LES PREMIERS HABITANTS
Quant aux Djeddar, situés entre Frendach et Tiaret, ce sont de grands monuments en forme de pyramides quadrangulaires reposant sur une petite tour carrée. Ces monuments, hauts d'une vingtaine de mètres, sont évidemment d'origine chrétienne et ont prohablement servi de tombeau à la dernière dynastie des rois de Mauritanie (1).
Les premiers habitants. — Quels furent les premiers habitants de l'Algérie? Quels sont les peuples qui construisirent ces sépultures mégahthiques ou qui couvraient de dessins les rochers du Sud ? On ne peut encore faire à ce sujet que des hypothèses. Pour le général Faidherbe, les dolmens auraient été construits par un peuple blond venu d'Europe parle détroit de Gibraltar. Ces blonds auraient peuplé les Canaries et le nord de l'Afrique; nous avons vu que l'examen des crânes avait conduit M. de Quatrefages à des conclusions identiques. Les plus anciennes peuplades que l'histoire mentionne dans ces régions se nommaient elles-mêmes Lioua ou Liboua. Ce sont les Libyens des Grecs. Déjà l'on trouvait chez elles des bruns et des blonds. Ces Libyens blonds de Scylax étaient-ils les mêmes que les Tamahous blonds figurés sur les monuments égyptiens, auxquels les Pharaons envoyaient une ambassade 2800 ans avant notre ère (2) ? Ces Libyens blonds ou ces Tamahous •étaient-ils venus d'Europe par le détroit de Gibraltar lors de la grande invasion, à laquelle se rattache la légende des colonnes d'Hercule, sont-ils les constructeurs de nos dolmens ? Étaient-ils au contraire
(1) Voy. Bulletin de la Société de géographie et d'archéologie d'Oran, 1882, p. 264.
(2) Letourneux, Lettre à M. E. Desor.
Battaisdier et Tkabut. — Alf^érie. 13
antérieurs à cette invasion et ont-ils été refoulés par elle, comme le pense M. Pomel? Autant de problèmes qui ne semblent pas près d'avoir leur solution.
Ce qui parait le mieux étabU, c'est qu'aussi loin que nous puissions remonter, les populations algériennes comprenaient des bruns et des blonds, indiquant vraisemblablement un double courant humain, les blonds ayant dû venir soit par Gibraltar, soit par la Sicile, et les bruns, d'Egypte ou des contrées orientales. Ces deux courants n'ont point cessé de se continuer alternativement jusqu'à nos jours. Invasions des Romains, Vandales, Espagnols et Français d'un côté ; des Chananéens, Phéniciens et Arabes de l'autre. Par sa position géographique, le Moghrebest le carrefour où doivent se heurter forcément l'Orient et l'Occident. Les Guanches des Canaries, préservés de mélanges trop fréquents par leur position insulaire, se composaient cependant de bruns et de blonds, comme les Kabyles du Djurdjura, comme les Chaouïa de l'Aurès.
Lorsque le Sahara était encore habitable et couvert de pâturages, que ses fleuves coulaient encore, il est certain que les Nigrites du Soudan ont dû s'y développer et se rencontrer sur ses confins avec la raceblanche. Mais l'élément nigrite semble avoir eu en somme assez peu d'influence sur l'ensemble de la population algérienne.
Ou pourrait se demauder, dit M. Pomel (I), ce que sont deveuus les descendants de ces quantités innombrables de nègres esclaves vendus sur les marchés barbaresques ; il eu reste si peu qu'ils comptent à peine sur l'ensemble de la population. Il est très vrai que, chez les musulmans, il n'y a
(1) Pome\j Notices sur Alger et l'Alge'rie. Alger, Jourda.u, 188L