une grande réputation et donnent des produits assez estimés par le marché européen.
Cependant nous ne trouvons pas en Kabylie ces figues très fines, à chair savoureuse, qui atteignent des prix très élevés.
Une détermination rigoureuse des races locales de figuiers, suivie de tentatives méthodiques d'introduction des meilleures figues de la région méditerranéenne, donnerait certainement une grande impulsion à cette culture, peut-être trop méprisée par les colons européens.
Les Kabyles pratiquent scrupuleusement la capriiication ; les figues de Caprifiguier {Dokkar), qui atteignent parfois des prix élevés sur les marchés, sont enfilées en chapelets et suspendues aux branches des figuiers. Cette opération est renouvelée quatre à cinq fois pendant l'été, elle entraîne une dépense assez considérable.
L'utilité de la caprification est très contestée et les Indigènes considèrent cette pratique comme nécessaire seulement pour certaines variétés.
Les figues jouent un grand rôle dans Talimentation des Indigènes qui consomment ce fruit frais et conservé. La dessiccation des figues varie suivant les contrées. C'est en Kal)ylie seulement qu'elle est assez soignée pour fournir un produit d'exi)ortation, ailleurs les figues sont séchées ouvertes, puis entassées, comprimées en pains compacts.
La dessiccation des figues se fait au soleil sur des claies en roseaux ou en diss. Le soir, les claies sont réunies en pile qui sont recouvertes de paillassons, parfois les claies sont rentrées sous un petit hangar construit à cet effet.
Les variétés ne sèchent pas toutes avec la môme facilité ; quand la saison est favorable, certaines figues sèchent sur Farbre même.
Les figues noires, qui ont moins de valeur pour la vente, sont séchées à part. Mais d'une manière générale les Kabyles ne se préoccupent pas de préparer des figues de choix en séparant les meilleures races et aussi les figues arrivées à maturité parfaite.
Caroubier. — Le Caroubier (fig. 6) est un des arbres économiques présentant un grand intérêt; il est abondant dans la région de Bougie, où la caroube est un objet d'exportation courante. Le caroubier ne se multiplie pas aussi facilement que Tohvier, sa transplantation est difficile, aussi cet arbre est relativement peu répandu, il est aussi plus difficile que l'olivier sur la nature du sol et du chmat. Le caroubier occupe, dans tous les pays méditerranéens bien cultivés, une place importante; en Algérie et en
CAtlOUniËR,
Tunisie, il devrait ôtre propagé pour le grand bien des cultivateurs européens et indigènes. La caroube est un excellent aliment pour les animaux, elle peut môme, les années de disette, êlreutiUsée par l'homme.
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Caroubier
L'industrie en retire de l'alcool comme de toutes les matières sucrées. Pour obtenir un bon rendement du caroubier, il faut grefï'er, sur les pieds venus de semis, une race améliorée. Il faut aussi greffer un rameau mâle, car cet arbre est dioïque; ce procédé
est préférable à celui qui consiste à avoir dans les plantations un certain nombre de pieds mâles.
Abricotier. — Il croît avec une très grande vigueur dans les vallées des grands massifs montagneux et parfois dans le sud, dans les oasis à la limite de la région saharienne. Dans l'Aurès, l'Abricotier est très fréquemment cultivé ; ces grands arbres sont reproduits par noyaux ; les fruits sont petits, mais excessivenîent abondants, ils sont séchés sur des claies et constituent une sorte de pruneaux acides, objet d'un commerce assez important.
Dans les jardins des Européens, on trouve des abricotiers greffés donnant des fruits excellents.
Prunier. — Le Prunier est aussi un arbre très fertile, en Algérie, dans les stations élevées ; il a été peu soigné et généralement on ne trouve que des prunes de peu de valeur; mais on pourrait récolter de bons produits si on greffait de bonnes races. Les pruneaux pourraient aussi être préparés dans bien des stations qui seraient aussi productives que celles de Californie.
Cerisier. — Le Cerisier croit à l'état sauvage dans les forêts d'Algérie, dans les parties montagneuses, il donne de bons fruits , mais les cerises sont encore rares sur les marchés des grands centres, en raison de la difficulté des transports.
Pêcher. — Le Pêcher est très productif aussi, en montagne, les Kabyles récoltent des quantités considérables de pêches ; mais cette culture est aussi faite sans soin et les races usitées sont communes.
Amandier. — Il vient incontestablement à l'état sauvage dans toute l'Algérie, on en trouve de forts beaux sujets dans les massifs boisés de la frontière