‹ L'AlgérieChapitre 64 sur 104 · DÉMOGRAPHIE · texte numérisé non relu

DÉMOGRAPHIE

quis en dominant ou assimilant l'élément indigène resté jusqu'à ce jour instinctivement hostile.

Les nombreux problèmes, que soulève l'établissement des races implantées, présentent donc un intérêt à la fois scientilique et politique, et il serait important de recueillir aA^ec soin et avec intelligence tous les documents administratifs de la statistique algérienne ; malheureusement ce travail est défectueux et incomplet. Les municipalités tiennent assez mal leurs archives.

Pendant quelques années, le D"" Ricouxfut chargé, par le gouvernement général, de la statistique démographique et médicale de l'Algérie, et les documents élaborés de 1881 à 1889 constituent un ensemble intéressant; c'est dans ce fonds que nous puiserons.

La densité de la population algérienne est difficile à calculer en raison des limites incertaines du territoire vers le sud, et aussi de l'existence de grandes surfaces non peuplées, de steppes ne comportant pas une population sédentaire.

On évalue h 44000000 d'hectares la superficie delà colonie, en négligeant une partie saharienne inhabitée qui n'a pas délimite vers le sud. Dans cet espace, est disséminée une population de 4 394 000, soit environ 9 habitants par kilomètre carré. Cette densité moyenne ne donne pas une idée juste du peuplement de rAlgérie, car il existe une énorme disproportion dans la densité de la population suivant les territoires : le Tell, avec une superficie de 14000000 d'hectares, est la région réellement colonisable où il est surtout intéressant de suivre le peuplement; sur ce territoire les Indigènes occupent encore 12 000 000 d'hectares, la densité générale y est de 22 Indigènes par kilo-

mètre carré et seulement de 4 Européens ; mais, pour les 2000000 d'hectares possédés par les Européens» on trouve une densité de 30 Européens par kilomètre carré. L'élément européen de la population algérienne est composé surtout de Français (346 870;, d'Espagnols (157 500), d'Italiens (35 539), deMaltais.il faut y ajouter les Israélites indigènes naturalisés (53 000), qui, avant peu de temps, seront assimilés au même degré que leurs congénères de France, en raison de la grande facilité d'adaptation que possède cette race.

Les Français n'ont pas cessé d'être les plus nombreux, ils fournissent plus de la moitié de la population européenne; en 1896 on comptait : 346 870 Français et 217 000 autres Européens. Les Espagnols viennent ensuite, avec une tendance à s'accroître par immigration et par excédent de naissances ; les Italiens diminuent; l'immigration maltaise s'est ralentie et celte population baisse, malgré sa forte natalité.

Afin de bien apprécier comment chaque peuple se développe dans la colonie, notons l'accroissement pour mille habitants entre les dernières périodes de recensement, on aura :

Accroissement pour 1000 habitants.

Français.. .

Gl

Espagnols..

TU

Italiens

Maltais....

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