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LES INDIGÈNES

irja. IG. — Touareg sur son mclum.

L'Arabe a le corps plus grêle que le Berbère, les extrémités, toujours élégantes, sont finement attachées, l'ovale du vis.ige est régulier, le front bombé et le nez busqué, les pommettes des joues avoisinent de très près la cloison nasale, -accentuent l'inclinaison du méplat des joues et fout paraître

Fjg. 17. — Kabyle du Djurdjura.

exagérée la saillie médiane du visage. La bouche, de moyenne .grandeur, est entourée de lèvres minces et les dents, toujours régulières et bien plantées, sont en général d'une blaucheur éclatante. Les yeux bruns ou noirs sont remarquablement beaux, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

Fi''. 18. — Femme de l'Aurès.

Les populations désignées sous le nom d'Arabes sont nomades dans la région des steppes et campent sous la tente, elles sont sédentaires là où se trouvent des terrains cultivables soit dans le Tell, soit dans les oasis. Dans le Tell, l'Arabe se construit des gourbis', les oasis sont de petites villes fortifiées généralement bâties en terre.

La tente. — La tente a la forme d'un bateau renversé, elle est en laine ou en poil de chameau (Hg. 19). Un piquet et deux perches constituent toute sa charpente. Les bords de la toile sont fixés au sol par des cordes attachées à des piquets. Une réunion de tentes porte le nom de Douai-. Les tentes sont toutes pareilles. Seules, celles des chefs se distinguent par leur taille plus considérable, et celles des tribus appartenant à la noblesse rehgieuse portent parfois un bouquet de plumes d'autruche. Comme les maigres pâturages de la steppe nécessitent des déplacements presque journaUers, la tente ne contient rien d'inutile. Au centre, quelques sacs (Tellis) contenant les provisions, orge, blé, dattes. Sous ces sacs, les femmes dissimulent une peau de bouc renfermant leurs bijoux. Les objets précieux sont souvent contenus dans l'oreiller en laine du chef de la famille, pour éviter qu'il ne devienne la proie des voleurs pendant son sommeil. Les peaux de bouc servent à contenir l'eau, le lait, le beurre, les menus objets mobihers, etc. Quelques tasses, un plat à couscous, une grossière marmite en terre, une natte en alfa, rarement un tapis, des cordes en poil de chameau ou en alfa pour attacher les chevaux complètent cet ameublement.

Tout dans la teute doit pouvoir se plier, s'enlever, se poser sur les bêtes de somme avec rapidité et facilité, de même que

le maître doit toujours être prêt à monter à cheval et à combattre.

Le soir venu, les enfants et les vieilles femmes couchent d'un côté et l'époux de l'autre après avoir fermé la tente du côté do la campagne.

Lorsqu'un soleil radieux éclaire de ses gais rayons le tellis aux couleurs voyantes, h^s femmes et les enfants se roulant pêle-mêle, les poules qui caquettent, les coqs à la démarche provocante, le chevreau alerte et vif jouant avec l'enfant en bas âge, la poésie de la tente se devine; mais, eu Algérie, le climat est variable; un coup de vent, et toute cette harmonie est rompue. Les femuies sortent en hâte pour raifermir les piquets. L'horizon chargé de nuages annonce un orage; bientôt la pluie tombe à torrents. La pioche à la main, la femme se hâte de creuser un fossé autour de la tente, soulevée, ballottée, couverte de boue. Des grêlons gros comme des balles meurtrissent les troupeaux, percent la toile, pénètrent par tous les interstices. D'autres fois la neige couvre d'un blanc linceul la campagne tout entière. Les troupeaux, les arbres, les tentes, tout disparaît.

Que fait pendant ce temps le maître de la tente? Couché sur sa natte, le capuchon de son burnous rabattu sur les yeux, il dort ou rêve.

11 faudra pour le tirer de sa rêverie que toutes les forces déchaînées de l'ouragan mettent l'existence des siens en péril. Qu'importe que la tente, soulevée par les vents en fureur, menac^; d'être emportée ou abattue sous les rafales, rien ne doit troubler la quiétude de son repos, ce n'est après tout qu'un des mille inconvénients de la vie libre.

Mais s'il a eu l'imprudence de planter sa tente dans l'estuaire d'un de ces fleuves aux rives flottantes, à sec durant des années entières, qu'un orage transforme eu une mer bondissante, alors, on le voit lutter avec une énergie sans égale. Presque toujours, de pauvres enfants, des femmes, des vieillards sont victimes de ces tourmentes imprévues; mais la mort est chose si naturelle dans cette vie de luttes et de dangers continuels qu'on oublie vite ceux qui s'en vont.

L'homme se réserve tout ce qui n'est pas du domaine de la tente ; c'est lui qui laboure, qui moissonne, qui dépique le grain et l'ensilote. Il tond les brebis, surveille les troupeaux, chasse, monte à cheval, fait la guerre, va aux corvées, rend visite à ses amis, court les marchés.

La nuit venue, l'homme se couche tard, la tête tournée vers son troupeau, le pistolet ou le fusil près de lui; au moindre bruit, il se lève, c'est un voleur, c'est un chacal, c'est

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