LES HABITANTS DE LA TENTE ET DU GOURBI. 2H
faire, c'est d'y souscrire. A l'heure et au jour convenus, ses bêtes lui seront remises. Mais malheur à lui s'il viole la hécharra, sa vie est fort en danger et jamais il ne retrouvera ses hôtes. Ces vols continuels sont un sérieux obstacle à la colonisation.
Les Arabes ne s'épargnent pas entre eux. Souvent ceux d'un douar partent à la maraude vers les douars voisins, mais ces expéditions sont dangereuses, car l'Arabe dort le jour et veille la nuit. Aussi arrive-t-il souvent que quelqu'un de l'expédition est tué. Les acolytes emportent le cadavre, en essuyant jusqu'aux moindres gouttes de sang, évitant les terres labourées pour ne pas laisser de traces, puis sur les confins de leur douar, ils déposent le cadavre, tirent quelques coups de fusil, et vont raconter aux leurs qu'ils ont été attaqués par les gens du douar qu'ils avaient voulu voler. Ils demandent vengeance pour leur compagnon tué pour la défense commune. On fait semblant de les croire.
L'éducation morale manque totalement sous la tente. La mère ne donne que les soins matériels et la tendresse que toute femelle a pour ses petits. Elle ne leur donne guère que de mauvais exemples, étant sans morale elle-même et n'ayant pour frein à ses déportements que la crainte du père et sa surveillance incessante et étroite.
Le père, dont l'autorité est absolue sur toute la famille, fait durement sentir son despotisme.
Ainsi élevés, les Arabes sont capricieux, volontaires, égoïstes surtout. Ces défauts sont communs aux deux sexes. Malgré le bâton qui la menace constamment, la femme arabe est loin d'être docile, elle
est, au contraire, violente et prompte à l'insulte. Vivant dans la promiscuité la plus complète et dans la plus grande liberté, peu de filles arabes resteraient vierges, si on ne les mariait dès Fàge de puberté. Le mariage constitue une véritable vente de la jeune fille par sa famille. L'Arabe peut acheter autant de femmes qu'il veut, à condition de pouvoir assurer leur subsistance, mais seuls les riches ont plusieurs femmes à la fois. La polygamie est imposée par la vie en promiscuité sous la tente, c'est le seul moyen d'y maintenir un peu d'ordre. La femme n'est jamais considérée comme l'égale de l'homme, mais tour à tour comme une bête de somme ou comme un objet de plaisir. Privée de toute confiance, elle n'est maintenue que par la crainte. Les vieillards sont respectés, mais les mâles seulement. La mère est commandée par son fils, dès qu'il n'a plus besoin de soins immédiats. La femme adultère est punie de mort soit par son mari, soit le plus souvent par sa propre famille, sur la plainte du mari.
Parmi les sentiments nobles que l'on peut mettre à l'actif des Arabes, la bravoure tient le premier rang. Ils ne craignent point la mort, entourée pour eux d'images riantes. C'est l'entrée certaine pour tout bon musulman au paradis de Mahomet, Ueu plein d'éternelles délices; aussi rien n'est-il plus gai qu'un enterrement arabe. Comme presque tous les peuples, l'Arabe aime et apprécie la justice, et cela d'autant plus qu'il en est généralement privé.
Opprimé de tout temps, il est aujourd'hui plus que jamais spolié par les juifs et les spéculateurs de toutes croyances. Nous avons connu quelques colons justes établis au milieu des Arabes, qui s'y étaient