CLIMATOLOGIE
viale (Reg); de dépressions sans issue (Dayas, Sebkas, Ghotts, suivant leur importance); de dunes sableuses, de lits de torrents bordés de berges abruptes, parfois disséquées en masses verticales de rell'et le plus piltoresque (Gour, au singulier Gara), et enfin d'oasis, là où les sources naturelles ou artificielles créent une végétation luxuriante qui se traduit par une tache d'un vert sombre au milieu de la désolation générale.
Climatologie. -—Le climat seul stérilise ces terres, qui seraient sans cela aussi riches que d'autres. A quoi tient cet état de choses? On a prétendu longtemps que le grand facteur des déserts de l'Asie et du Sahara était Talisé soufflant du pôle vers l'équateur, dévié vers l'ouest par la rotation de la terre. Cet alizé, pauvre en eau, à cause des basses températures du nord, dépouillé encore d'une partie de son humidité par les hauts plateaux de l'Asie, arrivant dans des contrées plus chaudes, devait devenir très sec. L'observation directe n'a pas vérifié, pour le Sahara, cette théorie simple et grandiose. Ce n'est que dans le sud du Sahara et seulement en hiver que l'on trouve quelque chose d'analogue à cet alizé. Les causes du Sahara paraissent être plus locales. L'hiver (1), le Sahara, étant assez élevé, est plus froid que les mers environnantes; il s'y crée alors un centre de hautes pressions et le vent souffle du centre très calme vers la périphérie. L'été, c'est un phénomène inverse qui se produit; le Sahara surchauffé forme une cheminée d'appel et les vents soufflent de la périphérie vers le centre. Ce sont les seuls qui pour-
(1)0d observe presque partout des températures de — 8", qui doivent être bien dépassées (Jans les moutagnes.
raient apporter de Teau, mais ceux qui viennent de la Méditerranée laissent une partie de leur humidité sur les montagnes du Tell et des Hauts-Plateaux et, arrivant dans les pays très chauds, sont bien éloignés de leur point de saturation ; au lieu de laisser déposer leur humidité, ils deviennent de plus en plus desséchants.
Il manque un réfrigérant pour leur soutirer le peu d'eau qu'ils apportent. Les vents qui viennent de l'Océan sont également peu riches en vapeur d'eau, à cause d'un courant d'eau froide qui longe la côte et qui fait que la température moyenne est la même au cap Juby qu'à Alger. Les mêmes phénomènes se passent encore de ce coté.
On pourrait objecter à cette théorie que la mousson qui apporte la pluie au Soudan souffle aussi de la mer vers un cUmat plus chaud, mais au Soudan ce sont les hautes régions de l'atmosphère, plus froides que la mer, qui condensent les vapeurs. Au Sahara, la mousson qui vient de la Méditerranée souffle du nord au sud et, comme l'atmosphère va en s'échauffant à mesure que l'on se rapproche de l'Equateur, elle ne trouve pas, même dans les régions supérieures, un froid capable de condenser sa vapeur.
Telles semblent être en gros les causes du chmat actuel du Sahara ; toutefois des causes locales amènent çà et là des complications. Ainsi les Hauts- Plateaux oranais créent, de ce côté, un petit Sahara fonctionnant à côté du grand.
Il pleut cependant au désert, mais ces pluies, parfois diluviennes, sont extrêmement irrégulières. Certains points peuvent rester dix ans, peut-être même