‹ L'AlgérieChapitre 59 sur 104 · LES INDIGÈNES · texte numérisé non relu

LES INDIGÈNES

Éthiopiens chasseurs d'éléphants et de girafes, les ))londs constructeurs de dolmens, les Chanauéens, les Coptes, les Syriens n'ont pas de place même dans les légendes populaires €t n'exercent que la sagacité des archéologues ; les Européens introduits par Rome ont aussi disparu dans la masse qui les environnait, bien qu'un grand nombre de fractions de tribus tentent encore de se distinguer des autres en se disant d'origine romaine; les Arabes eux-mêmes, qui sont plus récents, se sont altérés en se subdivisant et en s'alliant au reste de la population, à tel point qu'on retrouve à peine quelques-uns de leurs groupes primitifs.

Après ce résumé historique, où nous avons passé sous silence les peuplades si peu connues, nommées par les Romains Massyles, Massesyles, Gétules, Mazias, Numides, Maures, Quinquegentans, Garamantes, etc., peuplades dont l'assimilation aux divers types ethniques serait bien difficile aujourd'hui, nous passerons en revue les principales populations actuelles de l'Algérie.

Les Indigènes. — La grande masse de la population actuelle de l'Algérie est sémite. On désigne généralement sous le nom dVndigènes les Arabes et les populations antérieures à eux, réunies en bloc sous l'appellation de Kabyles ou Berbères. L'ensemble des indigènes compte plus de trois millions d'habitants. Il est souvent à peu près impossible de distinguer les Arabes des Kabyles. Souvent Ton regarde comme Arabes les populations où la propriété est indivise et qui vivent sous la tente ou sous des gourbis, sortes de huttes en branchages recouvertes de diss ; et comme Kabyles certaines peuplades montagnardes, qui habitent des maisons en pierre et chez qui les propriétés sont constituées à peu près comme chez les nations européennes. Mais cette classification est artificielle. Souvent, pour ne pas

dire toujours, c'est de la nature du sol que dérivent les mœurs de ses habitants. Les Touaregs, qui parlent la langue berbère et seuls savent l'écrire, sont nomades (fig. 16). La langue ne peut pas davantage servir de critérium, car beaucoup de tribus Kabyles ont pris la langue des conquérants et oublié leursorigines. Les caractères ethniques qui séparent l'Arabe du Kabyle sont assez obscurs, et de nombreux croisements ont rendu la distinction plus difficile encore.

D'après lloudas (1), les Kabyles bruns (fig. 17) se rapprochent beaucoup du type arabe.

D'une taille moyenne assez élancée, mais avec une musculature plus puissante et des attaches moins fines que l'Arabe,, le Berbère brun a la face d'un ovale peu régulier qui tend en quelque sorte à devenir un rectangle à angles arrondis; le nez bien proportionné est droit, les lèvres sont moyennes et les joues peu saillantes, la barbe rare et clairsemée atteint rarement une grande longueur... Le type blond a une structure plus vigoureuse que le type brun, sa taille est généralement plus élevée et ses membres sont fortement développés; le front plat et bas se dresse verticalement au-dessus d'un nez. court et un peu fort, la saillie des joues s'écarte du milieu de la face et donne au visage un aspect aplati. La forme du masque est presque celle d'un carré aux angles arrondis. Ce type est assez rare en Algérie. Il est plus fréquent parmi les Marocains du RitF et de l'Atlas.

Quant à nous, nous avons souvent été frappés de l'extrême ressemblance des Kabyles du Djurdjura avec les Européens et en particuher avec les Français.

Chez les Berbères, ajoute M. Houdas, les os du crâne ont une dureté excessive et une épaisseur remarquable. La femme berbère est souvent jolie (fig. 18), elle a les extrémités assez fines et l'ensemble du corps svelte et gracieux.

(1) Hondas, Ethnographie de l'Algérie.

Page 1