‹ L'AlgérieChapitre 50 sur 104 · CLIMATOLOGIE · texte numérisé non relu

CLIMATOLOGIE

vingt, sans être arrosés sérieusement. Les chaînes de montagnes semblent pourtant avoir des pluies plus régulières. L'Aïr, qui reçoit encore en été les restes de la mousson pluvieuse du Soudan, a des vallées verdoyantes et nourrit encore des bœufs. 11 en est de même à l'est dans le Thibosti. L'Ahaggar a au contraire des pluies d'hiver qui viennent de la Méditerranée. Il a même quelquefois de la neige. Aussi y voit-on des sources d'eau vive et des cascades, avec des poissons et même un petit lac, le lac Menkhough. Ces montagnes agissent comme condensateurs. Quant aux pluies, qui tombent sur les autres parties du Sahara, elles sont dues en général à des cyclones. L'air, élevé brusquement à de grandes hauteurs, se refroidit par détente.

Au Sahara, le ciel est généralement très pur, à moins qu'il ne soit obscurci par la poussière qu'emporte le sirocco. Les nuits sont encore plus sereines que les jours et pourtant la rosée et la gelée blanche sont rares. Bien que la quantité pondérale de vapeur d'eau contenue dans l'atmosphère soit parfois très appréciable, l'état hygrométrique est toujours faible l'été, à cause de la température. Certains jours, la sécheresse est telle que les ongles se brisent comme du verre, les objets encorne se fendent en lamelles, l'encre sèche au bout de la plume, sans que l'on paisse écrire.

La température moyenne de l'année est presque tempérée; elle varie de 21° à 24°, suivant les localités, mais ses variations annuelles ou même diurnes sont énormes. Tandis que les températures de — 8° ne sont pas rares l'hiver, presque partout, sauf vers l'Atlantique, le thermomètre sous abri peut atteindre

50° l'été. Les variations diurnes, qui atteignent déjà 17° sur la lisière algérienne, peuvent dépasser 30° dans l'intérieur. Le sable, les roches peuvent atteindre dans le jour des températures de plus de 70°. Déjà, à Biskra, il est quelquefois possible de faire cuire un œuf dans le sable. Rohlfs ayant une fois posé à terre un thermomètre gradué jusqu'à 70° et une bougie, le thermomètre éclata et de la bougie il ne trouva plus que la mèche. Il était obligé de faire voyager son chien à dos de chameau, le sable lui brûlant les pattes. C'est le manque d'eau, ce grand régulateur, qui rend le cUmat si excessif.

Avec un pareil chmat, on comprend que l'évaporation doit être énorme. Le D'' Amat était arrive au Mzab au chiffre fantastique de 14 mètres d'évaporation en six mois. Mais les formules des psychromètres et évaporamètres cessent d'être exactes à des températures aussi élevées.

Cours d'eau. — Aussi ne trouve-t-on guère au Sahara que des cours d'eau souterrains, protégés contre l'évaporation par une épaisse couche de terre. Dans les Ghotts où l'eau persiste, elle est beaucoup plus salée que l'eau de mer et en couche peu profonde. Certains se dessèchent complètement, ne laissant que du sel et du gypse brillants sur un sol dur, mais donnant encore à distance l'illusion de l'eau. Le mirage est fréquent dans les Ghotts desséchés. D'autres restent toujours boueux, comme le Chott-el-Djerid. Ces boues sont même souvent assez fluides pour que l'on puisse s'y enhser facilement. Il faut avoir bien soin de suivre les pistes connues. Les Chotts qui conservent de l'eau ou des boues liquides sont généralement entretenus par des

Page 1