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MER INTÉRIEURE

Aucune de ces preuves n'est décisive et la plupart des géologues nient l'existence de cette mer quaternaire. Eût-elle d'ailleurs existé, ce qui n'a rien d'impossible, elle n'eût intéressé qu'une infime partie du Sahara (1).

Au point de vue pratique, les mesures directes firent bientôt voira M, Uoudaire que le grand Chott El Djerid, situé entre les précédents et la mer, au lieu d'être plus bas que la Méditerranée, avait un niveau très supérieur. C'est alors qu'il inventa cette bizarre hypothèse que le Chott El Djerid serait formé d'une croûte solide surnageant! un lac d'eau doace; qu'il suffirait de faire communiquer ce lac avec les Chotts voisins pour que l'eau s'écoulât vers ceux-ci, ce qui ferait effondrer cette croûte. Cette théorie ne repose sur aucun fondement sérieux. Môme en acceptant les théories du capitaine Roudaire, les difficultés d'exécution seraient telles, qu'il est peu probable que ce projet soit repris de sitôt.

La mer intérieure fût-elle possible, ne présenterait probablement pas les avantages espérés. Elle serait de trop faible étendue, pour amener une modification climatérique importante, et d'ailleurs ce n'est ni sur le Sahara, ni peut-être môme sur les Hauts- Plateaux que ses vapeurs iraient se condenser ; les bords de la Caspienne, du golfe Persique, de la mer Rouge sont aussi désertiques que le Sahara. Elle ferait disparaître d'importantes oasis susceptibles d'accroissement (2).

(1) Voy. Toarnoucr, Association française pour l'avancement des sciences. Paris, 1878, p. 608.

(2) Q>o^'?,(n\, Sur le projet de la mer intérieure [Comptes rendus de l'Académie des sciences., 1882).

Pattand|er et Tkabut. — Algérie. IQ

Le Sahara est, d'une manière générale, un continent élevé. On a calculé que sa hauteur moyenne devait dépasser de 460 mètres le niveau de la mer. Dans son ensemble, on peut le considérer comme une surface renflée, s'abaissant de tous côtés vers sa périphérie, avec des A'ersants difficiles à délimiter et un peu confus. Ce relief général est assez varié. Il présente plusieurs chaînes de montagnes de 1500 à 2000 mètres d'altitude, comme le Ahaggar souvent couvert de neige Thiver, l'Air, le Thibesti, le Djebel es Soda, etc.

D'immenses fleuves ou plutôt de grandes nappes torrentielles quaternaires y ont déposé de vastes alluvions et produit des érosions puissantes. L'Igharghar, grossi de nombreux affluents, s'est creusé à travers le plateau de ïinghert un lit large parfois de deux à trois heures de marche et si haut que ses bords sont parfois quaUfiés de montagnes; uni à l'Oued Mya, il forme le grand bassin de l'Oiied Rhir, il coulait de l'intérieur du Sahara vers les Chotts. L'Oued Seggueur, l'Oued Ouir, etc., avaient des bassins analogues diversement orientés. Tous aujourd'hui sont des fleuves morts. Leur lit, envahi par les sables, n'est pas toujours facile à suivre. Seulement lors des grandes pluies, un torrent éphémère en occupe une faible partie, produisant encore dans ces terres meubles, sans végétation, des érosions considérables. Sous ces lits, à des profondeurs variables, existent souvent des nappes aquifères importantes.

Le Sahara se compose en somme de quelques chaînes de montagnes; de vastes plateaux, diversement ondulés, tantôt formés de roche dure couverte d'éclats noirâtres (Hamada), tantôt de nature allu^

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