LE TABAC
fruit, incomplètement mûr, est cueilli et employé généralement comme condiment ; c'est un produit mucilagineux très agréable, mais qui n'est recherché que par les populations arabes ou israéUtes ; il en est de même des fruits jeunes de Lagenaria.
Cultures industrielles et arboriculture forestière. — Le Tabac. — La culture du Tabac est déjà ancienne dans certaines parties de la Mauritanie.
Les Indigènes avaient limité cette culture à des terrains très favorables, siUreux et potassiques, enrichis en azote par une fumure intense résultant de parcs à bestiaux ; ils avaient reçu d'Orient des tabacs fins du type des Samsoun ; dans ces conditions, leur produit était de très bonne quaHté. Encouragés par cette culture traditionnelle des Arabes, dès 1843 les colons firent quelques essais de culture de tabacs et l'État organisa la Mission des Tabacs qui devait guider les colons dans leurs tentatives et acheter pour les manufactures les produits utiUsables. Dix ans après, la Mission des Tabacs achetait 2 milUons de kilogrammes de tabacs. Depuis cette époque, l'administration achète environ 3 milUons de kilogrammes de tabacs algériens.
C'est vers 1859 que cette culture parait avoir atteint son apogée, et les bénéfices importants réahsés ont beaucoup contribué au développement de la colonisation algérienne. L'extension rapide de la culture du tabac devait avoir quelques inconvénients, la quaUté laissait de plus en plus à désirer. Les tabacs cultivés à l'irrigation dans les plaines souvent très chlorurées, comme dans l'Oranie, deviennent grossiers et incombustibles. L'administration dut réagir, baisser ses prix d'achat et refuser beaucoup Battandieh et Trabut, — Algérie. 7
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de produits défectueux. Les tabacs algériens jugés très bons au début perdirent leur réputation, et, par suite de ces généralisations qui sont si fréquentes, | on déclara officiellement que les tabacs algériens étaient incombustibles.
La Kabylie devait relever cette culture en livrant des tabacs d'une qualité supérieure également recberchés par le commerce et par l'administration.
Pendant les premières années de la culture du tabac, un grand nombre de races furent importées, beaucoup ont disparu et l'on ne retrouve aujourd'hui que les types du Paraguay avec des inflorescences basses très denses en corymbe, un grand nombre de feuilles, d'un contour assez variable, tantôt à grosse côte, étroites, très pointues, tantôt, chez les rares planteurs qui ont attentivement choisi leurs portegraines, à feuilles larges, à nervures bien réguUères et divergentes.
La culture du tabac est en Algérie susceptible de recevoir quelques améliorations importantes, qui devront porter sur le choix des terrains, les soins culturaux, le choix judicieux des variétés. Cette culture nécessite beaucoup de main-d'œuvre, ce qui a porté la générahté des planteurs à prendre des fermiers indigènes, qui, moyennant la moitié de la récolte, font les travaux qui se répartissent entre tous les membres de la famille, car ce sont les femmes et les enfants qui font la cueillette, l'enfilage, le séchage et le manoquage des feuilles.
Les bons tabacs d'Algérie se caractérisent par un arôme doux, qui les classe dans la catégorie de ceux du Levant. Les cigares et surtout les cigarettes algé- 'riennes plaisent et seraient facilement adoptées par